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fév

Comment l’IA pourrait servir la coopération au travail ?

La  prochaine Agora de l'UODC est programmée  le Mardi 17 février 2026, de 18h30 à 20h15, pour débattre avec Laurence Devillers,Professeure en IA et éthique à Sorbonne Université, chercheuse au CNRS, présidente de la fondation Blaise Pascal :
 

Comment l’IA pourrait servir la coopération au travail ?
Entre promesses enchantées et risques, les voies de passage

 


L'intervention durera 35 minutes suivi  d'un vrai débat avec les participant.e.s. 
  
RÉSERVER MA PLACE
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« Le danger n’est pas qu’une IA super intelligente prenne le dessus, mais qu’elle rende plus difficile la réalisation des doubles objectifs d’une bonne vie et de la création d’une société juste (…) ». Cette profonde conviction énoncée dans son dernier livre (l’IA, Ange ou démon ? – Le nouveau monde de l’invisible) d’une scientifique comme Laurence Devillers, une des plus éminentes spécialistes françaises de l’IA, nous a paru pertinente pour aborder sérieusement ce que l’IA peut faire au travail.

Ce début d’année 2026 nous révèle ce dont rêvent certains qui se pensent comme les futurs maîtres du monde et ne s’en cachent pas. Orienter nos pensées et nos désirs, nos volontés de consommer ceci plutôt que cela, prendre progressivement le pouvoir sur nos systèmes de ressources et d’impôts, puis nos préférences électorales.

Mais ce n’est pas parce que cette guerre est engagée que cela discrédite en soi ce que peut permettre une avancée technologique aussi considérable que l’Intelligence Artificielle. Personne n’imagine vivre sur la planète aujourd’hui sans Internet malgré les dérives dont le web est aussi porteur.  

L’IA n’est donc pas un petit sujet. Nous avons choisi de l’aborder du côté du travail, parce que c’est le travail qui oriente le quotidien de nos vies et qu’il est au cœur de l’espoir d’une vie bonne et d’une société juste. 

Et c’est pour cela qui nous avons invité une remarquable experte du sujet, Laurence Devillers. Qui maîtrise à la fois les aspects technologiques de l’IA, mais aussi ses dimensions éthiques et sociales. 

Dans son dernier ouvrage (l’IA, Ange ou démon ? – Le nouveau monde de l’invisible, Cerf, 2025), elle montre finement que rejeter une technologie qui est aussi porteuse d’effets bénéfiques pour l’humanité (en santé par exemple) n’a pas de sens. Elle plaide donc pour une très forte régulation, d’autant plus qu’elle affirme « (…) qu’il est essentiel de préserver la coopération et la solidarité humaines à une époque où les machines jouent un rôle de plus en plus important ».

La coopération au travail : c’est le cœur de son secret le mieux gardé. C’est ce qui provoque à la fois le plaisir de ceux qui s’y engagent et qui fonde la vraie performance : rien n’est plus puissant qu’une équipe où les personnes coopèrent. 

Or la coopération ne se décrète pas, car pour coopérer il faut donner. Il y aura un retour, mais on ne sait pas quand, ni par qui (Marcel Mauss). Et dans une organisation, si on ne coopère pas, on finit par devenir incompétent comme l’explique très finement un maître sociologue comme Norbert Alter

À l’avenir, nous allons de plus en plus travailler avec des Intelligences Artificielles. Nous le faisons déjà. Elles vont faire partie de nos collectifs de travail. Mais comment peut se passer une coopération avec une IA qui devrait donc un jour « rendre » dans l’avenir ce que des êtres humains lui auront donné un jour ?

C’est absolument vertigineux comme réflexion et c’est au cœur de ce qui nous attend dans le travail. C’est pour cela que nous sommes très heureux à l’UODC que Laurence Devillers ait répondu à notre invitation pour engager avec nous une réflexion aussi centrale que passionnante.

 

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