Participatif
ACCÈS PUBLIC
24 / 01 / 2020 | 218 vues
Eric Peres / Membre
Articles : 16
Inscrit(e) le 25 / 01 / 2008

Accord national interprofessionnel sur l'encadrement : la prévoyance obligatoire à la charge de l'employeur absente du texte patronal

Notre organisation syndicale avait fermement critiqué la lenteur coupable avec laquelle le MEDEF menait ces négociations sur l'encadrement et exigé qu'un projet de texte soit remis aux organisations syndicales à la prochaine séance de négociation. Lors de la reprise des discussions le 17 janvier 2020 au siège du MEDEF, la délégation patronale a donné suite à notre exigence en remettant un projet de texte aux organisations syndicales. À cette occasion, nous avons réaffirmé notre ambition de parvenir à un accord national interprofessionnel.
 

Une définition interprofessionnelle de l’encadrement inachevée

 

Si la présentation du projet de texte est à saluer, il en va tout autrement de son contenu. Celui-ci est en deçà de nos attentes. Aussi avons-nous tenu à pointer le caractère déséquilibré et peu volontariste du texte en raison notamment d’une définition interprofessionnelle du cadre inaboutie et de l’absence de toute référence à la prévoyance obligatoire des cadres.
 

La définition interprofessionnelle de l’encadrement est le principal objet de la négociation en cours qui résulte de l’accord national interprofessionnel du 30 octobre 2015 sur les retraites complémentaires. Ne pas y donner suite mène inévitablement à l’échec des discussions en cours.
 

Une définition générique du cadre basée sur l’analyse des catégories objectives issues des différentes conventions collectives nationale de branche est tout à fait envisageable sans que cela ne fasse obstacle aux négociations en cours dans les branches professionnelles.
 

L’absence de la référence à la prévoyance obligatoire
 

Notre organisation est ensuite revenue sur l’absence de toute référence à la prévoyance obligatoire des cadres dans le projet de texte. Elle a exigé que la délégation patronale apporte des explications sur ce point. Cette dernière a souligné ne pas vouloir intégrer la prévoyance obligatoire dans le présent projet de texte. La délégation patronale entend revenir sur ce point en proposant de revenir sur l’accord du 17 novembre 2017 pour notamment y intégrer les « articles 36 » issus de l’accord professionnel du 14 mars 1947.

 

Nous avons  souhaité que des précisions sur ce point soient portées à la connaissance des organisations syndicales, lors de la prochaine séance, en réitérant notamment sa revendication que le financement de cette prévoyance au bénéfice des cadres et à la charge de l’employeur soit pérennisé.

 

Un projet de texte déséquilibré

 

De nombreux passages du projet de texte font référence aux devoirs et aux responsabilités incombant aux cadres sans qu’aucune (ou presque) contrepartie en matière de droit et de garantie collective au bénéfice des cadres ne soit explicitement exigée de la part des entreprises.
 

Pour nous, la tonalité du texte est en retrait par rapport à l’exigence normative et protectrice que l’on est en droit d'attendre d’un texte visant un éventuel accord national interprofessionnel.

 

Propositions retenues
 

FO cadres s’est félicitée que certaines de ses revendications soient reprises de manière plus ou moins explicite dans le projet de texte, qu’il s’agisse notamment :

  • du choix des critères pour définir la fonction de cadre,
  • de l’obligation d’une protection juridique pour les cadres exerçant une délégation de responsabilité,
  • du renforcement du rôle et des moyens de l’APEC au service de la sécurisation des parcours professionnels des cadres, notamment dans les TPE,
  • et de la certification des formations au management et de l’ébauche d’une clause de conscience,
     

Ces revendications doivent dès à présent s’inscrire plus précisément dans un projet d’accord national interprofessionnel volontariste à même de répondre aux attentes des cadres en matière de garantie collective et de reconnaissance professionnelle.
 

Enfin, convient il de rappeler que la négociation en cours n’a pas pour objet de définir les orientations stratégiques relatives à l’élaboration du mandat de service public de l’APEC.
 

La prochaine séance de négociation est fixée au 5 février prochain.

Pas encore de commentaires