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03 / 08 / 2012 | 31 vues
Sylvain Thibon / Membre
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Le bien-être dans l’entreprise possède son thermomètre : la médecine du travail

Dans le domaine du bien-être, la température ne cesse de grimper ces dernières années à Canal+, pour atteindre des niveaux proches de l’apoplexie.

Résultat d’une politique coercitive de gestion des ressources humaines, de plans d’économies financières qui se succèdent sans discontinuer depuis plus de 5 ans, du non-remplacement de dizaines de salariés, de la désorganisation importante de certains secteurs d’activités… Ces phénomènes conjugués contribuent à l’accroissement d’un mal-être croissant.

Ici comme ailleurs, les mêmes maux produisent les mêmes effets avec un risque tout aussi réel. Nous le savons, nous, élus du personnel qui sommes interpellés depuis des mois par des salariés de tous niveaux et de tous secteurs.

La médecine du travail devrait être en appui pour soutenir les salariés qui en ressentent le besoin. Malheureusement, cette médecine est à nouveau sous pression depuis quelques semaines.

Pour gérer son servive médical, Canal+ fait appel à l’ACMS, une association qui met les compétences nécessaires à la disposition des grandes entreprises.

C'est pourquoi le médecin n’est pas directement salarié de l’entreprise, ce qui lui assure une certaine indépendance… Enfin normalement, car une fois franchi le portail de l’entreprise, le médecin comme chaque salarié, se retrouve dans un autre monde, un monde dans lequel le pouvoir revient en totalité à la direction de l’entreprise, notamment, un pouvoir de coercition !

Ce qui est valable pour le médecin ne l'est pas pour les infirmières. Elles sont recrutées et donc salariées de Canal+.

Le service médical doit être assuré sur les différents sites du groupe, hormis le CRC de Rennes qui dispose de son propre médecin sur place.

Mais assurer cette présence sur les différents sites nécessite de disposer d’une équipe médicale au complet. À Canal+, 3 infirmières devraient remplir ce rôle aux côtés du medecin, c'est une obligation légale.

À l’heure actuelle, une seule infirmière assure la permanence en qualité de CDI. Pour compléter les plannings journaliers, Canal+ fait régulièrement appel à des intérimaires. Une situation pas facile à gérer au quotidien lorsque ces personnes viennet une, deux ou trois journées puis repartent. Une situation anormale alors que la demande de RDV particuliers explose.

 
Cette situation complique un peu plus chaque jour la tâche du service médical qui ne peut plus remplir ses missions dans des conditions optimales.

C’est pourquoi, ces dernières semaines, l’infirmerie n’a pu parfois ouvrir ses portes sur l’un ou l’autre site du groupe. Pourtant, l’obligation légale impose une permanence en ce domaine. Nos alertes de ces dernières semaines ont eu pour effet d’accélérer le recrutement d’une nouvelle infirmière. Mais ce recrutement devait être comblé par le dernier CDD finalement non confirmé par la direction. Incompréhensible alors que cette personne semblait faire l’unanimité au sein de l’équipe...

  • Voudrait-on faire pression sur le médecin présent que l’on ne s’y prendrait pas autrement… Faut-il décourager une personne qui formule depuis des mois le même constat que nous : une dégradation des conditions de travail et une progression inquiétante du mal-être ? Veut-on se voiler la face, refuser cette réalité, celle-là même dont nous exigeons depuis des mois qu’elle fasse l’objet d’une attention toute particulière ?


C’est ce que nous percevons dans les décisions qui sont aujourd’hui mises en œuvre. L’insuffisance du personnel infirmier, les pressions plus ou moins ouvertes que subit le service médical font craindre de nouveaux changements pour la rentrée...

Le médecin aujourd’hui en poste pourra-t-il résister longtemps à cette situation ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres des élus et des représentants du personnel. Mais un départ précipité du médecin, avant le terme de son contrat, porterait la marque d’un échec flagrant dans la mise en œuvre et la gestion de ce service. Souvenons-nous du départ du précédent médecin. Des questions sont restées sans réponses...

Dans cette situation, nous revendiquons que l’on laisse le service médical de l’entreprise accomplir ses missions en toute indépendance. Réfuter cette obligation, c’est prendre le risque d’un développement sans contrôle du mal-être interne. Si tel était le cas, chacun saura mesurer les conséquences potentielles d’une nouvelle déstabilisation de ce service à l'aune de ses responsabilités.

Pour la rentrée prochaine, qui s’annonce chargée socialement, l'entreprise doit disposer d’un service médical en ordre de marche. Nous serons très attentifs aux évolutions et aux soubresauts que pourrait vivre ce service dans les prochains mois. Il en va du bon fonctionnement de l'entreprise et surtout d'une attention redoublée au mal-être grandissant.

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