Participatif
ACCÈS PUBLIC
31 / 08 / 2021 | 140 vues
Jean Meyronneinc / Membre
Articles : 157
Inscrit(e) le 29 / 05 / 2008

Emploi : pourquoi les contrats aidés apparaissent et disparaissent au fil des gouvernements ?

L'emploi des jeunes est un vrai sujet récurrent. Les gouvernements successifs (avec des approches différentes tentant d'apporter des réponses différenciées nourrissant d'ailleurs régulièrement des débats de tous bords) les politiques ou les « experts » apportant leurs réflexions ou critiques systématiques sur la  pertinence des mesures prises.

 

Sans remonter jusqu'au « pacte national pour l’emploi des jeunes » décidé par Raymond Barre en 1977, les dernières études de la DARES ont retenu notre attention. Celle récente publication qui dresse le bilan des « emplois d'avenir » mis en place fin 2012 avaient  fait l'objet de nombreuses controverses sur les réels effets.

 

Emplois d'avenir 2012

 

Pour la DARES, entre les premières prescriptions (novembre 2012) et les dernières (janvier 2018), 364 000 jeunes ont occupé un emploi d’avenir. Elle souligne que ce dispositif, destiné aux jeunes peu diplômés et issus des quartiers défavorisés, atteint bien la population visée, les jeunes titulaires au plus d’un BEP ou d’un CAP et les habitants des zones défavorisées étant surreprésentés parmi les bénéficiaires.

 

  • 71 % des emplois d’avenir ont eu lieu dans le secteur non marchand, principalement dans des structures de petite taille.
  • 80 % des bénéficiaires ont un diplôme inférieur ou égal au CAP-BEP et 35 % habitent dans des zones défavorisées.
  • Les obligations de formation et de suivi attachées à ces emplois ont été respectées dans la majorité des contrats.


Dans le cadre de ce contrat, 85 % des jeunes bénéficient d’un suivi au sein de l’entreprise et 69 % d’un suivi par la mission locale. De plus, 82 % des bénéficiaires accèdent à au moins une formation et, pour 59 % d’entre eux, elle est certifiante.


À long terme, le passage des jeunes en emploi d'avenir améliore leur autonomie et leur insertion sociale.


Ainsi, quatre ans après leur entrée en emploi d’avenir et compte tenu par ailleurs de la situation conjoncturelle sur l’ensemble de la période, la probabilité pour eux d’être en emploi est de 8 points supérieure à celle qu’ils auraient eue sans avoir bénéficié du dispositif. L’effet est même un peu supérieur pour les jeunes sans diplôme (9 points).

 

Emplois francs :  nouvelle approche et nouveau enseignements

 

L'année 2021 voit la fin des emplois d’avenir et la naissance des emplois francs pour faciliter l’emploi des gens résidant dans un quartier prioritaire de la ville (QPV) et les contrats adultes-relais et celle des contrats uniques d’insertion (CUI) qui se diversifient en CUI-CIE pour le secteur marchand et en CUI-CAE pour le non marchand. Ceux-ci visent à faciliter l’insertion professionnelle des gens sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles. Ils sont conclus dans le cadre du « parcours emploi compétences » (PEC).



Nouvelle étude de la DARES sur l'aide à l'embauche des jeunes

 

La première note de mai dernier révèle une hausse de 7 % de l'emploi en CDI ou CDD long chez les jeunes de 22 à 25 ans avec l'aide à l'embauche de jeunes (AEJ).

 

Parmi les mesures du plan « 1 jeune, 1 solution », l’aide à l’embauche des jeunes permet aux employeurs de bénéficier d’une subvention pouvant aller jusqu’à 4 000 euros pour l’embauche d’un jeune âgé de moins de 26 ans, en CDI ou en CDD de trois mois ou plus.

 

Cette étude dresse une première évaluation des effets de la mesure sur l’emploi des jeunes et pas seulement sur les embauches de jeunes. Ce dispositif aurait permis une hausse de 7 % de l’emploi en CDI ou CDD long des jeunes de 22 à 25 ans, soit 60 000 emplois. Toutefois, ce dispositif n’aurait pas eu d’effet sur l’emploi total de ces jeunes en raison notamment d’un effet négatif de l’aide sur l’emploi non salarié et de l’emploi intérimaire pour les 22-25 ans.

 

Pour la DARES, les premières évaluations (qui devront être confirmées) suggèrent ainsi que l’AEJ aurait favorisé un déplacement de l’emploi des jeunes de 22 à 25 ans vers des CDD longs et CDI, sans mener à une hausse du taux d’emploi desdits jeunes...

 

À lire aussi :

- Etudes DARES : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dossier/les-jeunes-face-la-crise-sanitaire : Toutes nos publications sur les jeunes face à la crise sanitaire.

- Contrat de professionnalisation : recul des embauches chez les jeunes de moins de 30 ans : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/le-contrat-de-professionnalisation-en-2019.

Pas encore de commentaires