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23 / 07 / 2019 | 421 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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La MGEN définit le socle de sa future gouvernance : qui dit délégation au conseil d'administration dit contrôle de l'assemblée générale

Dans le prolongement des assemblées générales de la MGEN, Roland Berthilier (son président) a bien voulu répondre à nos questions...

 

La MGEN est une entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS) très attachée à son fonctionnement démocratique : quelle différence avec vos concurrents assureurs ? Comment l’entreprise fonctionne-t-elle ?


La MGEN est une mutuelle engagée dans la société, par sa vie démocratique et militante. Cet engagement solidaire se ressent également dans la construction de notre modèle de redistribution. Ainsi, chaque adhérent cotise selon ses moyens.


Étant une entreprise de l’économie sociale et solidaire, notre mutuelle repose sur un système démocratique centré sur les intérêts de ses membres, où l’argent n’est qu’un moyen de réaliser ses objectifs, pas un but en lui-même. La MGEN n’a pas d’actionnaire à rémunérer. Il est difficile de faire entendre cette nuance et ce que cela implique. Par exemple, quand la TSA augmente, cela ne sanctionne pas l’entreprise mais nos adhérents. En 2018, le groupe MGEN a reversé près de 257 millions de taxes (taxes en nette augmentation depuis de nombreuses années) qui fragilisent toujours plus son modèle économique et solidaire. Les mutuelles restent plus taxées que les hamburgers. C’est un comble pour la santé publique !


Quel bilan tirer de vos assemblées générales ?


Ces assemblées générales étaient très importantes pour le groupe. En effet, nous disons depuis des années que notre modèle économique est fragile et que la gouvernance doit évoluer. Avec la constitution du groupe VYV en septembre 2017, qui n’a fait qu’amplifier la réflexion, ces deux sujets devaient être travaillés collectivement.


L’objectif pour ces assemblées générales était de fixer un cadre stratégique global avec une réforme de nos instances sur deux ans, en prenant le temps de mener ces travaux. Les premières mesures portant sur la gouvernance ont été adoptées par nos délégués, après un an de concertation et de partage. Le chantier se poursuivra donc dès la rentrée.


Trois éléments ont été validés pour servir de socle à notre future gouvernance : une charte de gouvernance, un schéma général des instances nationales et locales et une évolution des statuts sur la délégation de l’assemblée générale au conseil d’administration.


Lors de nos assemblées générales, nos délégués ont en effet décidé de donner délégation au conseil d’administration sur deux objets essentiels : la fixation des cotisations et l’ajustement des prestations, tous deux liés aux évolutions règlementaires et législatives. Qui dit délégation dit contrôle, l’assemblée générale reste le cœur de la démocratie de notre mutuelle.


Puis, dès la rentrée, nous réfléchirons par exemple aux modalités qui pourraient être mises en œuvre pour mieux représenter les adhérents, compte tenu de la diversité de plus en plus importante de nos offres.


La simple illustration des réponses aux récents référencements ministériels n’ayant pu passer par l’assemblée générale annuelle avant réponse au vu des contraintes inamovibles imposées par les cahiers des charges, cela permettait de poser la question de notre agilité.


Afin de durablement rééquilibrer le modèle économique et solidaire, un chantier de long terme avait également été lancé. Le modèle économique de la MGEN était en effet parfaitement adapté à son contexte lorsque la pyramide des âges était plus favorable à la redistribution inter-générationnelle qui bénéficiait à nos aînés, d’une part, et que, d’autre part le contexte de l’activité de la mutuelle était plus stable, avec notamment une grande fidélité des adhérents dans un contexte de concurrence moindre.


Lors de ces assemblées générales, l’évolution des cotisations était donc également soumise au vote des délégués. Pour rappel, entre 2012 et 2015 et en 2017, la MGEN a fait le choix de ne pas augmenter ses cotisations. Cependant, dans le contexte de stagnation prolongée du point d’indice et de croissance des dépenses de santé, cette situation n’était plus tenable. Malgré ces augmentations, les niveaux de cotisation des adhérents au plancher et des membres bénéficiaires resteront substantiellement inférieurs à ceux pratiqués par des mutuelles ou assureurs concurrents. Enfin, ces évolutions s’intègrent dans un cadre de travail global et nous n’entendons pas nous appuyer uniquement sur les cotisations pour rééquilibrer notre modèle économique. Nos adhérents et la réponse à leurs besoins restent nos seuls objectifs.


Les assemblées générales se sont engagées sur un nouveau service d’aide à domicile (SAD) qui entrera en vigueur le 1er janvier 2020 avec une triple ambition : mieux accompagner nos adhérents lors d’épisodes de vie « aigus », simplifier la demande et la gestion de la prestation et poursuivre cette prise en charge via de l’action sociale lorsque la situation le nécessite. Les assemblées ont voté la création d’une nouvelle offre spécifique « MGEN territoires et éducation ». La MNT et la MGEN fonctionneront désormais ensemble sur les conventions de participation des conseils départementaux ou régionaux. L’offre proposée inclura trois niveaux de garantie, tous responsables, intégrant le 100 % santé, l’action sociale et les services MGEN pour une mise sur le marché au 1er trimestre 2020. Enfin, les délégués ont approuvé la proposition impliquant la disparition progressive du contrat d'accès santé, en vue de la mise en place de la nouvelle CMU-C contributive.
 

Quel bilan tirer pour l’année 2018-2019 ?
 

2018 est une année de retour à l’équilibre pour la MGEN, en dépit d’une conjoncture financière défavorable.
 

Concernant notre activité, nous sommes fiers d’avoir renforcé nos positions dans la fonction publique, malgré une plus forte présence de la concurrence. En début d’année, nous avons renouvelé notre convention avec la CNAM sur la gestion du régime obligatoire pour cinq ans.
 

Nous avons remporté des appels d’offres avec nos partenaires du groupe VYV sur la fonction publique territoriale et gagné un appel d’offres inédit du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur pour la protection sociale des étudiants boursiers.
 

Notre potentiel de développement est important dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

Quels sont vos projets de développement ?


Nous voulons poursuivre les orientations en capitalisant sur la dynamique de nos assemblées générales pour la mise en œuvre de notre plan stratégique.


Nous continuerons de renforcer le lien avec notre public historique de l’éducation nationale. Pour cela, nous comptons beaucoup sur notre partenariat historique avec la MAIF. Le 2 avril dernier, MAIF a déployé une offre de santé collective en partenariat avec le groupe MGEN au sein de son réseau. Il s’agit du fruit d'une construction conjointe entre nos deux mutuelles permettant à la MAIF d'élargir son offre « IARD » avec une solution spécifique à la protection sociale des salariés des associations.


Nous travaillons également ensemble au développement de solutions sur la prévoyance collective pour permettre à la MAIF de disposer d’une approche globale des structures en portefeuille ou en prospection (IARD, santé et prévoyance).


Nous continuerons d’élargir le périmètre de nos adhérents en continuant d'élaborer des solutions pouvant répondre aux besoins de tous les agents de la fonction publique, quels que soient leurs ministères, collectivités ou établissements publics de rattachement.


Nous avons ainsi lancé une nouvelle offre spécifique à la fonction publique hospitalière le 1er juillet : MGEN santé prévoyance hospitaliers (MSPH), avec l’appui de la CASDEN. Ce nouveau marché représente 1,2 million d’agents. Notre proximité avec le personnel soignant fait partie de l’histoire de la MGEN. À travers nos établissements de santé (qu comptent la moitié de nos salariés) et de la MCVPAP (désormais membre de MGEN partenaires) et notre expérience historique avec nos adhérents hospitalo-universitaires, nous avons développé une expertise sur les besoins particuliers des agents hospitaliers au fil des années. Aujourd’hui, avec le lancement de cette nouvelle offre MSPH, nous voulons combiner cette expertise avec notre expérience de la fonction publique pour donner une nouvelle ampleur à la solidarité professionnelle et ainsi contribuer à la recomposition d’une identité forte du service public.


Enfin, nous poursuivrons les réflexions pour l’amélioration constante de notre qualité de service, notamment en cherchant les réponses aux évolutions de notre société et des besoins qui les caractérisent. Nous porterons cette volonté d’innovation au service du mieux-vivre avec la MGEN et avec le groupe VYV. Nous distribuerons une nouvelle offre pour le premier trimestre 2020 sur le marché de l’épargne-retraite. Cette offre a été élaborée par le groupe VYV, dont l’ambition est de développer une offre complète d’assurance en épargne-retraite englobant des offres individuelles, collectives et d’épargne salariale.


Je dirais en d’autres termes que notre volonté de développement passe par la concrétisation de nos succès pour une conquête de nouveaux publics, en veillant à la fidélisation de nos parties prenantes par la qualité et la complétude de notre offre.

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