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10 / 07 / 2026 | 9 vues
Hélène Fauvel / Abonné
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Souveraineté numérique, une impérieuse nécessité: organiser la coopération entre le public, le privé et les communs numériques

Compte tenu de la place croissante et rapide de l'IA avec les nombreux et multiples questionnements qu'elle engendre, les réflexions (légitimes et nécessaires) ne manquent pas.

 

La dépendance française et européenne aux acteurs étrangers en matière d’infrastructures numériques interroge notre capacité à en maîtriser les risques.

 

Le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique , instance indépendante placée auprès de la ministre chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, qui a pour mission d’étudier toute question relative au développement du numérique et de l’intelligence artificielle ainsi que leur impact sur la société, l’économie et les territoires a publié il y a quelques semaines un rapport qui apporte un éclairage important sur ce dossier.

 

Il livre ses réflexions et propose une feuille de route vers une coordination public-privé-communs renforcée au service de la souveraineté numérique.

 

Les éléments de constat  à retenir:

 

Le numérique est dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes. Cette dépendance expose les citoyens, administrations et entreprises à des risques massifs et de nature variée : économiques, de sécurité et de surveillance, politiques et de gouvernance.

 

La souveraineté numérique constitue à ce titre une préoccupation collective en France et en Europe, dans les administrations publiques comme dans les entreprises, mais aussi chez les citoyens.

 

Le sujet était jugé prioritaire par une majorité des 6 000 répondants à la consultation citoyenne   menée en début d’année.
 

Au terme d’un cycle d’auditions complet, associant une trentaine de parties prenantes issues du secteur public en France et en Europe, du secteur privé, de l’écosystème des communs numériques, du logiciel libre et de l'open source, des fédérations professionnelles et de la recherche, ce rapport propose une feuille de route vers une coordination public-privé-communs renforcée au service de la souveraineté numérique.

 

Les principales recommandations:

 

Le  rapport préconise de rompre les silos et sortir du dualisme public-privé par des coalitions capables de fédérer les acteurs autour de projets communs, afin qu’ils coopèrent dans l’élaboration de solutions souveraines plutôt qu’ils ne se concurrencent. Il se saisit, aussi, du contexte favorable de création de l’Ariane, nouvelle autorité du numérique et de l’intelligence artificielle, pour penser cette logique de coalition.

 

Cette ambition suppose un changement de culture et nécessite une définition claire des rôles et des moyens renforcés pour opérer et animer les communautés.

 

Pour concrétiser cette vision, ce rapport préconise la création d’une Fabrique des Communs Numériques qui serait d’identifier les briques prioritaires via une cartographie dynamique des dépendances, de fédérer les acteurs publics, privés et communautés des communs numériques et de piloter le développement et la pérennisation de briques ouvertes co-construites.

 

Pour le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique, la souveraineté numérique ne peut se construire dans un cadre national isolé et ces efforts doivent impérativement être projetés à l’échelle européenne.

 

 Ils doivent en particulier s’inscrire dans l’EDIC Digital Commons dont le mandat peut être renforcé et élargi pour en faire le pivot européen des communs numériques en lui confiant trois missions clés :

  • Cartographier systématiquement les projets existants pour éviter les redondances et favoriser les synergies ;
  • Financer les communs stratégiques déjà éprouvés ;
  • Animer la communauté afin de garantir une coordination efficace et une gouvernance équilibrée.

 

(1) Lire le rapport

 

 

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