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09 / 04 / 2015 | 5 vues
Rodolphe Helderlé / Journaliste
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Élus de CE : comment penser global pour agir local ?

Le champ des responsabilités des élus du personnel ne cesse de s’élargir. Il y a d'abord eu la loi sur la représentativité en 2008 puis la loi sur la sécurisation de l'emploi qui a confirmé la place stratégique du dialogue social au sein de l'entreprise. À cela s'ajoutent une récente loi sur la transparence financière des CE et une prochaine qui va permettre de redéfinir les contours des institutions représentatives du personnel.

Autant de lois qui posent les bases de la responsabilité des élus dans une logique de plus en plus globale. Penser global, c'est mettre en cohérence les nombreuses missions des élus entre le social, le culturel, les loisirs, l'environnemental, l'emploi, les salaires et les conditions de travail, sans oublier le développement économique.

  • Un CE est par exemple plus légitime pour porter des revendications sur la prise en compte des sous-traitants quand il développe de véritables partenariats sur ses activités sociales et culturelles plutôt que de se focaliser exclusivement sur le prix.

Penser global, c'est aussi agir local en gardant en tête la réalité du terrain avec toute sa complexité, ses spécificités et ses contradictions.

« ll y a une véritable attente pour davantage mettre nos actions en cohérence. »

Selon Philippe Chesneau, conseiller régional Provence-Alpes-Côte-d'Azur, délégué à l'économie responsable, « la performance globale est un concept un peu schizophrène mais il y a une véritable attente pour davantage mettre nos actions en cohérence. On ne peut plus découper nos intérêts en tranches. Cela passe par des compromis, et pas de la compromission, mais encore faut-il changer sa grille de lecture des enjeux. Je suis sidéré de voir à quel point des salariés ont perdu le sens du travail. La démotivation y est totale. C'est un sujet essentiel pour les élus ».

Encore faut-il que tout le monde décide d’avancer dans le même sens. « La base de données économiques et sociales (BDES) qui découle de la loi sur la sécurisation de l'emploi de 2013 est censée mettre en perspective des données économiques, sociales et environnementales pour mieux appréhender les enjeux stratégiques de l'entreprise. C'est un renforcement institutionnel du rôle du CE qui rime avec davantage de responsabilités pour les élus. La réalité des pratiques est encore malheureusement loin de l'esprit des signataires. C'est souvent de façon unilatérale que se construisent les BDES ce qui ne permet pas d'engager un débat qualitatif. Le changement va prendre du temps mais le mouvement est engagé », souligne Olivier Laviolette, directeur chez Syndex.

À charge pour les élus de mieux valoriser ce qu’ils font. Pour Claudine Vergnolle, fondatrice et directrice d'Audi-CE CV Consultants, « la présentation des comptes telle que prévue par la loi du 5 mars fournira suffisamment d'informations en termes financiers. En revanche, les élus auront tout intérêt à dépasser le strict exercice contraint du rapport de gestion. C'est l'occasion pour les élus de produire un rapport d'activité qualitatif illustrant tout le panel des actions du CE, certes sur la partie ASC mais aussi sur les missions économiques que bien des salariés méconnaissent. Un rapport dans lequel les choix des élus seront expliqués et les effets détaillés et commentés. Cette dimension communication est essentielle. C'est bien ce que font les directions avec leurs rapports d’activité ».

Tous les trois interviendront le 21 avril à Marseille dans le cadre de l’Agora des CE et plus précisément au cours d'une conférence, animée par Miroir Social, sur la place des élus dans le dialogue social des entreprises.

Un grand débat auquel ont répondu présents les représentants de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de l’ANDRH Provence.

  • François Tejedor, membre du bureau de l'union départemental CGT 13,
  • Mario Barsamian, secrétaire régional de l'union régionale CFDT Provence-Alpes-Côte d'Azur,
  • Alain Comba, membre du bureau de l'union départementale FO 13,
  • Jean-Michel Pecorini, secrétaire national CFE-CGC et président de la fédération régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse DOM COM,
  • Sébastien Comparet, ANDRH Provence.

Inscrivez-vous à cette journée riche en échanges au travers des ateliers et du village de l'économie sociale.
Pour David Gallet, secrétaire général de l'Agora des CE, « groupe UP, Macif, Crédit coopératif, les trois organisateurs ont chacun développé des gouvernances élargies, que ce soit avec les salariés, les syndicats, les associations et les clients pour favoriser une approche globale. Il ne s’agit pas de se placer en donneur de leçons mais au contraire de partager notre expérience sans occulter les difficultés de l'exercice avec les élus des CE qui sont de plus amenés à concilier des intérêts pas forcément convergents ».

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