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16 / 12 / 2019 | 93 vues
Françoise Phelix / Abonné
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Action sociale ministérielle : la complémentaire de santé est la priorité des agents de Bercy

Il y a quelques mois, une enquête a été lancée à la destination des 142 223 agents des ministères économique et financier, actifs et retraités. Près de 20 000 agents ont répondu à la totalité du questionnaire, soit un taux de retour de seulement 12 %.
Ce faible taux invite à la prudence quant à l’exploitation de ces résultats.
 

Concernant la méthodologie, des profils ont été définis selon divers critères :

  • situation familiale (parents et célibataires sans enfant),
  • âge (jeunes et retraités),
  • catégorie (A, B et C),
  • géographique (Île-de-France, province et DOM).

 

Un panel représentatif
 

  • Le questionnaire a été rempli par des agents de catégorie A pour 33 %, de catégorie B pour 43 % et C pour 24 %.
  • 91 % des répondants sont actifs et 9 % des retraités.
  • Les agents ayant répondu au questionnaire se situent majoritairement en province (71 % des réponses), puis en Île-de- France (avec 26 %) et en outre-mer (avec 2,7 %).
  • Les répondants sont essentiellement issus de la DGFIP pour 75 %, suivis de la DGDDI (Douanes) avec moins de 10 %, de l’Administration centrale pour 8 %, de l’INSEE pour 4 % et la DGCCRF (concurrence, consommation et répression des fraudes) pour 3 %. Cette répartition est assez conforme aux effectifs des directions de Bercy.
  • Les tranches d’âge les plus représentatives sont les 46- 60 ans pour 44 % et les 31-45 ans pour 35 %.
  • La tranche d’âge des plus de 60 ans représente 15 % des réponses, celle des 18-30 ans ne représentant que 6 %.
     

Quels domaines de l’action sociale vous semblent les plus importants ?
 

À la lecture des résultats, il ressort que la première préoccupation des agents est la complémentaire de santé pour 35 % ; viennent ensuite la restauration avec 15 %, les difficultés personnelles avec 15 % et enfin le logement avec 10,7 %.
 

Cette enquête confirme qu’une majorité d’agents ne connaît pas les prestations de l’action sociale ministérielle, comme l’ont déjà souligné les audits récemment commandités par le Secrétariat Général.
 

Il est donc nécessaire d’accentuer la communication active par tous supports, comme les courriels ou le développement d’une application spécifique pour smartphone, sans omettre la forme la plus classique, à savoir flyers et catalogues.
 

Par ailleurs, nous  regrettons qu'aucun contact ne figure sur le portail internet de l'action sociale, que ce soit les délégations départementales ou les représentants du personnel au CNAS et dans les CDAS.
 

L’idée du bien-être est l'une des préoccupations que les répondants auraient voulu voir aborder dans cette enquête, comme l’aide à la dépendance pour les retraités ainsi que le manque d’offres pour les célibataires sans enfant.
 

Ces réponses constituent autant de pistes pour accroître l’offre ministérielle en matière d’action sociale.
 

Concernant la complémentaire de santé, 5 % de répondants affirment ne pas être affiliés à une mutuelle. Pour nous, ce constat est d’autant plus inquiétant que la direction n’a pas été en mesure de nous donner des explications.
 

Même si le taux de réponses à cette enquête incite à la prudence, les conclusions nous confortent dans notre analyse et nos positions sur les attentes fortes du personnel en matière d’action sociale.
 

Les problématiques sont en effet bien identifiées par notre fédération et mises en avant dans les instances.
 

Les insatisfactions et manques sont en grande partie la résultante des choix budgétaires successifs.

 

Un réseau menacé

 

Les effets des multiples réformes en cours ou à venir dans nos ministères (géographie revisitée à la DGFIP, réforme du recouvrement à la Douane, réforme territoriale, l’administration centrale, pôle 3 E dans les DIRECCTE etc.) ont et auront inévitablement des effets majeurs sur le quotidien des agents, nécessitant des prestations d’action sociale de haut niveau. La présence des acteurs de l’action sociale au plus près des agents est en cela une impérieuse nécessité.

 

Pourtant, avant l’été, lors d’une réunion des délégués de l’action sociale, la suppression de « petites délégations » dans un proche avenir aurait été annoncée.
 

À ce jour, aucune information, confirmation ou dénégation sur ce sujet n’a été apportée et la définition de « petites délégations » n’a toujours pas été précisée (taille du département, nombre d‘agents etc.).
 

Notre fédération ne pourra jamais cautionner une telle orientation, réponse aux contraintes budgétaires mais loin de répondre au mieux aux attentes du personnel.
 

Faute de ressources suffisantes, les agents de catégorie de C sont particulièrement touchés par les difficultés pour se loger, se nourrir, se protéger et se distraire.
 

Cette enquête doit être vectrice d’améliorations pour tous les agents mais il faut une volonté politique ministérielle.
 

Le ministre Gérald Darmanin a affirmé « qu’il n’y aurait pas de baisse significative » du budget de l’action sociale dans le projet de loi de finances 2020, ce qui semble être le cas même si, à l’heure où ces lignes sont écrites, le CNAS budgétaire n’a pas encore eu lieu.
 

La prédominance de la question relative à la protection sociale complémentaire, certainement renforcée par l’inquiétude plus générale sur les services de santé dans notre pays, rend la question de la participation de l’État employeur dans celle-ci d'autant plus prégnante.
 

Les résultats concordent pour la plupart avec les études similaires mais avec de nouveaux points d’attention. Cette enquête constitue une photographie des attentes du personnel actif et retraité des ministères économique et financier.
 

Afin de les satisfaire, notre organisation syndicale entend bien continuer à défendre et vouloir améliorer l’action sociale des ministères économique et financier.

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