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29 / 04 / 2020 | 476 vues
Rodolphe Helderlé / Journaliste
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Murs Ouverts

« Il faut assurer une rotation entre les salariés qui vont travailler et ceux au chômage partiel » - Éric Scherrer, SECI-UNSA

Pour Éric Scherrer, président du syndicat SECI-UNSA du commerce et des services, il faut veiller à maintenir l’égalité de traitement entre les salariés en négociant un mécanisme de rotation à la semaine (ou plus) entre ceux qui travailleront avec un salaire à 100 % et ceux qui seront au chômage partiel avec 84 % de leur salaire. Il développe cette piste à partir de cette séquence de l’entretien vidéo.


 

Mais avant cela, il souligne le coup de communication des enseignes de la grande distribution sur une prime à 1 000 euros qui ne bénéficiera finalement qu’à peu de salariés. « On se paye des héros pour pas cher », lance Éric Scherrer qui considère que la proratisation de la prime en fonction du temps de présence va à l’encontre de la solidarité entre les salariés. Et celui-ci de rapporter que qu’Elior Service Propreté verse une prime mensuelle de 180 euros à ses salariés qui interviennent pour nettoyer les hôpitaux, notamment les services faisant face au covid-19...


Sur le sujet du chômage partiel, le principe d’une rotation se justifie par le fait que la reprise dans les commerces sera très progressive. Cette organisation va juste plus loin que la dernière ordonnance qui autorise la reprise d’une partie d’équipe seulement. La polyvalence des salariés du secteur permettra de mettre cette rotation en place d’autant plus facilement. Bref, techniquement, il n’y a pas de frein à la mise en application . Outre l’équité en termes de rémunération, cette rotation permettrait aussi à chacun de maintenir ses compétences sans se sentir sur la touche…
 

L’entretien se termine par la difficulté à comprendre la justification des exclusions du calcul de l’indemnité de chômage partiel pour les majorations spécifiques que l’on trouve dans les contrats de travail du secteur du commerce. Jusqu’il y a encore une semaine, les temps partiels en « VSD » (vendredi, samedi et dimanche) perdaient ainsi pas moins d’une journée de salaire...