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Pour Eric Chenut, Président de la FNMF: "Notre modèle social n’est pas un héritage que l’on gère à coups de rabot budgétaire"
Eric Chenut, qui vient d'être réélu à la Présidence de la Mutualité Française a bien voulu répondre à mes questions....
Quels sont les grands axes que vous avez portés lors de votre discours à l’Assemblée générale ?
Cette Assemblée générale a été un moment de mobilisation.
Le premier message est celui de l’action. Dans un contexte de fortes tensions sur notre système de santé et de protection sociale, nous devons être capables à la fois de défendre ce qui fait la force de notre modèle solidaire et de proposer les évolutions nécessaires pour le préserver durablement. Notre mandat s’inscrira sous le signe de l’action et de la performance au service des mutuelles et des 32 millions de personnes qu’elles protègent.
Le deuxième axe est celui de la démocratie sociale et citoyenne. Avec les États généraux de la santé et de la protection sociale, nous avons fait le choix de donner la parole aux citoyens, aux professionnels et aux acteurs de terrain plutôt que de laisser quelques experts décider seuls de l’avenir du système. Cette démarche est profondément mutualiste.
Il n’est pas souhaitable que l’Etat décide seul de notre protection sociale, ni laisser le citoyen seul face à l’Etat. Il faut permettre aux gens de prendre part aux décisions qui les concernent
Nous mutualistes par notre gouvernance, nos initiatives nous participons de cette forme de démocratie, de cette éducation populaire et citoyenne.
Enfin, j’ai voulu porter une ambition de société. À l’heure où les fractures sociales, économiques et territoriales s’aggravent, nous devons défendre une société fondée sur la solidarité et la responsabilité collective.
Les mutuelles sont des artisanes de cette société de la réconciliation à laquelle aspirent nos concitoyens. C’est cette vision qui doit guider notre action dans les années qui viennent.
Pourquoi ce « carton rouge » adressé aux pouvoirs publics et cet appel lancé par le mouvement mutualiste ?
Ce carton rouge n’est pas un geste d’humeur. C’est un signal d’alerte et un acte de responsabilité.
Depuis plusieurs années, les réponses apportées aux difficultés financières de notre système de santé reposent trop souvent sur une même logique : dérembourser, transférer des charges, taxer davantage les complémentaires santé.
Cette approche purement comptable ne règle aucun problème de fond. Elle reporte simplement les difficultés sur les assurés et les acteurs de terrain.
Le mouvement mutualiste refuse cette fuite en avant. Taxer la santé et dérembourser les soins, ce n’est pas réformer. Les défis auxquels nous sommes confrontés : vieillissement, maladies chroniques, accès aux soins, financement de la protection sociale, méritent mieux que des mesures d’ajustement prises dans l’urgence budgétaire.
À travers cet appel, nous avons voulu exprimer une position collective, forte et unanime. Le mouvement mutualiste est prêt à prendre sa part des efforts. Il est force de propositions et il agit au quotidien au plus près des territoires. Nous demandons en retour une méthode différente : de la concertation et de la co-construction.
Notre modèle social n’est pas un héritage que l’on gère à coups de rabot budgétaire. C’est un projet de société que nous devons adapter et défendre ensemble. C’est le sens de notre appel au Gouvernement.
Comment abordez-vous cette rentrée sociale ?
Nous abordons cette rentrée sociale avec détermination.
La situation de notre système de santé et de protection sociale est préoccupante pour être mise entre parenthèses. Nous espérons que, malgré le contexte préélectoral et les échéances politiques à venir, le prochain PLFSS sera utile à nos concitoyens et permettra enfin d'engager des réponses concrètes aux difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.
La Mutualité Française prendra toute sa part au débat public. Nous organiserons notre rentrée sociale et publierons une nouvelle édition du Carnet de santé de la France, devenu un rendez-vous incontournable pour éclairer les décisions publiques à partir des attentes et des préoccupations des Français.
Mais nous voulons aussi regarder plus loin que le seul exercice budgétaire annuel. À l’automne, c’est pourquoi comme je l’indiquais, nous rendrons publics les propositions issues des États généraux de la santé et de la protection sociale
Ils constitueront une matière grise citoyenne exceptionnelle, nourrie par des dizaines de milliers de participants, pour éclairer les grands choix que notre pays devra faire à l’horizon 2027
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