Participatif
ACCÈS PUBLIC
25 / 03 / 2026 | 20 vues
Jacky Lesueur / Abonné
Articles : 2243
Inscrit(e) le 04 / 03 / 2008

Le CESE appelle à consolider et organiser la défense des principes démocratiques face aux stratégies anti-genre

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a examiné en séance plénière le 25 mars  une résolution  consacrée aux stratégies des mouvements dits « anti-genre », portée par la Délégation aux Droits des femmes et à l’égalité (DDFE) et rapportée par sa présidente Agathe Hamel. (qui représente le Forum français de la jeunesse au sein du groupe des Organisations étudiantes et des mouvements de jeunesse) 

 

Près de cinq ans après l’adoption à l’unanimité d’une première résolution en faveur des droits des femmes, le CESE inscrit cette nouvelle initiative dans une logique de continuité, de vigilance et d’action. Il affirme sa volonté d’assumer pleinement sa fonction de vigie démocratique et de contribuer, avec les organisations de la société civile, à la défense des droits humains, de l’égalité et de l’État de droit.


Cette résolution (*) se veut ainsi un point d’appui pour consolider les alliances, organiser la réponse collective et défendre durablement les principes démocratiques qui fondent notre pacte républicain.


Au cours des cinq dernières années, plus d’un milliard de dollars auraient été mobilisés pour structurer et amplifier leur présence en Europe et accroître leur audience dans le débat public.


Dans un contexte de remise en cause croissante des droits des femmes et, plus largement, des libertés fondamentales, le CESE entend poser un diagnostic partagé et appeler à une mobilisation de la société civile organisée autour de la défense des valeurs démocratiques.

 

Longtemps perçus comme marginaux, ces mouvements se sont progressivement structurés en réseaux d’influence capables d’intervenir durablement dans le débat public. Leur développement s’inscrit dans un projet plus large de remise en cause progressive de principes fondamentaux, au premier rang desquels l’égalité entre les personnes et le respect des libertés fondamentales.


Cette évolution ne procède pas toujours par rupture frontale, mais par des stratégies d’influence multiples, financements, structuration de réseaux, relais médiatiques et politiques, qui rendent ces dynamiques à la fois diffuses, progressives et plus difficiles à appréhender. La question posée dépasse ainsi le seul champ sociétal pour engager directement la solidité du socle démocratique.

 

Face à ce constat, le Conseil Economique, Social et Environnemental  appelle d’abord à protéger notre socle commun et notre héritage démocratique. Il rappelle que l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des libertés fondamentales, l’indépendance de la justice, la liberté de la recherche, la pluralité médiatique et l’attachement au droit international ne sont pas des principes accessoires, mais les fondations mêmes de la démocratie. À ce titre, le CESE encourage le maintien et le développement d’une diplomatie féministe sur la scène internationale, qu’il considère comme un instrument d’influence nécessaire et un levier indispensable pour construire des sociétés pacifiques, justes et inclusives.

 

La résolution alerte également sur les attaques contre l’État de droit et la légitimité des institutions. Le discrédit jeté sur les décisions de justice, les juridictions ou les savoirs scientifiques fragilise directement les conditions d’un débat public fondé sur des faits et sur le respect des règles communes. Le CESE appelle ainsi à soutenir et protéger le monde académique, en particulier les recherches et enseignements qui éclairent les enjeux d’égalité, et réaffirme la nécessité de défendre les conditions d’élaboration d’une information fiable, indépendante et pluraliste, dans un contexte marqué par la concentration croissante des médias, les tensions informationnelles et les phénomènes d’intimidation.

 

Le CESE souligne dans le même temps que la défense des principes démocratiques ne peut se limiter à une logique de réaction. Elle suppose de renforcer les espaces où se construit le commun. École, services publics, monde associatif, dialogue social, engagement bénévole : tous ces lieux sont essentiels pour faire vivre la cohésion sociale, l’esprit critique, le respect d’autrui et la capacité à débattre. Leur fragilisation nourrit au contraire l’isolement, le sentiment d’abandon et le repli, sur lesquels prospèrent les discours de rupture. Il  appelle donc à réinvestir dans ces espaces de socialisation, à garantir un accès effectif aux services publics et à soutenir durablement les associations, dont le rôle démocratique est déterminant.

 

La résolution met enfin l’accent sur la nécessité de construire des réponses collectives. Le CESE réaffirme le rôle essentiel des corps intermédiaires, des espaces de délibération et des coalitions de la société civile pour faire face à des stratégies qui visent aussi à désintermédier le débat public et à affaiblir les lieux de compromis. Il rappelle que, lorsqu’elle est organisée, la société civile peut faire progresser les droits, préserver les acquis démocratiques et faire émerger des réponses communes face aux offensives réactionnaires. À cet égard, les mobilisations féministes, par leur capacité à articuler les luttes, à construire des alliances et à porter des récits collectifs, constituent pour le CESE une source d’inspiration précieuse.

 

Près de cinq ans après l’adoption à l’unanimité d’une première résolution en faveur des droits des femmes, le CESE inscrit cette nouvelle initiative dans une logique de continuité, de vigilance et d’action. Il affirme sa volonté d’assumer pleinement sa fonction de vigie démocratique et de contribuer, avec les organisations de la société civile, à la défense des droits humains, de l’égalité et de l’État de droit. Cette résolution se veut ainsi un point d’appui pour consolider les alliances, organiser la réponse collective et défendre durablement les principes démocratiques qui fondent notre pacte républicain.

 

Cette résolution à été rapportée par Agathe Hamel qui représente le Forum français de la jeunesse au sein du groupe des Organisations étudiantes et des mouvements de jeunesse. Elle est présidente de la délégation aux Droits des femmes et à l’égalité du CESE.

 

(*) https://www.lecese.fr/actualites/consolider-et-organiser-la-defense-de-nos-principes-democratiques-face-aux-strategies-anti-genre

Pas encore de commentaires