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04 / 06 / 2012 | 5 vues
Mutuelle Umc / Membre
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Quelles régulations pour que la vie professionnelle n’aliène pas la vie privée ?

Jeudi 10 mai, syndicalistes, sexologues et chercheurs ont débattu des résultats de l’enquête conduite par le cabinet Technologia et la Mutuelle UMC sur les multiples débordements du travail sur la vie privée.

Gare à la transgression. « Il n’était pas évident au départ de convaincre le conseil d’administration d’accepter d’envoyer aux adhérents un questionnaire intégrant des questions intimes sur les conséquences du travail sur la vie de couple. Il y a eu des réticences mais une mutuelle doit être autre chose qu’un tiroir caisse ! Elle doit faire corps avec les questions sociétales pour mieux comprendre les conditions de vie de nos assurés, et donc améliorer notre offre mutualiste », lance Jean-Claude Frey, président de la Mutuelle UMC, partenaire du cabinet Technologia dans l’enquête sur les effets du travail sur la vie privée. Les réponses de 1 300 adhérents de la mutuelle ont été exploitées ; une centaine d’entre eux a participé à des entretiens qualitatifs en face à face. Globalement, l’enquête dont les résultats ont été largement repris par les médias en mars dernier, illustre de façon flagrante les multiples débordements du travail et les effets collatéraux sur le bien-être personnel. « Je suis toujours surprise de voir à quel point les gens qui viennent dans mon cabinet parlent avant tout de boulot », rappelle Catherine Solano, sexologue.

Non-régulation technologique

Pour Marcel Lourel, professeur de psychologie, « les technologies professionnelles sont synonymes d’aliénation. Le rapport au temps et la notion de temps libre sont altérés ». Et Jean-Claude Delgènes, directeur général de Technologia de plaider « pour une approche collective des usages des technologies », tandis que Jean-Paul Bouchet, secrétaire général de la CFDT cadres, constate que « ce sont le plus souvent des chartes unilatérales sur ces nouveaux usages qui s’affichent et non des accords négociés ». « L’entreprise manque de système de régulation. C’est flagrant dans le cadre des négociations sur la pénibilité », soulève Eric Peres, secrétaire général de FO cadres.

Les frontières syndicales

Rares sont encore les entreprises qui s’avancent en effet sur les voies du droit à la déconnexion, par exemple. Il faut dire que s’affranchir des frontières entre vie professionnelle et vie privée présente certains avantages pour un employeur. L’occasion notamment de gagner en productivité en facilitant le travail n’importe où, n’importe quand. Autant de raisons pour que les syndicats ne tiennent pas à se disperser. Limiter les débordements de la vie professionnelle, c’est d’abord agir sur les conditions de travail. Notamment en matière de temps de travail. « La prise de jours effectifs de RTT plutôt que la monétisation est un combat à mener pour les syndicats », estime Jean-Paul Bouchet, qui note que le sujet de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est beaucoup plus naturel dans les autres pays européens qu’en France. Et Jean-Claude Frey de conclure que « cette première enquête, chemin nécessaire à une vision plus éclairée de la réalité, n’est qu’un début. Elle annonce des suites, des approfondissements auxquels nous entendons continuer de contribuer ».

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