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27 / 10 / 2021 | 63 vues
Catherine Gras / Membre
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Inscrit(e) le 16 / 11 / 2009

Qui questionne dirige...

Nous sommes en octobre et c’est l’automne. La campagne va bientôt entrer dans le grand sommeil hivernal avant la régénération printanière en mars qui réveillera la végétation. Ce cycle naturel des saisons influe sur nous et sur nos rythmes collectifs. À tel point que la campagne électorale de l'élection présidentielle de 2022 a commencé. Les candidats se déclarent au fur et à mesure. Ils commencent à vendanger les voix au sein de leurs partis. Ils testent des idées et les sondages commencent à crépiter. Les armes se préparent et les argumentaires s’élaborent pour faire mouche au printemps. Une question lancinante refait surface dans la presse. Faut-il supprimer des fonctionnaires ? Si oui, combien ?

 

Une question mal posée : « combien d’emplois de fonctionnaires faut-il supprimer ? »
 

Cette question, mal posée, fascine toujours et engendre luttes stériles et débats faussés ; c’est comme si cette question (éculée et usée par des joutes politiques d’hier) était devenue une question à résoudre.


Serons-nous capables de regarder les choses autrement ? Galilée.sp suggère de commencer par examiner les finalités et de ne pas s’enferrer dans la chaîne des causalités.


Réfléchir à partir des causes, c’est garder le nez sur le guidon et s’embourber dans des questions d’origine du type « quelle est l’origine du poussin : l’œuf ou la poule ? ».
 

Se demander combien d’emplois de fonctionnaires sont à supprimer, c’est poser la question des causes et sous-entendre un raisonnement selon lequel, il faut prioritairement réduire la dépense publique et il faut « tailler dans les effectifs » pour faire des économies.


Réfléchir à partir des finalités, c’est ouvrir le débat et définir les axes d’un projet.


Quelles sont les missions de service public dont la France a besoin ces vingt prochaines années et quelle fonction publique est alors nécessaire ? Quel rapport avec la campagne présidentielle ? Justement, une campagne présidentielle est le moment de se poser des bonnes questions ensemble afin de ne pas s’engouffrer (inconscients) dans un nouveau quinquennat.


Galilée.sp fait « remonter le ludion » des questions.


Oui, Galilée.sp a des méthodes ayant fait leurs preuves. Bien formuler les problèmes avant de se précipiter sur d’hypothétiques solutions. Nous appelons cela « faire remonter le ludion », chez Galilée.sp. Nous utilisons la métaphore d’une expérience simple de physique. Faisons connaissance avec le ludion ; c’est une petite éprouvette (on peut y mettre une figurine) qui est immergée dans une bouteille en plastique. Lorsque l’on presse les parois de la bouteille, l’éprouvette descend ou monte, au gré de la pression exercée par l'intéressé. Par analogie, faire remonter le ludion, c’est faire remonter les questions vers les finalités. Puis, le faire descendre, c’est s’orienter vers les solutions.


Voici une courte vidéo pédagogique de l’Université de Lille I.


Il y a tant de ludions à faire remonter dans les politiques publiques !


Galilée.sp l’a fait en travaillant sur la question « de quels dirigeants publics a-t-on besoin ? » plutôt que sur la question « faut-il supprimer l’ENA ? ». Vous avez pu lire les résultats de nos travaux dans nos colonnes. Alors, au travail ! Osons nous poser les « bonnes questions » ensemble, avant de chercher des solutions. Elles n’en seront que meilleures.

Livre


Relisons Léon Garibaldi et Lucie des Monts (p. 198 du livre Pour une nouvelle philosophie de l’action publique, 2018.


« Les techniques de créativité nous permettent d’apprendre à sortir des « autoroutes de la pensée » (système de référence culturel, social, religieux ou « tribal », qui nous entraîne à raisonner par référence à ce qui se fait ou ce qui existe) ».


Le premier acte de la créativité consiste à bien formuler la question.

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