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08 / 04 / 2020 | 98 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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« La solidarité sera essentielle pour sortir de cette crise mais elle ne suffira pas à réparer toutes les conséquences du coronavirus » - Florence Lustman, FFA

La « guerre » contre le coronavirus entame sa quatrième semaine. Chaque jour qui passe est une nouvelle bataille pour les familles qui perdent un proche, pour les soignants qui se démènent à l’hôpital, pour les parents qui télétravaillent tout en faisant l’école, pour les entrepreneurs et les salariés qui luttent pour sauver leur entreprise.
 

Florence Lustman, présidente de la Fédération Française des Assurances, dans une tribune a tenu à répondre aux critiques qui ont pu s'exprimer depuis le confinement, pour préciser les priorités des acteurs et chiffrer, en l'état, l’impact de la crise sanitaire sur le secteur.


« Pour l’assurance, secteur essentiel pour l’économie, la priorité est de rester au plus près de nos assurés en maintenant la continuité de nos services. Avec ou sans confinement, les sinistres sont là... 90 % de nos entreprises sont aujourd’hui en travail à distance et donc en capacité de continuer à protéger leurs clients et de les conseiller.
 

A la crise sanitaire s’est greffée aussi une crise économique et les assureurs, en tant que porteurs de risques, sont évidemment impactés. La baisse de l’activité, la hausse des frais de santé et de prévoyance liée à l’épidémie, la recrudescence de certains sinistres comme les vols vont peser très lourd. Il y a aussi la chute brutale des marchés, qui va impacter les placements qui garantissent nos engagements à l’égard de nos clients.
 

Face à cela, l' objectif est de protéger avant tout les assurés et leur épargne. Les assureurs français ont abordé cette crise en étant solides : la crise va les toucher mais, ils sont armés pour faire face à tous leurs engagements contractuels.
 

J’entends que beaucoup s’interrogent sur notre rôle dans cette crise et nous demandent d’aller très au-delà de ce à quoi nous nous sommes engagés dans nos contrats et qui a servi de base au calcul des primes. Les assureurs ne peuvent hélas pas faire de miracle avec l’argent qu’on leur a confié. Les autorités d’assurance européennes et américaines viennent d’ailleurs de le rappeler : « obliger les assureurs à couvrir rétroactivement des risques non couverts dans leurs contrats exposerait le secteur à des risques d’insolvabilité qui fragiliseraient la protection des assurés, la stabilité des marchés, et aggraverait in fine la crise actuelle ». Il est donc indispensable que les assureurs tiennent le choc sous peine d’aggraver considérablement la crise actuelle."
 

Le rappel de quelques principes généraux en matière d'assurabilité:
 

Les pertes d’exploitation des entreprises françaises dues au confinement vont sans doute se chiffrer à des dizaines de milliards d’euros, somme qu’aucun acteur à part l’Etat ne peut supporter seul. C’est pour cette raison que l’assurance n’intervient jamais en cas d’épidémie, de révolution ou de guerre car les conséquences de tels événements sont tout simplement hors de portée.
 

Le principe de l’assurance, c’est la mutualisation : elle fonctionne quand elle peut répartir un risque entre ses assurés, c’est-à-dire utiliser les primes du plus grand nombre qui n’est pas touché pour indemniser ceux qui subissent un sinistre. Chose évidemment impossible dans le cas d’un événement qui touche tout le monde en même temps et de plein fouet...
 

Des mesures exceptionnelles...
 

Malgré cela, et pour tenir compte de la situation dramatique que nous constatons tous les jours sur le terrain, les assureurs ont annoncé des mesures de solidarité exceptionnelles en faveur de nos compatriotes les plus touchés, à savoir les TPE, les artisans, les commerçants, les travailleurs indépendants et les personnes fragiles.

Les assureurs continuent à garantir normalement les contrats des TPE qui auraient des difficultés à payer leurs cotisations durant le confinement et reporteront les loyers des TPE et des PME en difficulté. Pour les femmes enceintes et les personnes en affection longue durée placées en arrêt maladie, selon la nouvelle procédure de la Sécurité sociale - c’est-à-dire sans être déclarées malades -, les assureurs prennent aussi en charge leurs indemnités journalières dans la limite de 21 jours, alors même que cette situation n’est pas couverte par les contrats.

Enfin, ils se sont engagés à alimenter à hauteur de 200 millions d’euros le fonds de solidarité mis en place par l’Etat en faveur des petites entreprises en crise. Nous sommes aujourd’hui le seul secteur d’activité à y avoir contribué. A ces mesures générales, il faut ajouter aussi toutes les actions de solidarité prises individuellement par les assureurs : don de centaines de milliers de masques, financement d’hôpitaux et de la recherche à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros, assistance scolaire et soutien psychologique gratuits, plateformes d’entraide etc.
 

L'impact financier pour les acteurs du secteur:
 

Au total, si l’on prend toutes ces mesures et les effets directs de la crise, l’impact pour l’assurance se chiffre déjà à plus de 3 milliards d’euros.
 

La solidarité sera essentielle pour sortir de cette crise mais elle ne suffira pas à réparer toutes les conséquences du coronavirus. L’assurance française a beau être l’un des systèmes les plus protecteurs au monde, nous voyons bien aujourd’hui que les mécanismes de protection classiques sont insuffisants pour faire face à de telles crises. L’assurance ne peut pas se substituer à l’Etat. Elle peut, en revanche, faire preuve de responsabilité dans la mesure de ses capacités - ce qu’elle fait déjà - et être force de proposition pour l’avenir.
 

Lancement d'une réflexion sur la manière de mieux répondre à de tels évènements
 

Si nous voulons anticiper de nouvelles crises comme celle-ci, nous pouvons réfléchir dès à présent aux bases d’un régime de type assurantiel qui permettrait de couvrir des catastrophes sanitaires de très grande ampleur.

Mais ne nous y trompons pas, les assureurs ne pourront pas couvrir seuls de tels événements et ce régime devra s’appuyer sur un partenariat avec l’Etat. C’est pourquoi la FFA a décidé dès aujourd’hui de lancer une réflexion pour faire des propositions aux pouvoirs publics en ce sens.»



En fin de semaine dernière,  le PDG d'AXA Thomas Buberl a plaidé pour la mise en place d'un régime d'assurance capable de répondre à ce genre de crise.
 

Dans une interview au Journal du Dimanche  il a déclaré qu'AXA était  prêt à prendre l'initiative pour travailler avec l'État français et d'autres États européens afin de créer un régime d'assurance pandémie , "inspiré de celui qui existe déjà pour les catastrophes naturelles".
 

A noter que le  ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit lundi favorable à la mise en place d'un mécanisme d'assurance mutualisé contre les catastrophes sanitaires. " Je  souhaite qu'on puisse aboutir rapidement sur la définition d'un dispositif de catastrophe sanitaire qui puisse être couvert par les assureurs", a -t-il précisé lors d'une audition par visioconférence devant la commission des Affaires économiques du Sénat. "Mais ça ne pourra s'appliquer évidemment qu'à l'avenir et pas au passé", donc pas à la crise actuelle du coronavirus, a-t-il ajouté. ...à suivre donc !

Des mesures de solidarité exceptionnelles

Les initiatives des mutuelles d'assurances Niortaises peuvent être notées.


Elles se traduisent par différentes formes de soutien à l'hôpital public, à la recherche, aux associations ou même des reversements de "ristournes" à leurs sociétaires.

Pour information, l'ensemble de ces mutuelles emploient près de 70 000 personnes en Poitou-Charentes. Elles  s'engagent , chacune à leur niveau, pour limiter le chômage partiel de leurs salariés et engendrer le moins de dépenses possible à l'Etat.
 

  • Le 1er avril, le conseil d’administration a décidé de faire bénéficier les sociétaires  des économies réalisées du fait de la diminution des accidents de la route durant la période de confinement.
     

Sur la base d’une période de confinement de huit semaines, l’économie estimée par rapport à une situation normale s’élève à environ 100 millions d’euros. Dans ce contexte, la MAIF a décidé de reverser cette somme à ses sociétaires détenteurs d’un contrat auto et à jour de leurs cotisations. Cela représente 30 euros par véhicule assuré. Ils auront le choix entre percevoir la somme proposée ou la reverser à trois associations qui œuvrent particulièrement pendant la pandémie : la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, l’Institut Pasteur et le Secours Populaire. La communauté MAIF apporte ainsi sa contribution à ceux qui sont le plus exposés. Avec 3 millions d’assurés, l’impact est puissant.
 

  • L'autre grande mutuelle niortaise, la MACIF contribue elle aussi à aider les personnes fragilisées dans cette crise sanitaire. Elle  annoncait fin Mars via les réseaux sociaux offrir plus de 20 millions d'euros répartis entre l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris), et de nombreuses associations dont elle est partenaire depuis longtemps comme les Restos du Coeur, le Samu social ou le Secours Populaire....
     
  • Le groupe Covéa dont fait partie la MAAF basée  près de Niort a décidé d'offrir son aide à la Fondation des femmes. Le groupe a décidé de consacrer  500 000 euros  à l'achat de téléphonie mobile ou de denrées alimentaires pour femmes victimes de violences conjugales ou fragilisées économiquement par la crise.

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Le  Groupe Matmut, de son côté, vient de faire savoir qu'il  gelait  ses tarifs d’assurance automobile dès maintenant et pour toute l’année 2021 . Par ailleurs il a dé&cidé de  prendre des mesures solidaires supplémentaires au bénéfice des personnes en situation de recherche d’emploi et du personnel soignant ...

 

Fort de ses bons résultats enregistrés en 2019, de sa solidité financière et en phase avec ses valeurs mutualistes, le Groupe, assureur de plus de 2,7 millions de véhicules en France, prend l’engagement de geler, dès aujourd’hui ainsi que pour toute l’année 2021, ses tarifs d’assurance automobile.

 

Il accordera également à ses assurés automobile en situation de recherche d’emploi, naturellement plus fragilisés, une réduction de leur cotisation de 75 euros sur l'année 2020. Il prend enfin des mesures de réduction de cotisation, en faveur du personnel soignant, dans la lignée de son engagement fort en direction du monde médical depuis le début de la crise. 


Ces mesures représentent, à ce stade pour le Groupe, un effort évalué à 50 millions d’euros, soit les trois quarts de son résultat net 2019.

Les Établissements Hospitaliers 

L’engagement de la Matmut auprès du monde hospitalier n’est pas récent. Ainsi, elle soutient financièrement, par son implication dans la structure MFPASS, l’Institut Mutualiste Montsouris, situé à Paris. Il s’agit d’un établissement de santé d’excellence, prenant en charge l’essentiel des pathologies lourdes ou complexes à dominante chirurgicale (cardiaque, vasculaire, thoracique, digestif, gynécologie, urologie, oncologie…), tout en disposant d’une maternité, d’un centre de psychiatrie et d’un service de médecine. L’engagement de la Matmut représente, à ce jour environ 30 millions d’euros. 



Le Groupe Matmut, via sa structure Matmut Mutualité Livre III, a créé et assure la gestion du Centre de santé du Square de la Mutualité, situé dans le 5ème arrondissement de Paris. Centre pluridisciplinaire, son existence et son mode de fonctionnement témoignent de la volonté du Groupe de rendre accessible à tous une offre de soins complète. Cela représente, depuis sa création en 2013, un investissement financier de 10 millions d’euros pour le Groupe. Depuis le 27 mars, le Centre de santé du Square de la Mutualité est référencé « Centre Ambulatoire COVID-19 » par l’ARS Île de France. 



Actuellement, les deux établissements sont pleinement mobilisés et organisés pour gérer au mieux les prises en charge des patients COVID-19. L’engagement des équipes permet à ces établissements de jouer pleinement leur rôle d'acteur de soins de premier recours, en proposant une prise en charge des patients COVID-19, tout en maintenant une activité de suivi des patients, et de gestion des urgences médicales. Ce dispositif aide les structures hospitalières à se concentrer sur la prise en charge des patients sévèrement atteints par le coronavirus, évitant l'engorgement de leurs urgences.



Des actions de soutien aux acteurs de la santé 



Depuis le début de la crise, la Matmut a également fait plusieurs dons : 


- Un don financier à la Fondation Charles Nicolle, située à Rouen, pour contribuer à la lutte contre le COVID-19, en permettant au Samu 76 de se doter de glidescopes, appareils facilitant et sécurisant l'intubation respiratoire d‘urgence en cas de détresse pulmonaire.


- Un don de masques à différentes structures hospitalières et EHPAD et de flacons de gel hydro-alcoolique à destination du personnel médical. 


- Elle effectue par ailleurs des donations financières via la diffusion de ses films publicitaires lors de l’opération ‘’Ensemble avec nos soignants’’, émission de solidarité et d’appel aux dons, diffusée le 24 mars en prime time sur France TV ainsi que lors de l’opération "20h solidaire" du Groupe Canal +, cette semaine. Les recettes publicitaires globales sont directement versées à la Fondation de France. 
 

 

 

Dans un récent communiqué , la  MAAF née il y a 70 ans à l’initiative des artisans, fait part de sa décision  de renforcer le dispositif d’accompagnement de ses sociétaires professionnels, pour atténuer les effets de la crise qu’ils traversent avec deux mesures :


- l’exonération de deux mois de cotisations Multirisque Professionnelle pour les clients dont l’activité est interrompue du fait des arrêtés des 14 et 15 mars 2020.
- la mise en place d’un fonds d’aide dédié aux professionnels assurés MAAF en difficulté économique du fait de leur baisse ou arrêt d’activité.

Ces mesures viennent compléter celles déjà mises en oeuvre, tel que le maintien des garanties en cas de difficultés de paiement.

L’ensemble des décisions prises au bénéfice des sociétaires MAAF depuis le début du confinement, représentent plus de 30 millions d’euros.

Par ailleurs, il convient de souligner, car ce n'est pas le cas pour toutes les compagnies d'assurances, que la MAAF indemnise, conformément à ses garanties contractuelles, les pertes d’exploitation sans dommages pour les professionnels de la restauration. Cette garantie concerne les professionnels éligibles, à savoir les restaurateurs dont les locaux ont fait l’objet d’une impossibilité d’accès du fait des arrêtés des 14 et 15 mars 2020 pris par les Pouvoirs Publics. A ce jour l’évaluation globale de ces indemnités est de 190 millions d’euros.

 

Pour Stéphane Duroule, Directeur général de MAAF  : « La crise que nous vivons renforce les besoins d’accompagnement de nos sociétaires, notamment les artisans et commerçants, contraints d’interrompre brutalement leur activité mi-mars. Les relations fortes que nous avons avec nos assurés nous permettent de répondre de façon pragmatique et rapide aux défis posés par la crise. Nos équipes sont mobilisées, à l’écoute de tous, particulièrement de ceux qui sont le plus impactés économiquement. »