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02 / 04 / 2011
Jacky Lesueur / Abonné
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Les pompiers veulent reprendre leur carrière en mains

Cinq organisations syndicales de sapeurs-pompiers, dont FO, ont décidé de se regrouper pour faire avancer les grands dossiers de la profession. Première étape, moderniser la filière.

  • La France compte 250 000 pompiers pour 8 000 centres de secours. Leur mission : assurer la sécurité civile, la protection des biens et lutter contre les incendies.


L’immense majorité (200 000) sont des volontaires bénévoles. Seuls 40 000 sont des professionnels, sous le statut de fonctionnaires territoriaux. S’y ajoutent 10 000 militaires à Paris et à Marseille.

Pour améliorer la filière professionnelle, qui n’a pas évolué depuis 2001, la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France et quatre syndicats (FO, UNSA, CFTC, CGC) viennent de se regrouper pour élaborer des propositions. La refonte de la catégorie B de la fonction publique, qui doit intervenir avant la fin de l’année, constitue une opportunité.

Ils ont imaginé des dispositifs pour rendre la carrière plus attrayante et assouplir le parcours professionnel. Chez les pompiers, l’encadrement est plus faible que dans le reste de la fonction publique territoriale.

La catégorie C, qui correspond aux interventions sur le terrain, représente plus de 80 % des effectifs. « Pour évoluer, il fallait forcément passer par des formations et l’ancienneté. On veut maintenant permettre aux pompiers d’avancer à leur rythme, qu’ils deviennent acteurs de leur carrière », explique Pierrick Janvier, secrétaire général de l’Union nationale des sapeurs-pompiers FO.

Pour la catégorie C, ils souhaitent que les volontaires puissent intégrer la filière professionnelle sur dossier et plus par concours. Ils proposent l’entrée directe en catégorie B par le biais d’un concours externe. Quant à la catégorie A, ils ont imaginé un recrutement à bac+5.

L’accès externe serait limité à 40 % pour laisser de la place à la promotion interne. « Nous tenterons de faire cette réforme à coûts constants, mais la RGPP ne peut pas s’appliquer chez nous. Par exemple, pour relever une personne en toute sécurité, il faut trois personnes. Si pour faire des économies on réduit les effectifs à deux personnes, on prend des risques », ajoute Patrice Beunard de la CFTC.


Une autre menace plane sur l’avenir des sapeurs-pompiers en France, la directive européenne sur le temps de travail. « Notre statut est particulier, on travaille 24 heures payées 16 heures. Si la directive s’applique, elle imposera de nous payer sur 24 heures, mais aucune collectivité territoriale n’a les moyens de verser un tiers de salaire en plus », poursuit Pierrick Janvier.

  • Le gouvernement pourrait alors décider de privatiser une partie des missions des pompiers. La France est le seul pays d’Europe où les pompiers ne sont pas cantonnés à la lutte contre les incendies.

« Les ambulances privées sont dans les starting-blocks pour récupérer les secours à la personne, nos interventions les plus fréquentes. Le risque, c’est que si le blessé ne peut pas payer, il soit laissé sur le trottoir », ajoute-t-il.

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