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28 / 09 / 2022 | 73 vues
Jérôme Aubé / Membre
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La dernière étude MNH-Odoxa souligne à nouveau les difficultés physiques et psychologiques liées aux métiers du soin

A l'occasion de la journée de mobilisation sociale du personnel soignant, la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH) a publié la semaine dernière, en partenariat avec Odoxa et la Chaire Santé de Sciences Po, les résultats de son dernier baromètre portant sur les conditions de travail, la santé et les attentes des personnels soignants.(*)

 

L’étude esquisse des enseignements qui pourraient servir de leviers d’action aux décideurs et nourrir le dialogue dans le cadre des discussions ouvertes par le Conseil national de la refondation (CNR) ou des conférences des parties prenantes territoriales de santé.

 

Soigner le moral des soignants

 

L’étude souligne à nouveau les difficultés physiques et psychologiques liées aux métiers du soin.

 

  • Un quart des professionnels de santé pensent être en mauvaise santé, c’est presque deux fois plus que les Français en activité professionnelle.
  • Le phénomène s’accentue pour les aides-soignants qui sont 3 sur 10 (29%) à déclarer être en mauvaise santé. La santé psychologique des soignants est directement remise en cause. Les trois-quarts jugent leur emploi fatiguant, alors que moins de la moitié de la population active est confrontée à cette difficulté.
  • A noter que cette fatigue est encore plus prégnante chez les aides-soignants (87%) et chez les infirmiers (79%). Le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie privée du personnel de santé est un facteur jouant sur leur santé psychique.
  • Ils sont deux fois plus nombreux que les actifs à se dire mécontents de cet équilibre (46% d’insatisfaits chez le personnel soignant contre 23% chez les actifs).
  • 94% des professionnels de santé vivent ainsi « toujours » ou « souvent » une source de stress pas nécessairement liée à leur métier (concentration, masse de travail, difficulté à « couper » en rentrant chez soi, etc.).

 

Soigner la carrière des soignants

 

Les soignants demandent avant tout des changements sur l’organisation et les conditions de leur travail.

 

  • Plus de 8 professionnels de santé sur 10 pensent que leur travail a une incidence sur leur sommeil. Un chiffre 23 points supérieurs à l’ensemble des actifs.
  • En conséquence, 3 professionnels de santé sur 10 prennent des somnifères ou des tranquillisants. Les personnels soignants sont confrontés à une charge de travail importante.
  • En moyenne, ils travaillent 40H par semaine soit 3H de plus que le temps de travail contractuel, alors que les actifs sont en moyenne à 38H par semaine.
  • Un quart d’entre eux travaillent plus de 45H par semaine (plus de 10 points supérieurs au reste des actifs). Conséquence de cette quantité de travail, les professionnels de santé sont 2 fois plus nombreux à avoir un arrêt de travail pour stress que le reste de la population active (soit 12% pour les personnels soignants et 6% pour les actifs).

 

Soigner la santé de la profession

 

L’étude indique que plus des trois-quarts des Français sont satisfaits de leur travail, et le sont de plus en plus ; les personnels soignants le sont nettement moins (54%) et de moins en moins (-10 pts en 3 ans).


Ces données illustrent la problématique liée à l'attractivité des métiers du soin. Pour y remédier, les soignants mettent spontanément en avant 4 axes de réflexion et de mesures à mettre en place :
 

- 35% souhaitent agir sur le travail lui-même (charge, condition, durée) ;

- 17% souhaitent agir sur l’humain (augmentation des effectifs) ; 

- 13% souhaitent agir sur le temps consacré à la prise en charge des patients ;

- 10% souhaitent agir sur la reconnaissance des métiers.

 

Fort de ce constat, pour concilier la vie privée et la vie professionnelle des personnels soignants, plusieurs pistes peuvent être envisagées comme levier d’action afin de :

 

  • Répondre aux sources de stress liées au métier avec un soutien psychologique adapté, avec une ligne d’écoute ouverte 7j/7 et 24h/24 ;
  • Concilier la vie de famille aux horaires de travail avec un accès à des crèches disposant d’une amplitude horaire large ;
  • Reconnaitre et proposer des perspectives de carrière par le biais de formations.

 

Pour Médéric Monestier, Directeur Général de la MNH: « Les résultats de ce nouveau baromètre viennent confirmer les difficultés rencontrées par les personnels soignants. En tant qu’hospitaliers, nous sommes en prise directe avec l’hôpital et ses réalités. C’est la force de notre modèle mutualiste affinitaire. Notre contact quotidien avec les hospitaliers et les enseignements de cette étude nous permettent d’identifier les attentes des personnels soignants et les leviers d’action pour agir de concert avec tous les acteurs de la santé, afin de redonner de l’attractivité aux métiers de l’hôpital. » 

 

(*) L’enquête a été menée du 29 août au 9 septembre 2022 auprès d’un échantillon de 1 005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et d’un échantillon de 1 325 professionnels de santé dont 703 infirmiers/ières, 233 aides-soignant(e)s, 137 médecins et 252 autres professionnels de santé (cadres de santé, personnels administratifs...). 

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Selon une récente étude de la Drees ( la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) sur les salaires dans la fonction publique hospitalière, le salaire net moyen a augmenté en 2020 de 5,9 % en euros constants, l'année 2020 ayant été marquée par une prime exceptionnelle « Covid-19 » et par la montée en charge de mesures prévues dans les accords du Ségur de la santé.

Un agent de la fonction publique hospitalière (FPH) perçoit désormais , en moyenne, 2 463 euros nets par mois en équivalent temps plein .

Elément important à souligner: cette moyenne prend en compte tous les salariés des hôpitaux et des établissements médico-sociaux publics, qu’ils soient fonctionnaires, contractuels ou personnels médicaux.

Ainsi, une analyse plus fine et sectorielle indique que le salaire est en hausse de 8,5 % pour les contractuels et de 2,6 % pour les personnels médicaux.

Si en 2020, les disparités salariales dans la FPH diminuent légèrement, avec une hausse moins forte pour les plus hauts salaires, la Drees précise que le salaire net des femmes est inférieur de 19,1 % à celui des hommes , et qu'à profil comparable, l’écart salarial est de 3,4 %.

Pour les salariés présents toute l’année en 2019 et en 2020 chez le même employeur et avec la même quotité de travail, soit près de deux agents sur trois de la FPH, le salaire net moyen augmente de 7,1 % en euros constants.

 

Pour autant...et au-delà de cette étude qui montre bien des situations très hétérogènes, les réalités du quotidien ( et le baromètre de la MNH dont les résultats viennent d'être publiés) qui vient d'être confirment l'attention qui doit être portée aux conditions de travail des personnels hospitaliers ainsi qu'à l'organisation et à la gouvernance du système de santé

 

 

 

(*) pour en savoir plus: Les salaires dans la fonction publique hospitalière – En 2020, le salaire net moyen augmente de 5,9% en euros constants | Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (solidarites-sante.gouv.fr)