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20 / 09 / 2017 | 5 vues
Didier Cozin / Membre
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Peut-on sauver sauver le Compte Formation (CPF) ? 1ère partie : le DIF et les atermoiement sociaux en formationb

Dans son dernier rapport sur l'économie de la France l'OCDE explique que "les adultes à faibles compétences de base sont trop nombreux. Leur accès à la formation est freiné par le nombre important de dispositifs et la complexité du compte personnel de formation (CPF)"
Il faudrait donc "simplifier le CPF et réduire le nombre de dispositifs proches. "

Ce que ne savaient sans doute pas les experts du bd de la muette c’est que le CPF a été une entourloupe sociale qui tente depuis 2014 de se substituer à un droit à la formation qui indisposait le monde du travail tant il bouleversait les pratiques et habitudes éducatives dans notre pays. 

Résumons les choses

En 2003 les partenaires sociaux, bien inspirés pour une fois, inventent un révolutionnaire Droit Individuel à la Formation (le DIF) qui a pour mission de généraliser la formation via un droit universel à 20 heures de formation par année pour chaque salarié.

En mai 2004 la loi pour la formation tout au long de la vie est votée mais le DIF s’installe trop lentement dans le paysage de la formation  (en 2004 dans la plupart des branches les compteurs étaient à zéro et la réflexion sur la mise en œuvre de ce nouveau droit à peine ébauchée)

Les choses se gâtent à partir de 2005

Les branches professionnelles (plus de 600 branches), les accords d’entreprises, les tergiversations fiscales (le Conseil national de la comptabilité qui refuse par exemple le provisionnement du DIF), les retards et blocages des OPCA font que pendant 2 à 3 ans le DIF va piétiner en entreprise et que les salariés vont perdre l'envie et la possibilité de demander massivement leur DIF.

En 2006 première tentative de destruction du droit à la formation par deux professeurs 

Durant l’été 2006, deux doctes professeurs de la Sorbonne y vont de leur « rapport » sur la formation professionnelle (« un système à la dérive ») tout en prônant (déjà) l’abandon d'un DIF jugé inégalitaire et inutile au profit de formations longues, couteuses (et sans doute pénibles) afin que la formation lorgnent à nouveau du côté de notre système de diplomation national.

En 2008, la Cour des comptes publie un rapport qui estime le cout d'un DIF généralisé à 12 milliards d’euros par an pour un capital formation accumulés par les salariés de 77 milliards à l’horizon 2010)

En 2008 le DIF entre dans les 3 fonctions publiques et son avenir semble encore prometteur 

En cette année 2008, tout est encore possible pour le DIF car plusieurs grandes entreprises commencent à s’en inquiéter et envisage de le mettre en oeuvre (la banqueroute de tout le système de formation semble guetter face à l'accumulation d'heures de DIF non provisionnées).

En 2008 de nombreuses grandes entreprises souhaitaient promouvoir la formation et le DIF. Le monde du travail, après 4 ans de tergiversations (et dès lors que les 3 fonctions publiques adoptaient elles aussi le DIF), était tenté par le grand saut vers une formation pour tous, universelle et tâchant d'être équitable.


Fin septembre 2008 la crise financière des « subprimes » eut raison de toutes les velléités formatrices en France

Le DIF passa en quelques semaines de dispositif prometteur à dispositif maudit et couteux dans la plupart des entreprises (mis à part quelques rares sociétés comme  Disney, Airbus ou Orange pour des raisons diverses)
Le démarrage généralisé du DIF fut malheureusement reporté aux calendes grecques.

En 2009 une réforme inaboutit ne parvint pas à relancer le dispositif 

En 2009 les pouvoirs publics tentèrent timidement de relancer le DIF en le rendant portable mais le cœur n’y était plus, notre pays s’acheminait vers l’abandon inéluctable de la révolution en formation qu'il avait cru pouvoir lancer 5 ans plus tôt. Le pays était mûr pour monter de nouvelles usines à gaz en forme de compteur formation. 

En 2013, retour vers le passé nostalgique avec une gauche socialiste en mal de trucs éducatifs 

Le CPF ou l’instrumentalisation de la formation par les politiques à A suivre)

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