Participatif
ACCÈS PUBLIC
05 / 06 / 2026 | 13 vues
Paul Ribeiro / Membre
Articles : 7
Inscrit(e) le 08 / 02 / 2016

Nationalisation d’ArcelorMittal : le pragmatisme plutôt que l’idéologie

Nationalisation d’ArcelorMittal France : Notre organisation syndicale exige des réponses, pas des symboles


« Le vrai problème n’est pas le nom du propriétaire, c’est le système dans lequel on nous demande de produire. »


Alors que la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France revient à l’Assemblée nationale le 11 juin, Notre organisation syndicale  rappelle qu’elle n’est opposée par principe ni à la nationalisation, ni à la décarbonation, mais qu’en l’état, ce texte ne remédie pas aux causes réelles de la crise de la sidérurgie, et pourrait même aggraver la situation des salariés.


Pour nous , le débat ne se réduit pas à un « pour » ou un « contre ». Une organisation syndicale a le devoir d’analyser et d’apporter une contribution technique. Or, à ce jour, les questions de fond restent sans réponse : on ne sait pas précisément quel périmètre serait nationalisé, ni s’il existe un modèle économique viable pour produire un acier réellement décarboné.

 

Tant que ces réponses manquent, notre fédération  ne peut se prononcer. Et elle refuse d’être rangée, par défaut et par simplisme, dans le camp de ceux qui s’y opposent.


La cause profonde de la crise, ce n’est pas l’identité de l’actionnaire, mais une compétition mondiale déloyale, fondée sur le dumping à la fois social, économique et climatique de concurrents subventionnés produisant l’acier le plus polluant et le déversant sur le marché européen. Changer de propriétaire n’y change rien. Ce qui sauve concrètement l’outil aujourd’hui — comme le montre le redémarrage d’un haut-fourneau à Fos-sur-Mer, sans aucune nationalisation — c’est la protection commerciale européenne.


Nous alertons , enfin, sur un point technique décisif : miser sur la décarbonation par le seul four électrique (recyclage des ferrailles), sans solution viable de production d’acier primaire, reviendrait à fermer toute la filière amont (préparation des charges, cokeries, agglomération, hauts-fourneaux) et à dépendre d’un acier préréduit importé (DRI), souvent fabriqué au gaz ou au charbon.

 

Ce ne serait pas décarboner, mais déplacer la pollution et perdre notre souveraineté.


Nous ne raisonnons pas par société à nationaliser, mais par salarié et par bassin d’emploi. La souveraineté ne se fait pas sur une partie des salariés. Avant de transférer un capital, qu’on nous dise ce que cela protège vraiment, et pour qui. 

 

Nos exigences: 
 

  • une protection commerciale européenne pleine et rapide ;
  • un moratoire sur la fermeture de la filière amont tant qu’aucune alternative viable n’existe ;
  • la conditionnalité de tout argent public à des engagements vérifiables d’emploi ;
  • et des garanties écrites, site par site, sur l’ensemble du périmètre du groupe en France.

 

 

Pas encore de commentaires