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23 / 01 / 2017 | 3 vues
Didier Cozin / Membre
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Le CPA, une nouvelle coquille vide qui stocke les problèmes de compétences au lieu de les résoudre (IIème partie)

Comme exposé dans la première partie, compter ses heures de formation ne rend pas plus compétent. On peut se demander si une énième réforme ou des compteurs peuvent réellement sauver la formation en France.

CPA, CPF, CEC et comptes de pénibilité : des compteurs qui empêchent les travailleurs de changer et d'apprendre

Le travail va mal en France : il est non seulement sinistré (avec près d'un tiers de la population active sans emploi ou occupant un emploi dégradé) mais il ne prépare en rien à cette nouvelle économie faite de connaissances et de numérique.

Personne ne sait si, en 2025, nos emplois auront pour moitié disparu ou si seulement 10 % seront bouleversés par la numérisation mais il est à craindre que notre pays aura encore une guerre de retard : formant selon de vieux modèles pour qualifier des travailleurs dans un monde qui disparaît sous les coups du numérique, de l'uberisation et de la globalisation.

Comment sortir des logiques du XIXème siècle ?


En 2017, si notre pays ne veut plus se payer de mots et réellement combler les lacunes professionnelles et éducatives du pays, il faudra :

  • restaurer l'équité éducative en laissant de côté l'école de Jules Ferry, son culte du diplôme ou des statuts construits pour une société industrielle devenue introuvable ;
  • instaurer une obligation de formation pour tous avec des cofinancements et une coresponsabilité employeurs et salariés ;
  • sortir de la logique stupide de capitalisation de droits ou d'heures : personne ne songe à se former parce qu'il aurait atteint un capital d'heures et la formation est devenue une dynamique et une culture, pas un compteur.

Sans formation ni compétences nouvelles, notre pays est condamné au déclin économique, social et professionnel.

« On commence à mourir quand on cesse d'apprendre », Albert Einstein

La société de la connaissance et de l'information est un nouveau modèle de développement où la connaissance devient à la fois le moteur et le carburant de l'activité.

  • Chacun doit apprendre tout au long de sa vie (y compris après la vie active), sans relâche ni reports.
  • Chacun doit devenir mobile, entreprenant, soucieux de s'adapter, de reconstruire ses compétences, de remettre en question ce qu'il sait ou croyait savoir (apprendre, désapprendre et réapprendre).
  • Le capital humain est devenu le plus important atout des individus, des organisations et des pays.

En 1977, le rapport Nora-Minc expliquait aux Français que le monde allait changer et s'informatiser et que notre société et le travail en seraient bouleversés.

Quarante ans plus tard, prétendre imposer des systèmes d'informations comme le CPF ou le CPA, des compteurs complexes, bureaucratiques et sans financements n'apporte aucune solution apprenante aux travailleurs. On apprend désormais plus juste durant l'enfance ou par à-coups (pour acquérir une qualification).

Rien ne sert de multiplier les infrastructures ou de moderniser l'outil de travail dans un pays si personne n'investit (ni ne s'investit) dans le développement des compétences. 

Nouveau concept, la « learnability » ou capacité à apprendre tout au long de la vie

À Davos, en 2017 on ne parle plus guère d'employabilité, un ancien concept des ressources humaines, mais désormais de « learnability », cette capacité à apprendre tout au long de la vie.

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