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08 / 03 / 2021 | 272 vues
Vincent Hernandez / Membre
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Hercule : la 7e compagnie à la rescousse d'EDF ?

Depuis des mois, la détermination des salariés, des fédérations syndicales et des élus de la Nation a permis de faire vaciller Hercule. Cette bataille se nourrit de la mobilisation des salariés, du débat démocratique dans les institutions et des médias sur le terrain. Dans cette bataille, les défenseurs du projet Hercule ont subi plusieurs revers et commencent à être excédés ; ils contre-attaquent dans les médias en faisant appel à différents acteurs mais la manœuvre est quelque peu grossière, voire burlesque…

 

Restez groupir !

 

Le premier épisode de cette riposte s’est déroulé à l’Assemblée nationale. Après le Ministre de l’Économie, celui de la Transition écologique et le président d’EDF, c’est Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRÉ) qui a été auditionné par la commission des affaires économiques. Le 3 mars, celui-ci s’est dit « très favorable » au projet Hercule. Pour l’ancien préfet, une telle réforme permettrait à l’entreprise d’investir dans le secteur des énergies renouvelables et de défendre les consommateurs face à la hausse des prix de l’électricité.

 

Cette musique se fait de nouveau entendre… Rappelez-vous lors de l’ouverture du marché de l’électricité et du gaz, dirigeants d’EDF et gouvernement indiquaient que l’ouverture du marché de l’électricité et du gaz ferait baisser les prix et que cela serait une opportunité pour EDF. Comment est-il possible de penser que le personnel, et les citoyens croient à de telles inepties ?

 

Qu'est-ce que vous nagez bien, chef...

 

Le deuxième épisode de la propagande médiatique du groupe EDF s’est traduit par une tribune d’un chef de projet d’EDF (nous ne connaissons pas le projet dont il a la charge mais peut-être que celui-ci porte sur la communication ?). Ce salarié, à qui Le Monde a proposé une tribune, fustige la posture des organisations syndicales qui ont osé boycotter les instances représentatives du personnel pour s’élever contre Hercule.

 

Apparemment, cet agent détient la vérité absolue et sait que les contre-projets proposés par les fédérations syndicales sont chimériques et que la seule solution possible pour l’avenir d’EDF est, selon lui, Hercule. Selon lui ou selon la voix de son maître peut-être ?

 

Le troisième épisode a fait l’objet d’une tribune (toujours dans Le Monde) de l’économiste d’EDF, en charge de l’université de management du groupe au sein du groupe EDF, qui a défendu le projet Hercule en reprenant les arguments exposés par l’exécutif du groupe sans en oublier une ligne. Un peu plus normal comme tribune car ce dirigeant joue son rôle. Rien d’étonnant donc sur la nature des propos, similaires à ceux des consultants très appréciés du Président de la République. Peut-être un brin de nostalgie pour ce dirigeant vu son parcours professionnel ?

 

Ces tribunes ouvertes par le quotidien national, dans un premier temps, nous interpellent tant celles-ci sont grossières et s’apparentent davantage à de la manipulation de masse. Mais surtout cela nous conforte sur le fait de continuer de démontrer que la détermination du personnel n’a pas bougé d’un iota. Car le personnel, ses représentants et les élus de la Nation ne veulent pas de ce projet destructeur répondant uniquement à une logique purement financière et mortifère pour le service public ainsi que pour les enjeux et besoins de la Nation.

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Les Fédérations syndicales FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines ont été reçues en bilatérales les 11 et 12 mars 2021 par les directeurs de cabinets des ministres Barbara POMPILI et Bruno LEMAIRE.

 

Objectif ? Faire un point sur l’avancement des négociations entre la Commission Européenne et le Gouvernement français concernant l’avenir d’EDF, mais surtout essayer de nous convaincre une nouvelle fois du bien-fondé du projet Hercule et des avancées positives des négociations.

 

Les Fédérations syndicales n’ont pas été convaincues par l’argumentation ministérielle.

 

Les Fédérations syndicales FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines appellent les salariés à se mobiliser le 8 avril, jour du 75ème anniversaire de la loi de nationalisation fondatrice d’EDF et de GDF.

 

Cette journée doit aussi marquer l’avenir du service public de l’énergie.

Pas convaincue par l’opération de communication gouvernementale, l’interfédérale s’adresse à la Commission européenne et réitère sa demande de mise en place d’une commission sur l’avenir d’EDF.

 

Le Gouvernement vient de recevoir tour à tour les fédérations syndicales pour leur indiquer être proche d’un accord avec la Commission européenne, accord sur les principes alors que sur les détails où les négociations se poursuivent, rien n’est fait. En l’absence totale de dossier, l’interfédérale dénonce le flou entourant plus que jamais ce projet, et les déclarations contradictoires de ses différents protagonistes.

 

Face à l’inconsistance de la communication gouvernementale qui ne trompe personne, l’interfédérale, plus soudée que jamais, a décidé de solliciter de nouveau la Commission européenne pour tenter de démêler le vrai du faux.

 

L’interfédérale réitère également la demande qu’elle a formulée auprès du Président de la République de mettre en place une commission sur l’avenir d’EDF. Cette commission permettrait d’ouvrir, sous l’égide du Haut-Commissaire au Plan, une concertation ouverte, transparente et sincère, associant toutes les parties prenantes et où chacun jouerait cartes sur table et pourrait faire connaître son bilan de la déréglementation puis faire des propositions pour l’avenir du service public.

 

Faisant suite au courrier adressé au Premier ministre par 84 députés des oppositions et l’interfédérale de la branche professionnelle des Industries Électriques et Gazières représentative du personnel contre le projet « Hercule » de démantèlement d’EDF, une réunion s’est déroulée mercredi 17 mars avec les représentants de Matignon.

 

Que faut-il en retenir ?

 

Le Directeur du Cabinet annonce que le Gouvernement s’apprête à sceller un accord avec la Commission européenne sur l’avenir d’EDF.

 

Un projet de loi devrait être présenté dans les prochaines semaines et discuté au parlement, entre juin et octobre 2021. Le dossier devrait être finalisé avant le début de la campagne pour les élections présidentielles. À ce stade, nous ne connaissons ni les termes précis de l’accord, ni les conséquences sur la structure du groupe. Seules les grandes lignes ont été exposées et aucun document n’a été remis. Nous sommes donc dans la plus grande opacité.

 

Dès le 8 avril, les fédérations syndicales appellent tous les agents et salariés du Groupe EDF à se mobiliser en grève contre ce passage en force annoncé sur une réforme néfaste pour le Groupe EDF et à s’inscrire dans les initiatives qui seront proposées localement par les syndicats.

Depuis plusieurs mois, la nouvelle Réglementation Environnementale, RE2020, a su cristalliser et concentrer « contre elle » de nombreuses filières et fédérations, qu’elles soient professionnelles, syndicales, associatives voire issues de la représentativité locale (maires, députés et sénateurs).

Comme nous l’avons écrit aux Maires de France, l’Interfédérale comprend les objectifs de la transition énergétique et partage celui de la neutralité carbone en 2050, mais elle est surprise du chemin décidé par le Gouvernement pour y parvenir. C’est pourquoi nos 4 fédérations syndicales se sont ainsi mobilisées dès novembre dernier pour faire entendre la voix des salariés de la filière gazière et des réseaux de chaleur, se faisant les porte-voix des quelques 130 000 emplois français directs et indirects « pénalisés et impactés » par cette norme — dont plus de 20 000 emplois IEG dans les infrastructures gazières.