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08 / 04 / 2016 | 51 vues
Philippe Grasset / Abonné
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Observatoire interne de Bercy : morosité à tous les étages

La 30ème enquête semestrielle de l’observatoire interne aux ministères économique et financier s’est déroulée du 7 décembre 2015 au 18 janvier 2016, auprès d’un échantillon représentatif de 3 152 agents.
 
Comme à chaque présentation des résultats, la direction et les représentants IPSOS soulignent bien plus la stabilité, voire la légère amélioration de certains indicateurs, qu’ils ne font de commentaires sur ceux qui se dégradent.
 
Sans verser dans un pessimisme excessif, la fédération des finances FO constate la perception globalement négative apportée par le personnel sur les réformes, sasituation individuelle et ses perspectives de carrière.
 

Rythme du changement

 
Même si 30 % d’agents perçoivent le changement dans leur direction comme trop lent ou inexistant, ils demeurent 55 % à le juger trop rapide.
 
Quant à l’appréciation sur les changements récents, la DGCCRF atteint un score record de 68 % d’avis défavorables, comme l’INSEE (48 %). La mise en place de la réforme territoriale au moment de l’enquête n’est certainement pas étrangère à ce résultat.
 
Le rythme du changement, pour les agents de la DGFIP, la DGDDI et la DGCCRF, reste toujours trop rapide, avec un résultat de plus de 59 % pour la DGDDI (62 % juin 2015), 59 % pour la DGFIP (53 % juin 2015) et 54 % pour la DGCCRF (50 % juin 2015).
 
Comme nous l’avions déjà signalé, nous voyons déjà l’effet des démarches stratégiques et autres réformes structurelles sur le devenir des missions, de l’emploi et plus généralement du statut de la fonction publique dans cette nouvelle étude.
 
Conséquence, 55 % des agents anticipent une dégradation de leur situation personnelle. Pour autant, on constate une perception moins négative à la DGDDI et à la DGCCRF.

La question des effectifs au centre des préoccupations

Encore une fois, le sujet qui retient le plus d’attention de la part des agents est la réduction des effectifs et les suppressions d’emplois, suivies par les conditions de travail. La thématique « réforme territoriale » reste stable. Pour autant, cela reste un fort sujet de préoccupations pour les agents de deux directions (INSEE et DGE), ce qui apparaît encore dans la logique à la date de l’enquête.

Une motivation qui se stabilise

Pour 52 % des agents interrogés, leur motivation au travail diminue, même s’ils demeurent 61 % à être satisfaits de travailler dans ce ministère.
 
Ces résultats sont plus marqués à la DGDDI, à la DGCCRF et à la DGE sur cette vague. Notons que l’indicateur « motivation au travail » est en dessous de la moyenne fonction publique.

Une diminution de la qualité de service aux usagers qui s’accentue

En 2007, les agents étaient 78 % à considérer que la qualité de service rendu était satisfaisante. Depuis la tendance s’est largement infirmée, pour atteindre seulement 52 %. Dans la même période, alors que 23 % des agents indiquaient une dégradation de la qualité du service rendu aux usagers, ils sont aujourd’hui 55 %.

Conditions de travail : pas de mieux

69 % des agents jugent que leurs conditions de travail se dégradent. Toutes les directions, hormis les services du secrétariat général, ont un résultat supérieur à 50 % sur cet indicateur.
 
Le stress ressenti au travail est perceptible, surtout à la DGDDI et à la DGFIP. En revanche, des améliorations sont constatées à l’INSEE, à la DGCCRF et au SG.
 
Trois vagues successives confirment que le stress tend à s’accroitre chez les A et A+.

Un climat social plutôt stable mais toujours tendu

Toutes les directions voient leur indicateur se maintenir à un haut niveau de conflictualité, avec une pointe significative pour la DGDDI.
 
Les services de l’INSEE et de la DGE subissent une légère dégradation sur cet indicateur.

Rémunération-carrières : toujours pas mieux

Après des taux de mécontentement record, cette enquête fait apparaître une certaine stabilité. Un agent sur deux considère que la reconnaissance de son travail se détériore et 60 % sont insatisfaits de leur déroulement de carrière.
 
Ce n’est pas l’annonce de 0,6 % de hausse de la valeur du point d’indice en juillet 2016 qui changera cette perception, ni la diminution drastique des promotions internes depuis trois ans dans les ministères économique et financier. S’agissant de la DGCCRF, le résultat concernant la « reconnaissance de son travail », se démarque par rapport aux autres directions.

Sources d’information : les organisations syndicales progressent

L’enquête révèle que les organisations syndicales continuent d’être la meilleure source d’information sur les réformes en cours (63 %). En revanche, l’intranet directionnel et le magazine Echanges sont en diminution 40 % (pour ce dernier l’abandon de la version papier peut largement l’expliquer).
 
Quant à la hiérarchie directe, un agent sur deux considère qu’elle joue de moins en moins son rôle de source d’informations pour les agents.
 
Pour notre fédération, les enquêtes se suivent et se ressemblent avec toujours cette tendance négative sur la durée et toujours un désengagement de la part des ministres.
 
De deux choses l’une, soit les ministres ne lisent pas ces enquêtes, soit ils les mettent dans un tiroir aussitôt après lecture.
 
Le résultat est le même : aucune prise en compte du vécu et des attentes du personnel.

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