SCAF: Eviter le clash !
Le système de combat aérien du futur (SCAF) a-t-il encore un avenir ? Pour notre organisation, la réponse est un « oui » aussi évident que nécessaire. Ce projet, qui doit permettre de remplacer à partir de 2040 les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols par un chasseur de sixième génération, est plus qu’essentielle ; il est vital.
Les récentes déclarations venues d’Allemagne, appelant à l’exclusion de Dassault du programme SCAF, s’inscrivent dans une déplorable série de sorties publiques de la part des différents acteurs du projet, constituent dans ce dossier un signal préoccupant. Elles ne font que fragiliser un programme pourtant stratégique pour la souveraineté européenne et celle de son industrie de la défense. Alors que la tentation semble être pour beaucoup celle de tirer à soi la couverture et de revendiquer la plus grosse part du SCAF, notre organisation syndicale lance un appel à la raison.
L’histoire industrielle européenne nous rappelle en effet que les coopérations mal maîtrisées conduisent souvent à l’échec, au détriment de la souveraineté, de l’efficacité opérationnelle et de l’emploi. Le précédent du programme Rafale/Typhoon doit nous inviter à prendre du recul et faire collectivement preuve de responsabilité.
La Fédération et ses nombreux adhérents dans l’aéronautique réaffirment leur attachement au programme SCAF. Il ne s’agit pas d’un simple débat industriel, mais d’un choix politique majeur pour notre autonomie stratégique, nos compétences technologiques, nos savoir-faire et l’ensemble des entreprises qui rendent possible cette ambition. Ce programme ne peut prospérer que dans un cadre apaisé, fondé sur le respect des compétences, une gouvernance claire et une volonté sincère de coopération. Si chacun persiste dans sa volonté de cavalier seul, alors l’Europe n’aura pas d’avion de combat de rupture, qui ne pourra être qu’une œuvre collective.
Le SCAF doit rester un projet fédérateur où les Etats ne peuvent que garder le premier rôle. Toute escalade verbale ou remise en cause publique de ses équilibres met en péril un enjeu qui dépasse largement les intérêts nationaux.
Parvenir à une collaboration équilibrée est et restera l’unique voie pour que chacun des champions qui y participent demeure un exemple de réussite industrielle et le reste !