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12 / 04 / 2019 | 516 vues
Gweltaz Frigout / Membre
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Quel CSE pour demain ? : 200 élus réunis pour faire des propositions d’évolution des instances représentatives du personnel

À l’occasion du colloque « quel CSE pour demain ? » organisé au siège du journal Le Monde par Up, le réseau Cezam, Syndex et le groupe Technologia, des représentants du personnel (CE/CSE/CHSCT) et des dirigeants des principales organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO et UNSA) ont dressé un premier bilan de la mise en œuvre du comité social et économique et ont formulé des propositions.

 

  • Le comité social et économique (CSE) fusionne les missions des délégués du personnel, le comité d’entreprise et les délégués du personnel pour l’ensemble des entreprises de plus de 11 salariés. Seul un quart des entreprises en France a déjà mis cette réforme en place, les autres doivent le faire d’ici la fin de l’année.

 

Les débats se sont concentrés sur trois grandes thématiques : la prévention de la santé et de la sécurité au travail, l’accès pour tous aux activités sociales et culturelles ainsi que le fonctionnement et les moyens de la nouvelle instance CSE. Ces premières expériences permettent de dresser un bilan d’étape du dispositif et de formuler des propositions d’amélioration.

 

Concernant la prévention de la santé et de la sécurité au travail, missions précédemment dévolues au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), le risque de perte de proximité due à la centralisation des instances a été souligné. La diminution du nombre d’élus spécialisés sur ces sujets est considérée comme problématique, notamment pour les entreprises multi-sites. Par conséquent, ils préconisent d’abaisser de 300 à 100 le seuil de salariés déclenchant la création d’une commission de santé, sécurité et conditions de travail au sein du CSE, de renforcer les prérogatives des membres de cette commission et de supprimer la participation de 20 % du CSE aux évaluations des conséquences sur la santé et la sécurité des salariés d’un projet d’entreprise afin de ne pas conditionner la protection des salariés au budget du CSE.

 

Au sujet des activités sociales et culturelles, gérées par les comités d’entreprise, les experts du sujet ainsi que les représentants des salariés ont insisté sur le besoin d’accompagnement des CSE, moins bien dotés en moyens humains pour efficacement déployer une politique sociale et culturelle. Les attentes des salariés évoluent et les activités sociales et culturelles recouvrent des réalités très différentes selon les entreprises. Au-delà des outils, tels que les chèques vacances ou culture, il s’agit d'établir une vraie politique d’accompagnement ciblée des salariés. Cela demande beaucoup de temps, d’expertise et d’énergie que les élus de CSE devront partager avec leurs autres responsabilités. Par conséquent, il est proposé de mettre en place un droit d’accompagnement des élus pour les appuyer dans cette démarche. Il est également conseillé d’instaurer un taux minimal de la masse salariale consacrée aux activités sociales et culturelles dans toutes les entreprises et de juridiquement sanctuariser le dispositif.

 

Sur le fonctionnement concret du comité social et économique, les experts et les représentants de salariés insistent sur les conséquences de la baisse des moyens. Pour l’instant, peu d’entreprises ont profité du passage en CSE pour innover dans leurs pratiques.  Les élus doivent se départir de leurs anciennes habitudes et composer avec de nouvelles responsabilités et des moyens humains réduits. Cette évolution nécessite une « professionnalisation » des pratiques : droits à la formation renforcés pour les élus, rétablissement des réunions préparatoires et allongement des délais de consultation, articulation entre niveau local et central avec des représentants de proximité et un renforcement des prérogatives des CSE d’établissement.

 

Le colloque s’est conclu par une table-ronde syndicale donnant la parole à François Hommeril (président confédéral de la CFE-CGC), Philippe Louis (président de la CFTC), Philippe Portier (secrétaire national de la CFDT), Roxane Idoudi (secrétaire confédérale FO), Florence Dodin (secrétaire générale adjointe de l’UNSA) et Angéline Barth (secrétaire de la fédération spectacle de la CGT).
 

Tous constatent une mise en place du CSE dépendant fortement de la culture de l’entreprise, celles ouvertes au dialogue social se saisissant efficacement de l’outil, d’autres l’utilisant pour le limiter, et les entreprises novices inventant de nouvelles façons d’interagir avec leurs salariés. De la même façon, tous constatent la nécessité pour les élus de monter en compétences pour assumer leur nouveau rôle, sans toutefois s’accorder sur le terme de professionnalisation, perçu comme pouvant nuire à la proximité.
 

Plusieurs propositions émergent. Du côté de la CFE-CGC, il s’agirait de réviser les ordonnances pour redonner toutes les prérogatives et les moyens du CHSCT au CSE. FO rappelle l’importance du rapport de force, la CFDT propose d’étendre l’avis conforme du CSE à de nombreux domaines pour lui garantir des moyens de fonctionnement suffisants, la CGT insiste sur la formation des élus, notamment sur les activités sociales et culturelles, centrales à ses yeux concernant les problématiques d’équité entre les salariés. Enfin, ils rappellent l’importance de la fonction syndicale dans cette représentation renouvelée et annoncent qu’ils continueront de suivre le déploiement du CSE et ses conséquences sur les salariés avec attention.

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