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08 / 09 / 2021 | 211 vues
Eric Keller / Membre
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Vente du site d'Alstom Reichshoffen : la Commission européenne donne un nouveau délai mais celui-ci doit rester confidentiel

Dans le cadre du rachat de Bombardier Transportation, la direction d’Alstom a décidé de vendre certaines activités, dont le site de Reichshoffen, afin de satisfaire au dogme des règles européennes de la concurrence. Après pratiquement une année de discussion, fin mai 2021, il semblait acquis que le site de Reichshoffen basculerait sous la marque Škoda, les deux parties semblant alors d’accord. La dernière information transmise avant les congés d’été aux organisations syndicales était que « des discussions intenses entre Alstom et Škoda auraient abouti à un accord sur les points essentiels ».

 

Mais les choses ne sont pas si simples. Après pratiquement une année de négociations avec Škoda, les discussions n’ont donc toujours pas abouti. D’après plusieurs articles de presse parus pendant les congés, les discussions avec Škoda se seraient envenimées et seraient arrivées à un point de rupture.

 

À la demande d’Alstom, les négociations étant compliquées avec Škoda, un délai supplémentaire a été accordé par la Commission européenne (la date butoir fixée par la Commission européenne était le 30 juillet). Par ailleurs, celle-ci a demandé de réengager les discussions avec CAF et Hitachi pour voir s’ils sont intéressés, notamment par l’établissement de Reichshoffen, ce qu’Alstom aurait fait, la direction d’Alstom ne donnant que les informations qu’elle a bien envie de divulguer.

 

L’Espagnol CAF et le Japonais Hitachi sont-ils réellement intéressés ? Aucune des deux sociétés n’a montré d’intérêt sérieux pour le site pendant plus d’une année. Par ailleurs, aucun détail sur les points de discorde entre Alstom et Škoda n’est communiqué. La Commission européenne va-t-elle demander à Alstom de rajouter des remèdes pour rendre « la mariée plus belle » ?

 

Pour couronner le tout, le nouveau délai accordé par la Commission européenne doit rester confidentiel, les salariés n’ont pas le droit de savoir. Tous les scénarios semblent à nouveau possibles et les salariés sont dans l’opacité la plus totale, subissant depuis trop longtemps cette situation anxiogène. Rappelons que les organisations syndicales d’Alstom avaient donné un avis négatif sur le rachat de Bombardier Transportation car cette opération, bien loin d’un « Airbus du rail », était et reste jugée socialement et économiquement dangereuse.

 

Notre fédération et l’ensemble des syndicats FO du groupe exigent de la direction d’Alstom plus d’information et de transparence pour les salariés et le maintien de tous les emplois sur chaque site, y compris pour les activités vendues du site de Reichshoffen pour satisfaire aux règles de la concurrence. Pour nous, « la défense de l’industrie passe également par la défense des emplois ».

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