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30 / 07 / 2019 | 627 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Une nouvelle structure pour faire de l’ESS « la norme souhaitable de l’économie de demain »

Jérôme Saddier, président d'ESS France, a bien voulu répondre à nos questions sur les évolutions qui se dessinent.

Les assemblées générales du 26 juin pour le CNCRESS et du 27 juin pour ESS France ont acté le principe d’une fusion. Quelles en sont les raisons et les finalités ?

Nos deux organisations déjà représentatives et reconnues par la loi relative à l’économie sociale et solidaire (ESS) de 2014 souhaitent cependant créer par leur fusion une nouvelle organisation qui devra permettre aux acteurs de l’ESS de bénéficier d’une influence et d’une audience plus fortes auprès des pouvoirs publics nationaux et locaux, de meilleures visibilité et compréhension de leurs spécificités auprès du grand public et d’une plus grande efficacité collective et cohésion entre eux.

Cela nécessite d’être au clair sur le projet politique qui, selon nous, doit faire de l’ESS « la norme souhaitable de l’économie de demain ». Cela appelle également une organisation qui soit soucieuse de faire travailler les têtes de réseaux entre elles, avec les grands acteurs nationaux de l’ESS et, bien sûr, avec les nombreux entrepreneurs et organisations qui, sur le territoire, permettent à l’ESS de connaître un développement inédit et prometteur.
 

À quelle échéance ce projet peut-il se réaliser compte tenu des histoires parallèles de ces deux organisations depuis leur création ?

Il s’agit de faire adhérer un grand nombre d’acteurs très différents les uns des autres au projet directement ou indirectement. Il s’agit aussi de faire converger des cultures particulières en une organisation commune qui devra respecter les spécificités tout en portant un projet politique très identifié... Cela peut donc prendre du temps mais l’objectif qu’ESS France et le CNCRESS se sont fixé est de réaliser leur fusion dans le premier semestre 2020. Des assemblées générales extraordinaires se dérouleront fin 2019 pour en décider les modalités et le terme.
 

Chacune de nos deux organisations est porteuse d’une histoire forte : d’un côté celle des grands réseaux et acteurs de l’ESS ayant largement structuré son écosystème historique et, d’un autre côté, celle des acteurs ancrés dans des réalités territoriales riches et complexes et ayant largement inspiré des politiques publiques locales en faveur de l’ESS. Ces deux identités sont parfaitement complémentaires.

Comment va s’organiser la nouvelle structure pour représenter la grande diversité de l’ESS ?

De nombreux sujets concernant l'organisation future d'ESS France sont en cours de discussion jusqu’à l’automne. Nous recherchons la meilleure articulation possible entre les besoins relatifs au plaidoyer national et à l’action collective auprès des pouvoirs publics et ceux des CRESS qui ont acquis une place de choix dans les politiques régionales de développement économique, social et environnemental. La nouvelle organisation sera nécessairement un « plus », pas un « moins ».

Simultanément, nous cherchons à élargir le périmètre d’ESS France : deux têtes de réseaux du monde de l’inclusion viennent déjà de nous rejoindre (la Fédération des entreprises d’insertion et l'Union nationale des entreprises adaptées) ainsi que le Centre des jeunes dirigeants de l’économie sociale et solidaire (CJDES). Nous allons continuer nos travaux d’approche pour donner des contours plus vastes et plus forts à notre organisation, notamment auprès du monde de l’inclusion et des « think-tanks » de l’ESS.

Quelle sera la place de l’UDES dans ce dispositif ?

L’Union des employeurs de l’économie sociale était déjà membre associé d’ESS France ; elle vient de nous rejoindre à part entière avec pour vocation de porter en notre sein et au-delà la voix de nos entreprises et organisations dans leur dimension d'« employeur », qui doit être l’une des sources de notre différenciation. Elle a donc un rôle essentiel pour faire de l’ESS un acteur important du dialogue social en France.

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