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18 / 02 / 2014
Bernard Salengro / Abonné
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Médecine du travail : le gouvernement met délibérément la santé au travail des salariés en danger

La récente réforme de la santé au travail que la CFE-CGC a accompagné devait permettre une meilleure action de prévention sur les conditions de travail. Malheureusement, les Ministères du Travail et de l’Éducation ne font pas respecter les consignes affichées aux universitaires de médecine.

La formation universitaire en santé au travail souffre de plusieurs maux. 

  • Le manque de connaissance des jeunes médecins lorsqu’ils choisissent leur spécialité : on ne leur a jamais parlé de mode d’exercice en santé au travail pourtant très intéressant et très utile ; de ce fait, ils ne le choisissent pas. Les doyens de médecine ont la responsabilité d’introduire cette connaissance lors des premières années de médecine.
  • Le manque de stages de formation pour les jeunes internes en formation (ANIMT) : « les internes en médecine du travail de Champagne-Ardenne sont confrontés à une insuffisance notable de ces stages » et ce n’est que l’un des exemples signalés par l’association des internes.
  • Le manque de prise en compte de l’expérience acquise des médecins des autres spécialités (y compris médecine générale) aboutissant à un labyrinthe décourageant pour les nombreux candidats qui voudraient changer de spécialité et devenir médecins du travail.
  • Le manque de reconnaissance de la formation des infirmières qui se spécialisent en santé au travail, leur niveau relève du master !
  • Le manque d’assurance de la qualité des différents intervenants techniques (toxicologues, ergonomes, psychologues du travail, hygiénistes etc..)
La CFE-CGC santé au travail exige du gouvernement qu’il assure la formation des professionnels nécessités par les besoins en santé au travail et n’admet pas ce manque alors que les produits chimiques les plus divers envahissent les lieux de travail et que les risques psycho-sociaux explosent.

Il y a mise en danger délibérée des salariés de la part du gouvernement. C’est d’autant plus provocant que dans l’accord du 13 septembre 2000 signé par les partenaires sociaux, il était inscrit sur la première page :

« Les partenaires sociaux sont conscients de la pénurie en médecins du travail. En conséquence, ils invitent les pouvoirs publics à :
  • repenser la politique du numerus clausus dans la spécialité ;
  • mettre en œuvre la reconversion d’un certain nombre de médecins en exercice vers cette spécialité, en liaison avec l’assurance maladie ».
Si les gouvernants étaient responsables, quatorze ans après il n’y aurait pas le problème avec une telle acuité.
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