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21 / 05 / 2021 | 99 vues
Vincent Hernandez / Membre
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Dialogue social dans les IEG : accord de détricotage des acquis sociaux

Le dialogue de branche dans les industries électrique et gazière (IEG) est entré dans une nouvelle ère avec l’accord « dialogue social de branche » signé en début d’année par la CFDT, la CGT et la CGC. Cette nouvelle ère et ce nouvel accord vont dans le sens d’une accélération du détricotage de nos acquis sociaux, laquelle intervient au plus mauvais moment.

 

Symbole probable de la volonté de privilégier la qualité à la quantité, cet accord fait disparaître 12 % des moyens en temps attribués aux fédérations syndicales. La diminution de ces moyens syndicaux sera synonyme d’une diminution des moyens de défense du personnel des industries électrique et gazière, ce qui ne présage rien de bon vu le contexte actuel.

 

Plus sournoisement, cet accord valide la notion d’obsolescence pour des textes statutaires, piliers de la protection octroyée par notre corpus réglementaire, le statut du personnel, les textes « pers » et autres notes et DP. Nous nous interrogeons donc sur la motivation des signataires car leur signature est clairement en décalage avec les discours tenus sur leur volonté de faire respecter les textes règlementaires et le statut…

 

« Le statut, rien que le statut », semble bien éloigné de cet accord…

 

Sous l’impulsion d’une logique libérale, inscrite dans les fondements d’une Europe pourtant rejetée par les Français par référendum, les pouvoirs publics et les employeurs de la branche poursuivent leur œuvre de destruction massive du service public de l’électricité et du gaz, du service public républicain et du statut des IEG. Au passage, c’est encore l'occasion d’amplifier la lutte contre le réchauffement climatique qui est gâchée.
 

Cet accord survient au plus mauvais moment pour les électriciens et les gaziers qui vont être soumis à ce diktat des banques d’affaires. Qu’on l’appelle « Hercule », « mon projet » ou le « grand EDF », le projet de découpage du plus gros groupe de notre branche s’inscrit pleinement dans cette financiarisation déshumanisée.

 

C’est précisément face à ce genre de projet auquel notre organisation s'oppose sans restriction que les électriciens et les gaziers ont besoin de la « protection » statutaire. Il faut renforcer les obligations de reclassement dans les entreprises de la branche, telles que portées par la Pers 212 notamment. Il faut amplifier et pas réduire les obligations de formation « tout au long de la carrière ». Il faut améliorer la mobilité souhaitée (et non subie) entre les entreprises dans la branche. Il faut imposer l’application du statut à toutes entreprises du monde de l’énergie qui produisent, transportent, distribuent et commercialisent et pas seulement pour les opérateurs historiques. Comment peut-on accepter que les nouveaux entrants dans notre branche soient exonérés de mise en œuvre des mêmes dispositions sociales à leurs salariés ? Pour notre fédération, pas d’ambiguïté. Que l’on exploite une centrale nucléaire, un cycle combiné gaz ou une centrale photovoltaïque, on doit appliquer le statut. Il en va de même pour les commerciaux et l’ensemble des activités tertiaires sans lesquelles la machine s’arrête. Finalement, avec un accord tel que celui de ce début d’année, ne pas réagir revient à être spectateur ; c’est ne rien faire et déjà gémir.

 

Une autre voie est possible que celle de cet accord et que celle d’Hercule. C’est pourquoi notre fédération invite toutes les forces vives à se saisir de ces questions et à agir pour ne pas subir.

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