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16 / 04 / 2012 | 2 vues
Victor Waknine / Membre
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La compétitivité française ne se limite pas aux coûts salariaux, loin de là...

En 2010, la non-qualité de vie au travail  dans les entreprises et services publics a généré des coûts cachés organisationnels, estimés à 11K€ par an et par salarié.

L’effet des mouvements forcés de main d’œuvre représente à lui seul 72 %, soit près de 8000 €, suivi par l’absentéisme et les journées non travaillées pour accidents de travail et maladies professionnelles, pour 3000 €.

À titre d'exemple, l’État, premier employeur de France (1 salarié sur 4) engage de profonds changements organisationnels qui, si mal maitrisés, sont générateurs de mauvaises conditions de travail.

Les principales racines sont l’ouverture à la concurrence des services publics, la RGPP et la LOLF, qui entrainent des bouleversements organisationnels certes nécessaires, mais dont les coûts cachés cumulés deviennent considérables.

Cette estimation basée sur l’étude statistique 2010 de l’IBET© (indice de bien-être au travail) fait ressortir un IBET global au niveau national de 0,77, soit un TMET (taux de mal-être au travail) de 23 % et un climat socio-organisationnel  « contraint ».

Les TMET, qui représentent une dégradation de la masse salariale de 23 %, se répartissant ainsi :

  • pour 72 %, le taux de sorties forcées de main d’œuvre, soit 7 920 €/salarié ;
  • pour 20 %, le taux d’absentéisme pour maladie ordinaire du au mal-être au travail, soit 2 200€/salarié ;
  • pour 8 %, le taux d’arrêts pour accidents du travail, maladies professionnelles et accidents de trajet, soit 880 €/salarié.

Soit un total annuel de coûts cachés par salarié d’environ 11 000 € *.

* Sources INSEE, le salaire mensuel brut moyen étant de 2 753 € dans le privé et semi-public, aboutit à un coût caché de : 2 753 X 12 X 1,45 (charges sociales) X  0,23 (TMET) = 11 017 €.

Appliqué à l’emploi dans le secteur public, le coût global de cette dégradation du climat socio-organisationnel s’élèverait à environ 66 milliards d'eirps (6 millions de salariés X 11 K€), soit un équivalent de 44 % du déficit public 2010 (149 milliards d'euros).

 

Compte tenu de notre excellente productivité, la compétitivité de nos entreprises et services publics réside davantage dans la qualité de la prescription du travail, responsabilité des directions, dans la qualité de l’exécution du travail par le management intermédiaire et les collaborateurs, que dans les seuls coûts salariaux si souvent pointés du doigt.

  • Les réorganisations des collectifs de travail se préparent en amont par la mesure objective des conséquences et de leur prise en compte dans la redéfinition des métiers et des services attendus. L’atteinte à marche forcée d’indicateurs imposés sans concertation, nécessite une régulation harmonieuse avec  la dynamique de qualité de vie au travail, ce qui induit des coûts cachés venant absorber les économies espérées.
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