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20 / 02 / 2013 | 24 vues
Jean-Michel Roulle / Membre
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Gestes de premiers secours : une responsabilité citoyenne

Pendant longtemps, les citoyens ont été tenus à l’écart du secours à la personne, considérant que la gravité des situations imposait une réponse professionnelle. Pourtant, l’intervention rapide d’un témoin peut non seulement améliorer les chances de survie de la victime mais aussi réduire les risques de lourdes séquelles.

Par exemple, la dispensation des bons gestes de réanimation par un témoin, immédiatement après un arrêt cardiaque, peut doubler voire tripler les chances de survie. À Seattle, le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque devant témoin atteint ainsi les 50 %.

En France :
  • 50 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque par an et seuls 3 % y survivent ;
  • les accidents de la vie courante font 11 millions de blessés par an et 19 000 morts,  soit cinq fois plus que les morts sur la route ;
  • 1 500 000 personnes apprennent les gestes qui sauvent chaque année. La majorité de la population n’est pas formée alors que 95 % des Norvégiens le sont ;
  • 3 lignes nationales d’urgence (le 15, le 17 et le 18) cohabitent avec le 112, numéro d’appel commun aux pays de l’Union européenne. Un système peu lisible pour l’usager ;
  • entre 60 000 et 100 000 défibrillateurs sur le territoire, mais difficilement localisables.

Le Centre d’analyse stratégique émet 6 propositions pour rendre plus efficaces et effectives les politiques incitant l’action citoyenne en cas d’urgence, dont :

  1. engager le processus de remplacement des lignes d’urgence (15 et 18) par le numéro d’urgence européen (112) ;
  2. créer une base de données publique recensant l’ensemble des points d’implantation des défibrillateurs ;
  3. envisager la création d’un crédit d’impôt pour toute personne se formant, sur son temps personnel, aux gestes de premiers secours auprès d’une association ;
  4. dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, former l’ensemble du personnel éducatif aux gestes d’urgence ;
  5. rénover les modes d’information sur les gestes de premiers secours pour les rendre plus accessibles, plus faciles à retenir et à exécuter ;
  6. dispenser dans les maternités des formations aux jeunes parents, alliant conseils préventifs et gestes de premiers secours.

Combiner formation au secourisme à l’âge scolaire et sensibilisation aux gestes de premiers secours et aux messages préventifs tout au long de la vie devrait permettre une action citoyenne plus affirmée et efficace lorsqu’un accident survient.

Retrouvez l’intégralité de la note et le détail des propositions.

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Cette note du C.A.S ne fait que confirmer ce que nous disons depuis quarante ans. Mais les chiffres sont faux, nous les préciserons prochainement. Le premier cri d'alarme a été lancé en 1957 par le Professeur Marcel ARNAUD à propos des accidents de la route et de leurs conséquences dramatiques. Nous avons proposé aux pouvoirs publics (depuis 1967) de mettre en place une formation (pratique - stage de 4 heures) des candidats aux permis de conduire aux "5 gestes qui sauvent" face à un accident de la route. En 1998, nous pouvions épargner environ 1000 blessés en détresse qui sont morts avant l'arrivée des secours ! Aujourd'hui, l'Académie de médecine (rapport de juin 2010) l'a chiffré à 300 ! Nous sommes un pays dont les dirigeants donnent souvent des leçons aux autres mais nous sommes nous-mêmes bien irresponsables pour certaines décisions que nous sommes incapables de prendre, par inertie, incompétence ou, s'agisant du secourisme, parce qu'il s'agit d'un domaine inconnu donc non prioriétaire ! Didier BURGGRAEVE, président du CAPSU. Voir site secourisme.net