Participatif
ACCÈS PUBLIC
26 / 01 / 2024 | 105 vues
Jacky Lesueur / Abonné
Articles : 1823
Inscrit(e) le 04 / 03 / 2008

Santé et sécurité au travail : comment anticiper les évolutions à venir ?

L'INRS (Institut national de recherche et de sécurité) (1) s'était déjà livré à un exercice de prospective sur le travail en France en 2040.

On pourra se reporter notamment aux travaux sur "Comment travailler en bonne santé en 2040?"(2) avec les principales questions susceptibles de se poser dans les années à partir des 5 enjeux identifiés par l'INRS:
 

  • Que produira la France demain ?
  • Dans un monde robotisé, quelle place pour le travail de l‘homme ?
  • Le retour au local comme outil de développement ?
  • Vers la multiplication des formes d’emploi et de travail ? Tous travailleurs nomades ?
  • Quelles évolutions de la prescription et des rythmes de travail ?

 

Dans le prolongement de ces réflexions, l'INRS, dans une publication de fin d'année 2023, a essayé d'imaginer quelles modalités de pilotage du travail pourraient émerger d'ici à 2040, et d'en identifier les conséquences possibles en matière de santé et de sécurité au travail.

 

A partir du constat que: "Face aux évolutions technologiques qui se sont accélérées depuis plus de 20 ans et à un monde confronté à plus d'instabilité, les entreprises sont à la recherche d'organisations apportant plus d'agilité"...Par ailleurs, le rapport au travail et les parcours professionnels évoluent et la lutte contre le dérèglement climatique impose une transformation inéluctable des systèmes de production... avec également les mutations qui ont pu se mettre en place avec la crise sanitaire que nous avons connue.

 

Dans ce nouvel exercice, les auteurs, s'appuyant de nombreux entretiens avec des experts et des entrepreneurs, se sont livrés à:


- une analyse prospective des transformations du travail,
- un cahier de design fiction présentant des situations de travail de 2040,
- un recensement des enjeux de S&ST.
 

Sans surprise, on y distingue les attentes des travailleurs en matière de liberté d’organisation notamment et la remise en cause de la hiérarchie pyramidale...


Comme le souligne Sandra Déraillot dans le dernier numéro de" l'Infomilitante": 


Appui des technologies robotiques aux métiers les plus physiques, organisation en sociétés coopératives, facilitation de la multi-activité… peuvent apporter une plus grande satisfaction au travailleur et redonner du sens à son activité, estime cette analyse prospective.


Le développement du travail au sein des plateformes et l’essor des outils d’intelligence artificielle ne sont cependant pas dénués de nombreux risques : isolement des travailleurs, contrôle automatisé de leur productivité, difficulté d’accès à leurs droits, stress lié à leur évaluation ou à la densification du travail…


« Pour toute nouvelle technologie, il est indispensable d’évaluer son impact sur l’organisation du travail et sur les droits fondamentaux (à la santé, à la vie privée…), insiste  Éric Pérès secrétaire général de l'Union des Cadres et Ingénieurs FO. Or, actuellement, 70% des systèmes d’intelligence artificielle déployés dans l’entreprise le sont sans que les salariés soient réellement informés… »


Dix-sept messages clés concluent cet exercice de prospective, parmi lesquels des recommandations telles que :

 

- la clarification et le maintien de la responsabilité pénale des employeurs en matière de santé au travail (pour limiter l’impact de leur recherche de flexibilité),

- l’intégration de l’ensemble des travailleurs sous un même régime d’AT/MP,

- la prise en compte du travail réel dans la conception même des nouvelles technologies,

- l’intégration de la prévention dans la formation tout au long de la vie professionnelle...

 

(1) L'INRS  (https://www.inrs.fr/) est une association à but non lucratif, créée en 1947 sous l’égide de la Sécurité sociale

 Il est géré par un conseil d'administration paritaire composé à part égale d'un collège représentant les employeurs et d'un collège représentant les salariés, présidé alternativement (tous les deux ans) par un membre d’un de ses collèges.

(2) https://www.inrs.fr/actualites/travailler-bonne-sante-2040.html

 

Pas encore de commentaires