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02 / 09 / 2014 | 8 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Complémentaires de santé : regard de la Mutuelle Générale sur les évolutions

Les évolutions sur l'environnement des complémentaires de santé, sous la pression des contraintes structurelles ou réglementaires et législatives de toutes sortes, se sont nettement accélérées ces dernières années et vont à l'évidence se poursuivre.

En cette rentrée sociale, Patrick Sagon président de la Mutuelle Générale a bien voulu nous donner son sentiment en répondant à quelques questions.

Quel regard portez-vous sur les évolutions de l’environnement des complémentaires de santé ?


Patrick Sagon : Avec l’accélération des mutations de notre environnement, le secteur de la complémentaire de santé connaît une quadruple banalisation qui impose les mêmes règles aux trois familles d’acteurs (mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs) : réglementaire (encadrement croissant des contrats santé avec CMU-C, ACS, prochaine rénovation des contrats solidaires et responsables, socle ANI…), prudentielle (directive Solvabilité II), fiscale et économique (taxe CMU-C, TSCA, impôt sur les sociétés).

Point d’orgue de ces mutations : l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013 qui, avec la généralisation de la complémentaire de santé à tous les salariés, va modifier en profondeur notre secteur.

L’ANI opérant un transfert de l’individuel vers le collectif, le modèle mutualiste est de fait controversé dans ses principes et voit son champ de la mutualisation considérablement réduit. Le modèle paritaire est également fragilisé en particulier par la suppression de la clause de désignation qui signifie concrètement la disparition d’un marché relativement captif en collectif.

La distribution d’une offre de santé de plus en plus standardisée et la concurrence exacerbée entre les opérateurs vont mettre sous tension les marges techniques en santé. La stratégie des organismes complémentaires en est dès lors fondamentalement bousculée, l’optimisation des coûts exigeant une nécessaire industrialisation qui entraîne une inévitable accélération de la concentration des acteurs.

Comment s'adapter à ces mutations ?

P. S. : Une réponse aujourd’hui pertinente face à ces mutations (uniformisation des règles, érosion des marges…) est effectivement une stratégie d’alliance. Dans cet environnement mouvant, combinant l’ANI et la standardisation de la complémentaire de santé, les deux familles d’acteurs mutualistes et paritaires ont l’opportunité de mettre en place de nouvelles structures organisationnelles en assurance de personnes.

En effet, seuls d’importants groupes auront demain la capacité d’instaurer un nouveau modèle de protection sociale complémentaire portant toute l’assurance de personnes : la prévoyance classique (santé, incapacité-invalidité, décès et obsèques) mais aussi les solutions à d’autres besoins que sont l’épargne retraite, la dépendance et l’ensemble des services associés. Une approche collective nous semble plus adaptée pour relever demain de nouveaux défis sociaux tels que la prise en charge de la dépendance, notamment au travers d’accords de branche qui permettent une mutualisation suffisante et par conséquent des coûts optimisés.

Et la Mutuelle Générale dans tout ça?

P. S. : Depuis sa création en 1945, la Mutuelle Générale a toujours su faire preuve d’une grande agilité pour s’adapter aux évolutions de son environnement, transformant chaque nouvelle contrainte en opportunité favorable à sa pérennité.

Ainsi, en 2008, elle s’est ouverte avec succès au grand public. Elle a également su anticiper l’ANI en se préparant, dès 2012, à adresser les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE). Aujourd’hui, son expertise en collectif avec plus de 50 % des cotisations collectées, sa capacité à intégrer des contrats collectifs importants, l’enrichissement de son offre de produits et services ainsi que sa notoriété constituent de véritables forces face à l’ANI.

Nouvelle étape dans cette dynamique de transformation, la construction d’un groupe d’assurance de personnes avec un partenaire figure au cœur du plan stratégique 2014-2016 de la Mutuelle Générale.

 

Où en êtes-vous du choix de ce partenaire ?

P. S. : Tout d’abord, ce partenariat doit reposer sur quelques principes fondamentaux.

Pour être demain un acteur majeur en assurance de personnes, il s’agit de construire un partenariat de développement durable et structurant, offrant des leviers de croissance pour couvrir, grâce à une offre globale, tous les segments de marché en individuel comme en collectif.

Ce partenariat (*) doit s’inscrire dans de véritables synergies partagées, dans le respect de la vision de la protection sociale et des valeurs mutualistes de la Mutuelle Générale, parmi lesquelles la non-lucrativité .

Début 2014, nous avons retenu deux projets, étudiés de manière approfondie, parmi les dossiers examinés durant l’année 2013. Le conseil d’administration de septembre 2014 devrait décider d’entrer en négociation exclusive avec l’un des deux partenaires pressentis.

La Mutuelle Générale poursuit ainsi la construction de son avenir pour préserver les intérêts de l’ensemble de ses adhérents. 

(*) NDLR: Le choix est, officiellement, ouvert entre le groupe Humanis et le groupe Malakoff-Médéric.

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