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31 / 03 / 2022 | 42 vues
Jacques Landriot / Abonné
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Le congrès des sociétés coopératives se fixe d'atteindre les 100 000 emplois coopératifs d'ici 2026

Le 37e congrès national des sociétés coopératives s'est tenu à Rennes la semaine dernière. L'occasion pour la confédération générale des SCOP :

  • de dresser un bilan positif de la mandature 2017-2021 : l’objectif des 70 000 emplois coopératifs étant dépassé, soulignant la résilience du mouvement à la crise sanitaire ;
  • et de livrer son plan d’actions afin de répondre aux objectifs économiques, écologiques et sociaux majeurs pour les quatre années à venir et atteindre les 100 000 emplois coopératifs d’ici 2026.

 

Chiffres à retenir de la mandature

  • 71 084 salariés emplois coopératifs fin 2021 : + 32 % par rapport à 2017 et 81 084 emplois en comptant les filiales en France et à l’étranger.
  • 3 801 coopératives : + 27 % sur cinq ans et 4 122 sociétés filiales comprises.
  • Fin 2021, plus de 6,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés par les SCOP et SCIC : + 37 % sur cinq ans et 7,7 milliards d’euros en comptant les filiales.
  • Une augmentation du taux de pérennité des coopératives à cinq ans de 7 points entre fin 2016 et fin 2021.

 

Un effet limité de la crise sanitaire avec un nombre croissant des emplois et des coopératives


Malgré une mandature marquée par la crise sanitaire, SCOP et SCIC tiennent bon et, fin 2021, affichaient plus de 6,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, près de 166 millions d’euros de résultat net et 3 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit respectivement une croissance de 37 %, 13 % et 50 % sur cinq ans.
 

  • Les SCIC confirment leur tendance à l'exponentiel avec + 88 % d’entreprises en cinq ans et + 160 % d’effectifs, atteignant 13 190 salariés à fin 2021.
  • Côté SCOP, les effectifs croissent de 10 % sur la période, atteignant près de 58 000 salariés. Pendant cette période, SCOP et SCIC ont de nouveau confirmé leur solidité. Le taux de pérennité à cinq ans de l’ensemble des SCOP et des SCIC a cru de sept points entre fin 2016 et fin 2021. En comparaison, le taux de pérennité à cinq ans de l’ensemble des entreprises françaises est de 61 %, contre 73 % dans les coopératives.

 

Nous voulons apporter la preuve que notre mouvement est non seulement moderne, innovant, démocratique et citoyen mais qu’il ouvre aussi une autre voie possible dans la construction d’un monde plus équitable et solidaire. Cette démarche est bel et bien enclenchée. Notre baromètre OpinionWay des nouvelles performances auprès des Français révèle d’ailleurs que près d’un tiers des dirigeants envisagent de transformer leur société en coopérative et que près de 80 % des salariés souhaitent un jour travailler dans une SCOP. Devenir le modèle économique de demain n’est plus une utopie, c'est à portée de nos mains. 

 

Des effectifs dynamisés par la transformation d’entreprises et d’associations en coopératives

 

Les transmissions d’entreprises saines et les transformations d’associations ou de coopératives, représentaient respectivement 16 % et 15 % des créations entre fin 2016 et fin 2021, et de fait amènent le plus d’effectifs dans le giron des SCOP et des SCIC, chacune avec 14 % des effectifs créés. Sur les 71 084 emplois coopératifs fin 2021, 49 % ont été générés par des coopératives issues d’une transmission/reprise d’entreprise par les salariés ou transformation d’association.

 

Des secteurs en mutation

 

Fin 2021, c’est dans les services qu’exercent le plus de coopératives avec 49 % d’entre elles concentrant 39 % des effectifs du mouvement. Ce secteur reste particulièrement dynamique avec +31 % de coopératives et +43 % d’effectifs sur cinq ans. La construction et l’industrie, avec respectivement 18 % et 15 % des salariés du mouvement, restent en très bonne position en générant, à eux seuls, près de 51 % du chiffre d’affaires net total des SCOP et des SCIC fin 2021.

 

Le secteur du commerce se distingue par une envolée de ses effectifs : +90 % de salariés depuis fin 2016, concomitante avec une augmentation de 48 % du nombre de coopératives.

 

Par ailleurs, si l’agriculture reste encore très minoritaire, avec 1,5 % des coopératives et 0,6 % des effectifs du mouvement fin 2021, le secteur connaît une progression à la hausse particulièrement marquée avec 57 % de coopératives en plus sur cinq ans et 60 % d’effectifs supplémentaires.

 

La place des femmes dans les effectifs et à la direction au cœur des enjeux coopératifs
 

La place des femmes dans les effectifs des coopératives du mouvement a progressé et atteint 37 % des effectifs totaux fin 2021, soit une augmentation de 8 points, malgré le poids historique des secteurs très masculins que sont l’industrie et la construction. Autre point de progression : la place des femmes parmi les dirigeants évolue positivement au sein des coopératives puisqu’elles occupaient 30 % des postes fin 2021, soit une progression de 4 points sur cinq ans.

 

Plan d’actions à horizon 2026 : ouvrir la voie vers la construction du monde d’après, écologique, équitable et solidaire

 

Dans les quatre ans à venir, le mouvement souhaite poursuivre sa croissance et se fixe l’objectif ambitieux mais accessible au vu de la nette progression constante d’atteindre les 100 000 emplois tout en gardant le cap d’objectifs de développement qualitatifs.

 

Le mouvement a ainsi défini 4 axes d’actions.

 

Axe 1 : un mouvement engagé. Le mouvement souhaite ouvrir la voie vers la construction du monde d’après, écologique, équitable et solidaire en étant moteur et en accompagnant cette transition. En créant par exemple un dispositif d’accompagnement des coopératives à la transition écologique (bilan carbone, éco-conception, achats responsables, maîtrise de la consommation d’énergie…). Mais aussi en s’adaptant et en contribuant à l’évolution du monde du travail (qualité de vie au travail, parité, inclusion etc.). Cela passe aussi par un engagement réaffirmé du mouvement pour la citoyenneté économique, à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Le mouvement va également continuer d’affirmer son positionnement en poursuivant par exemple ses efforts de plaidoyer et de communication, notamment auprès de la jeunesse.

 

Axe 2 : un mouvement proche des coopératives et de tous les coopérateurs. Le mouvement souhaite développer l’inter-coopération et la mutualisation. Il vise également à dynamiser l’animation réseau, investir dans la formation, faire évoluer l’offre d’accompagnement au service de la vie coopérative et poursuivre le plan de développement des compétences du mouvement.

 

Axe 3 : un mouvement ambitieux Le mouvement vise à soutenir les filières, en identifiant et en cartographiant les coopératives au service des filières, pouvant contribuer à la transition écologique et à la transformation sociale, et en accompagnant les filières en émergence. Le mouvement envisage également d'amplifier les outils existants dans le cadre de la transmission et de la croissance externe. Enfin, il vise à favoriser la prescription du modèle coopératif et développer les relations avec les réseaux professionnels.

 

Le quatrième axe, « un mouvement solidaire » est en cours de déploiement et sera révélé prochainement.

 

NDLR : Jacques Landriot a été réélu président du mouvement.

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