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01 / 09 / 2014 | 95 vues
Veronique Michaut / Membre
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Thales : de grands projets immobiliers mais une vision un peu « courte », surtout pour l’espace de travail des salariés

Le groupe Thales mène de nombreux grands projets immobiliers (récemment Gennevilliers, actuellement La Défense, Vélizy et Bordeaux) qui concernent plusieurs milliers de salariés. Certaines implantations se veulent emblématiques et écologiques comme le futur siège à La Défense.

Des erreurs…

Cependant, il semble qu’à Thales, en termes de gestion immobilière, on apprenne en faisant des erreurs et parfois de grosses erreurs ; erreurs qui sont forcément payées cash par les salariés dans leur quotidien et qui peuvent avoir des conséquences très coûteuses : location de locaux supplémentaires parce qu’on a prévu trop petit au départ, déménagements et aménagements supplémentaires, reprises a posteriori des aménagements livrés, plannings trop tendus, déménagements « hâtifs » etc.

Dues à une gestion approximative et à une absence d’écoute

Les partenaires sociaux, dont la CFTC en première ligne, ont pourtant signalé les problèmes potentiels dès les premiers plans connus. Mais il semble que la direction de la gestion immobilière du groupe n’ait pas précisément l’habitude d’écouter d’autre avis que le sien et encore moins de se remettre en question. Pourtant, dans les domaines techniques, le groupe Thales a depuis longtemps assimilé et « mis en musique » le travail en équipe, la revue des projets par tous les professionnels concernés dans l’entreprise. Tout ceci évite bien des problèmes et le saint « ROI » est reconnu de tous. Alors pourquoi n’utilise-t-on pas des méthodes semblables et pourquoi en est-on là dans le domaine de la gestion immobilière ? Alors que les conséquences financières et sociales peuvent être lourdes...

  • Voir par exemple le site tout neuf baptisé Cristal à Gennevilliers, trop petit, obligé de « délocaliser » une partie de ses salariés à Vélizy.
  • Voir le futur site du siège (tour Carpe Diem à la Défense) auquel il manque 2 étages, ce qui oblige à délocaliser des salariés à Élancourt, Palaiseau et Vélizy pour revenir comme il y a dix ans, à un siège plus « léger et ramassé » si l’on ne voit que sa façade « Carpe Diem » mais avec de multiples « satellites », ce qui ne va pas faciliter le travail.

Sans parler des locaux peu spacieux du New Vélizy et des futurs locaux du grand Bordeaux, dont on ne sait pas encore grand-chose mais où la place semble déjà faire défaut…

Espaces de travail des salariés de plus en plus rétrécis

Alors que la direction de la gestion immobilière de Thales semble très myope sur les besoins concrets et raisonnables des salariés et de l’organisation du travail, et que peu de leçons sont tirées des difficultés sur les  récentes implantations, la charte d’aménagement des locaux immobiliers, elle, évolue. Malheureusement, si le standing de l’entreprise est bien un souci, au quotidien, on fait plutôt des « économies de bouts de chandelle », par exemple à Carpe Diem : salles de réunions pas assez nombreuses ou mal proportionnées (les cloisons coûtent cher !), « surbooking » pour les parkings… Quant à l’évolution des conditions de travail des salariés, elle ne va pas dans le sens d’un meilleur standing.

Seuls les VIP sont « bien servis », au futur siège « Carpe Diem » comme ailleurs.

Les évolutions pour le « vulgum pecus » (simple salarié) vont toujours dans le même sens : le rétrécissement inexorable des espaces collaboratifs, pas au sens de leur surface totale qui s’étend, mais au sens de l’espace alloué à chaque salarié.

En comparant les deux nouveaux sites Thales de Cristal (Gennevilliers) et de New Vélizy, nous avons constaté la diminution de la largeur des plateaux, la raréfaction ou carrément la suppression des allées intérieures entre les séries de postes de travail, la surface de rangement individuelle plus faible. Par exemple, à New Vélizy, on note seulement 90 cm entre certaines séries de postes de travail : faudra-t-il prévoir des feux tricolores ou des panneaux « stop » quand des salariés voudront s’y croiser ? Jusqu’où ira-t-on dans l’entassement des salariés ordinaires ?

Concours de m2 gagnés contre qualité de vie au travail : une direction à 2 visages ?

À nos yeux, Thales est donc engagée dans une course pour gagner sans cesse sur les coûts de location de ses surfaces immobilières, au détriment des conditions de travail du personnel et bien souvent de l’organisation et de l’efficacité du travail. Le forcing est sans cesse fait pour y arriver, en oubliant une véritable concertation avec les organisations syndicales.

La CFTC rappelle à la direction du groupe Thales les engagements qu'elle a pris lors de la toute récente signature d’un nouvel accord sur la qualité de vie au travail. Le nouveau siège et les autres opérations immobilières en cours doivent ancrer ces « belles paroles » dans le concret, afin d’éviter l’augmentation du niveau de risques psychosociaux et d’assurer une bonne qualité de vie au travail à tous les salariés. Il est temps d’arrêter le concours des m2 gagnés et de penser à « faire ce que l’on a dit que l’on ferait ».

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Lors de la signature du dernier accord sur la Qualité de Vie au Travail, la CFE-CGC de Thales a directement interpellé Jean-Bernard LEVY, PdG et signataire en propre de cet accord, sur les risques de dérives importants liés aux déménagements et aménagements gérés par la Direction Immobilière (New Velizy notamment) de manière totalement indépendante des différents textes réglementaires. Jean-Bernard LEVY nous avait alors affirmé prendre personnellement ce point en charge. Depuis est sorti le projet Carpe Diem de déménagement du Siège depuis Neuilly vers la Défense, et nous avons pu constater que la Direction Immobilière poursuivait dans ses habitudes. Lors d'un Bureau du Comité d'Entreprise Européen, la CFE-CGC a mis cette Direction Immobilière face aux conséquences sur le dialogue social de tels agissements. Rappelons que la CFE-CGC était en première ligne des organisations syndicales de Thales (CFE-CGC, CFDT et CGT) pour parvenir à faire changer la gouvernance du Groupe, et à faire remplacer Luc VIGNERON par Jean-Bernard LEVY à travers de très nombreux contacts avec le Gouvernement et les actionnaires aux premiers rangs desquels l'Etat et Dassault Aviation. La confiance renaissait petit à petit. Elle risque de retomber si le Président actuel n'y apporte pas rapidement les correctifs indispensables.