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07 / 10 / 2022 | 213 vues
Christine Simon / Abonné
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Nouvelle gamme courrier : un mauvais coup pour le service public !

La Poste met en place une nouvelle gamme courrier ainsi qu’une nouvelle gamme tarifaire au 1er janvier 2023 avec pour principales mesures :

 

  • La suppression du timbre rouge sous sa forme physique au profit d’une version dématérialisée.
  • Le passage du J+1 à J+3 en lettre verte sur tout le territoire.
  • Le maintien d’une qualité de service à 95%, engagement pris avec ses clients.

 

Ceci engendre une complète réorganisation des plates-formes Courrier-Colis et des centres Courrier. La Poste revoit également sa politique de transport avec la suppression des lignes aériennes au 24 mars 2023 et de 300 liaisons véhicules légers afin de réduire l’impact environnemental.

 

Si pour La Poste la mise en place de la nouvelle gamme répond aux nouveaux usages des clients et améliore son empreinte carbone, pour nous, c’est une mauvaise nouvelle de plus et un mauvais coup pour le service public !

 

Quid de l’accès à l’affranchissement pour les personnes les plus fragiles qui n’ont pas internet ou qui vivent loin d’un bureau de poste ? 

 

Comme nous l’avons rappelé, le service public n’a pas pour objet d’être rentable, cependant, il doit permettre à tous les citoyens et usagers de pouvoir communiquer dans des conditions d’accessibilité et dans des conditions financières identiques pour tous.

 

Quid des conséquences sur l’emploi ? 

 

Cette nouvelle gamme courrier va forcément avoir un réel impact sur l’emploi. Mais La Poste n’est pas en capacité de répondre à cette question et pourtant notre inquiétude est réelle et notre action pour la pérennité de l’emploi prioritaire.

 

Pour toutes ces raisons, notre fédération exige le maintien de la lettre papier en J+1.


Les agents de nuit en pic (*) sont les premiers impactés par la fin du timbre rouge
 

A l'évidence cette décision aura un fort impact pour les équipes de nuit telles qu’on les connait actuellement. Par exemple, certains agents devront basculer en équipes de jour… De plus, d’une PIC à une autre, l’organisation du temps de travail ne sera pas la même. Si ces agents ont fait le choix d’intégrer ces brigades c’est d’abord pour une raison salariale mais aussi pour un équilibre vie privée-vie professionnelle. En actant la disparition de ce timbre historique, La Poste ne pourra pas se contenter de simples compensations financières. Pour nous, elle devra aussi prendre en compte l’impact individuel que cette décision implique pour les agents.

 

Aussi  exigeons nous  un véritable accompagnement et des écoutes individuelles pour chacun découlant sur de vraies propositions, avec une attention particulière pour les agents en inaptitude sur les équipes de nuit mais aussi pour ceux qui souhaitent s’orienter vers un autre métier par le biais de passerelles.

 

(*) Les plateformes industrielles du courrier (PIC) sont le plus gros maillon de la chaîne de l'acheminement du courrier en France. Les  PIC ont été  créées par La Poste dans le cadre du plan Cap Qualité Courrier, initié en 2004, ayant pour but d'industrialiser la distribution du courrier.

 

La fin d’une époque… la fin du facteur ?

 

Le timbre rouge permettait théoriquement une distribution en 1 jour contre 3 pour le timbre vert. Même si l’effondrement du flux de courrier est une évidence, même si les contextes environnementaux et technologiques peuvent prétexter une bifurcation économique de la part de l’entreprise, il faut garder à l’esprit que moins de courrier = moins de facteurs. L’alternative principale de cette baisse de trafic ne doit pas être la suppression de postes.

 

Notre fédération  redoute la mort à petit feu des métiers de proximité au profit de quelques automates ou autres e-services. Et puis que fait-on des usagers souffrant d’illectronisme ou vivant dans les zones blanches ? Comment maintenir un service public universel si on ne donne pas les moyens de ses ambitions ?


Elle  exige que les choix stratégiques de La Poste prennent essentiellement en compte le volet humain à travers le maintien des emplois, la formation, la diversification des tâches.

 

Le timbre gris : une espèce (aussi) en voie d’extinction

 

Il a beaucoup été question dans les médias de la suppression du timbre rouge pour moderniser, simplifier et pour la fameuse évidence écologique ! Nous ne sommes pas dupes, c’est surtout pour des raisons économiques . Soit !

 

Notre organisation syndicale  souhaite mettre l’accent sur une nouvelle qui est passée inaperçue : La disparition programmée en janvier 2023 du timbre gris. Celui qui coutait le moins cher. Le prétexte : « Il est peu utilisé ». Peu utilisé car peu mis en avant sur le plan commercial surtout !

 

Certes, la dégringolade du flux de courrier nécessite des ajustements en termes de gamme de produits. Mais, dans le cadre du Service Universel que La Poste tend à régulièrement occulter et dans la spirale économique que nous subissons, est-il judicieux de fermer une porte pour les PME ou TPE qui utilisent ce format pour leurs envois en nombre et qui, du coup, seront contraints d’utiliser le timbre vert plus cher voire de solliciter un contrat commercial.

 

Pour nous, La Poste réduit clairement son offre unilatéralement sans se préoccuper des usagers les plus demandeurs de ses services.

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Luttons pour un service postal public et mobilisons-nous pour les postiers!

Les services publics ont toujours été l’épine dorsale dans le fonctionnement d’un pays car ils sont l’aménagement du territoire, la proximité avec les citoyens, les services de santé ou bancaires indispensables, la distribution de la presse, la livraison de repas, de courrier ou de colis, la relation humaine par principe.

Alors que la pandémie du covid-19 semble être derrière nous, des voix s’élèvent pour rappeler le rôle indispensable et vital de nos services publics et notamment de nos postiers. Qui étaient les seuls contacts avec la population pendant les confinements de la crise sanitaire ? Nos postiers présents partout sur le territoire ont répondu présents alors que le gouvernement tergiversait encore sur le port du masque, le gel ou les protocoles sanitaires.

La Poste a encore cette image de « grande maison » avec sa proximité, sa chaleur humaine mais pour combien de temps encore ?

Les nombreuses réorganisations et privatisations de nos postes nuisent à nos missions de service public et impactent fortement les conditions de travail des postières et postiers : maigres salaires, conditions difficiles. L’un des derniers rapports du GIEC atteste de l’impact de la libéralisation sur les services publics.

Notre Poste française évolue comme nos postes européennes mais cela ne peut être à ce prix. Nos postiers ont encore ce lien avec la population. Cessons de casser le service public au principe qu’il faudrait réformer…La Poste doit garder les moyens pour ses missions de service universel, pour un coût carbone maîtrisé.

Depuis des années, notre fédération met en garde La Poste sur ses expérimentations en matière de nouveaux services ou de digitalisation. Cela ne peut se faire sans concertation et surtout sans les postiers. Alors redonnons ses lettres de noblesse à La Poste !