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18 / 05 / 2021 | 147 vues
Etienne Taillebourg / Membre
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Inscrit(e) le 07 / 05 / 2021

Le personnel des RH des pôles de pilotage des ressources des finances publiques : les soutiers oubliés

Le personnel des RH des pôles de pilotage des ressources (PPR) de la DGFIP, parfois oubliés parce que peu visibles de l’extérieur, exercent pourtant des missions essentielles au bon fonctionnement des services. Ces dernières années, ils ont dû faire face aux bourrasques des réformes successives, aux lames de fond des suppressions d’emplois et à la tempête provoquée par le covid-19.

 

Une part importante des effectifs des services de RH en direction transférée vers des plates-formes (CSRH)

 

Suite au déploiement de SIRHIUS en 2018, la direction générale a cru bon d'immédiatement transférer une part importante des effectifs des services de RH de proximité vers des plates-formes (CS-RH et SIA) avec lesquelles les agents ne peuvent plus communiquer que par messagerie. Pourtant, une phase d’acclimatation aurait été bien utile. Autant dire que l’avalanche de réformes dans la gestion du personnel qui a suivi a mené les services de RH de proximité à faire face à des demandes plus nombreuses sur la base d’effectifs sous-dimensionnés.

 

  • La même année, certaines directions ont essuyé les plâtres de la nouvelle application ALOA (affectations locales des agents).
  • Pour répondre à un besoin réel, la multiplication des prîmes sporadiques exige un recensement des ayants droit par les services de RH. primes PAS, covid-19, « forfait mobilité durable » (FMD) et indemnisation des jours de congés non pris.
  • À cette litanie, la rupture conventionnelle s'est ajoutée en 2020, laquelle apparaît dans le paysage des RH et le développement du télétravail devenu prégnant dans le contexte de la crise sanitaire du covid-19.
  • Notre administration a de surcroît anticipé les dispositions de la loi de transformation de la fonction publique de 2019 et, la même année, certaines directions ont essuyé les plâtres de la nouvelle application ALOA.
  • Dans la foulée, les recrutements au choix en A+, y compris à l’extérieur de la DGFIP, sont en passe de devenir la norme et génèrent de nouvelles contraintes pour les services de RH.

 

Instaurer des normes sanitaires inédites et répondre aux sollicitations statistiques de l’administration centrale

 

À peine plus d’un an après la mise en place d’une nouvelle organisation des RH, la crise sanitaire mettait l’intégralité de la sphère des RH sous pression.

 

À la succession des plans de continuité d’activité ou de reprises, l’obligation d'instaurer  des normes sanitaires inédites, de répondre aux sollicitations statistiques de l’administration centrale, de gérer les autorisations spéciales d’absence (ASA), d’établir des relations quasi-permanentes avec la médecine de prévention dans un contexte épidémique jamais rencontré etc. s'est ajoutée pour les services de RH.

 

La gestion des agents en difficulté prend une nouvelle ampleur du fait de la crise sanitaire qui s’ajoute à la prise en charge des agents touchés par le nouveau réseau de proximité (NRP).

 

Quant à l’humain, il a purement et simplement disparu.

 

La direction générale a considéré les services de RH comme un recenseur des aides financières propres à éteindre toutes les velléités de contestation de la part des quémandeurs : indemnité d’accompagnement à la mobilité fonctionnelle (IAMF), prime de restructuration de service (PRS), complément indemnitaire d’accompagnement (CIA), indemnité de départ volontaire (IDV) etc.

 

  • Pour une écoute empathique, la DG a considéré que la plate-forme téléphonique spécifique était une réponse adéquate...

 

De la RH, la direction générale n’a conservé que les ressources ou le peu qu’il en reste. Quant à l’humain, il a purement et simplement disparu. D’où la perte de sens du travail pour les agents en cause qui se débattent entre leur volonté d’accompagner leurs collègues au mieux et le manque de moyens.

 

Notre syndicat condamne par avance toute velléité d’anticipation de gains de productivité.

 

En début d'année prochaine, ces services vont connaître le déploiement d’une application qui sera aussi structurante que l’a été SIRHIUS pour les RH en 2018 : SEMAFOR.

 

FO-DGFIP condamne par avance toute velléité d’anticipation de gains de productivité et de suppressions d’emplois intenables de la part de l’administration. Dans l’immédiat, du fait de la généralisation des stages probatoires à la titularisation, ces services connaissent un surcroît d’activité important aux enjeux non négligeables pour les stagiaires.

 

Mais l’administration a sa réponse : la généralisation des e-formations. Il reste à prouver que ce choix soit le meilleur sur le plan pédagogique.

 

Pour la direction générale, la synthèse est simple : taisez-vous, l’intendance suivra !

 

Les sujets de l'immobilier, de la sûreté, du budget et de la logistique sont exposés comme jamais depuis le début de la crise sanitaire. Une surcharge de travail en résulte, laquelle, espérons-le, fera prendre conscience du rôle primordial de ces agents de « l’ombre » : distribution de masques et de gel et protection des gens et des biens.

 

L’administration a demandé aux agents concernés de se mettre en danger pour assurer la santé de la communauté DGFIP. Concomitamment, ces mêmes équipes sont sur le pont pour faire face à la déferlante du NRP : déménagement, téléphonie, gestion des mobiliers…

 

Pour la direction générale, les choses sont simples : l’intendance doit suivre quoi qu’il en coûte aux agents qui en sont chargés. Nous ne rappellerons jamais assez qu’il n’était pas obligatoire de rajouter des difficultés aux difficultés en refusant toute pause dans les réformes.

 

Sans les cellules informatiques directionnelles (CID), pas de télétravail !

 

Les 40 000 ordinateurs portables qui ont été mis à la disposition du réseau depuis le début de la crise sanitaire ne le sont que par l’engagement professionnel des agents en charge de l’informatique dans les directions.

 

Ces derniers ont dû urgemment paramétrer ces machines au fur et à mesure des arrivages par à-coups. Si le directeur général se vante dans le COM des crédits alloués aux grands projets informatiques ou de la création de la DTNum, la moindre des choses serait de saluer, comme il se doit, les véritables défis qui ont été relevés par ces équipes bien souvent sous-dimensionnés. Cela est d’autant plus impérieux que la montée en puissance du télétravail n’est pas encore finalisée à la DGFIP et qu’il s’inscrit durablement dans les services.

 

Bien sûr, la direction générale n’a pas été avare de mots de remerciements. Elle a été en revanche beaucoup plus économe de reconnaissance concrète.

 

Le moment est donc venu aussi pour les agents affectés dans les missions transverses de cesser d’écoper un bateau surchargé de réformes incessantes. L’administration doit comprendre que l’équipage et les voiles sont sous dimensionnés pour tenir le cap imposé.

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