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20 / 11 / 2018 | 6 vues
Philippe Charry / Abonné
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Rapprochement de la Poste et de la CNP : quels investissements ?

La Poste annonce l’achèvement de l'opération rapprochement avec la CNP pour l’année prochaine à cette même date.
 
Pour notre fédération, c’est la reconnaissance de notre rôle de distributeur, que nous remplissons depuis des années. Cela permettra de faciliter les relations entre conseillers bancaires et clients. Au regard de nos résultats et des difficultés sur le service après vente, il est grand temps !
 
Selon la Poste, la Banque Postale est une banque qui ne sélectionne pas ses clients, contrairement aux autres réseaux. Elle a des missions de service public contrôlées par Bruxelles et bénéficie à ce titre de compensations financières de l’État. Il faudra le dire à tous les clients pour lesquels le conseiller est obligé de renoncer à faire une ouverture, faute d’une domiciliation de revenus suffisante.

Quel est alors l’avenir de la CNP au sein de notre groupe ?

La Poste déclare que la CNP ne sera pas une filiale captive de la Banque Postale : entendons par là qu’elle aura d’autres partenaires que nous. Elle gardera donc un modèle ouvert à l’international.
 
Se pose alors la question de la pertinence des investissements, comme par exemple au Brésil, pays aussi instable économiquement que politiquement… La réponse du président du groupe est simple : « pour gagner de l’argent, il faut savoir prendre des risques ».
 
Le président assure que nous aurons beaucoup plus d’influence sur les taux des rendements mais pas au détriment des autres partenaires. BPCE devrait garder ses 120 milliards d'euros d’encours (en même temps, il est difficile de faire autrement et cette dernière n’a pas non plus émis la volonté de partir…).

Comment ce pôle financier public va-t-il fonctionner sans que les différentes composantes ne se disputent les clients ?

Rappelons que notre organisation syndicale est favorable à la création d’un pôle financier public, nous le revendiquons depuis la création de la Banque Postale en 2006.
 
Il n’y aura pas de « friction » sur le marché des particuliers : dans le pôle public, tel qu’il sera constitué, seule la Banque Postale est une banque de détail. Sur le marché des PME/PMI, pas d’incidence non plus car la BPI reste une banque de développement qui ne fait pas de crédit en propre et qui assure seulement les déficiences du marché.
 
Sur le secteur public, la Caisse des dépôts et consignations n’a pas le droit de faire des opérations concurrentielles : c’est également une banque de développement. La Banque Postale propose des prêts d’une durée maximale de 25 ans et la Caisse des dépôts le fait sur des durées plus importantes, à savoir sur 30, 40, 50 ou 60 ans.
 
Si quelques frictions devaient surgir, elles resteraient somme toute mineures, selon la Poste.

Et l’emploi ?

La Poste affirme qu’il n’y aura aucune suppression d’emploi liée à cette opération. Prudence et vigilance restent de rigueur au regard d’éventuelles harmonisations des back-offices d’une part et d’autre part, au regard du maillage du réseau, toujours dans le collimateur lorsque des économies sont à faire.
 
Si des inquiétudes voient le jour s’agissant de l’hégémonie du pôle bancaire dans notre groupe, la Poste tente encore une fois de nous rassurer : nous resterons sur un groupe avec un modèle de multi-activités.

Comment rétribuerons-nous notre nouvel actionnaire et comment la CNP rétribuera-t-elle son actionnaire majoritaire ?

La Poste affirme que c’est un projet de développement. Pour FO, ce dernier doit être accompagné d’investissements lourds pour les SI et le back-office, si la volonté est véritablement que ce projet soit une réussite.
 
La CNP distribue 40 % de son résultat net et conserve le reste. La Banque Postale distribue 45 % de son résultat à La Poste. Peut-être y aura-t-il un contrat entre la Caisse des dépôts et consignations, l’État et la Poste pour le paiement d’un dividende mais rien n’est sûr à l’heure actuelle.
 
Pour notre fédération, cela reste le principal point d’inquiétude. Quels investissements fera la Poste quand elle aura de meilleurs ratios financiers et avec les dividendes de la CNP ?
 
Nous voulons des investissements sur le territoire français pour garantir de l’emploi aux postiers et avoir des actionnaires raisonnables et responsables, qui prennent nos dimensions de service public en considération.
 
La Caisse des dépôts et consignations était jusqu’alors un actionnaire minoritaire très exigeant, au point de peser sur certaines décisions stratégiques. Cela ne changera surement pas dans le futur.
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