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06 / 08 / 2019 | 680 vues
Cgt Macif Idf / Membre
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Vente de Socram Banque : les élus CGT ont alerté la direction de la MACIF dès 2014

Le Crédit Mutuel Arkéa va racheter Socram Banque, dont Macif était le principal actionnaire. Lors de son achat, Arkea a négocié la reprise de 150 salariés mais a refusé de prendre la totalité des effectifs, en laissant 60 à reclasser. C'est un signal très inquiétant. Si la direction de la Macif se veut rassurante, on peut s'interroger sur le choix d'Arkea qui semble bien loin des valeurs mutualistes et de prôner l'économie sociale.


Finalement, on peut vraiment se demander pourquoi la Macif (principal actionnaire de la Socram Banque) doit se séparer ainsi d'une filiale qui a toujours été très rentable pour le groupe. En effet, avant de devenir Socram Banque, l'activité principale de Socram était le crédit automobile. Une activité rentable et solide qui a fait les beaux jours de la Macif.
En 2009 la direction de la Macif a décidé de lancer dans l'activité bancaire alors que de nombreux acteurs du secteur de l'assurance y avaient renoncé. L'activité bancaire a demandé d'énormes efforts financiers et humains alors que l'activité de crédit, parfaitement rentable et performante, a été mise de côté pendant ce temps-là. Si bien qu'au lieu de rénover et d'adapter le crédit automobile, la direction de la Macif s'est entêtée à vouloir commercialiser une offre bancaire inadaptée avec un plan de développement bancal qui ne proposait même pas de crédit immobilier.




Le temps des ressources allouées pour que les salariés proposent et vendent ce crédit a été énorme. Il fallait sans cesse proposer l'offre bancaire qui allait soi-disant fidéliser les sociétaires. Mais les résultats se sont très vite avérés en deçà de ce que l'on attendait. Les conseillers en agence ont délaissé les produits classiques pour se consacrer au développement de l'activité bancaire. Les pertes engendrées par cette activité chronophage n'ont pas été mesurées. En revanche, le foyer de perte de l'activité bancaire s'élève aujourd'hui à 180 millions.

 

Cette terrible erreur stratégique aura eu la peau de la Socram.

 

Pressés par une direction obstinée, les conseillers en agence se sont épuisés à essayer de commercialiser ce produit et, chaque année, la Macif devait renflouer une activité bancaire déficitaire. Les élus CGT alertent la direction depuis longtemps concernant le développement de l'activité bancaire. Dès 2014, les élus du CCE, après avoir demandé une expertise, ont demandé le chiffrage de l'arrêt de cette activité. Comme d'habitude, la direction n'a voulu en faire qu'à sa tête et, les yeux plus gros que le ventre, elle s'est obstinée dans le développement de l'activité bancaire avec le résultat que l'on connaît d'aujourd'hui.


Inquiète du développement de l'activité, la BPCE a décidé de se retirer de son partenariat et la direction de la Macif va donc vendre Socram Banque à Arkea au pied du mur, avec un gâchis humain et financier.


Ce n'est pas la première fois que les choix stratégiques de la direction de la Macif sont  douteux et menacent la périnité de l'entreprise. Rappelons-nous de MACIFILIA , terrible erreur stratégique et organisationnelle de la direction, qui avait coûté 500 millions à la Macif et dont le groupe se remet à peine.


La direction ne cesse de dire que les élus CGT sont des oiseaux de mauvais augure et ne vont pas dans le sens de l'avenir de l'entreprise. Au contraire, à chaque fois en pleine conscience, les élus évaluent les risques encourus par l'entreprise et les salariés et donnent un avis éclairé et réaliste. 
 

Retour sur l'expertise de 2014


Voici le contenu d'un tract sorti en 2014, soit plus de 5 ans avant la vente de la Socram Banque qui alertait la direction de la Macif sur la pertinence du développement de l'activité bancaire au sein de la Macif :

L’expertise sur la banque de Secafi (expert du CCE) était à l’ordre du jour d’une réunion exceptionnelle de la commission économique du CCE le 8 juillet 2014.

Sur les coûts, le rapport de l’expert du CCE nous dit que :

  • l’estimation du coût cumulé de la banque à fin 2013 se situe entre 76 et 106 millions d'euros ;
  • ce même coût est estimé entre 150 et 193 millions d'euros à fin 2019 ;
  • cette évaluation est faite hors coûts d’opportunités (moyens dont la Macif est privée pour se lancer dans d’autres projets) ;
  • le temps consacré à l’activité de la banque est sous-évalué car déterminé à partir des éléments de la base de contact. Ces derniers ne tiennent compte que du motif initial de visite qui est rarement la banque. Le contrôle interne n’a pas été capable de trouver d’autres méthodes de décompte.


Sur les objectifs stratégiques liés à la création de la banque :
 

  • la fidélisation des sociétaires : objectif raté puisque 40 % des sociétaires bancarisés sont assurés chez la MACIF depuis plus de 20 ans ;
  • le rajeunissement : encore raté car 54 % des sociétaires bancarisés ont plus de 50 ans et 73 % ont plus de 41 ans.


Autres éléments d’information :
 

  • un rapport d’audit commandité par BPCE et réalisé par la Socram n’a jamais été transmis à l’expert malgré ses multiples demandes. Pourquoi ?
  • l’encours moyen est nettement plus élevé qu’à la concurrence (plus de 2 000 € à la MACIF, pour environ 800 € chez la concurrence) ;
  • Macif confiance dynamise la production mais on ne connaît pas son coût à long terme ;
  • la Maif n’est pas entrée dans la distribution de comptes à vue et il est probable qu’elle ne le fera pas.
     


La direction ne peut contester les chiffres de l’expert puisqu’elle n’a pas de vision coût/gain de la banque. Elle conteste cependant le fait que, dans son estimation, l’expert n’ait pas inclus le résultat de l’activité de crédit. La réponse à cela est claire : ce n’était pas l’objet de la mission qui visait à avoir une estimation de la nouvelle activité que constitue la banque.


L’expert complète son analyse en expliquant que la banque est un modèle éclaté et qu’il n’y a pas de pilotage global de l’activité. Deux exemples appuient ce raisonnement, le premier étant l’absence de visibilité sur les coûts et le second étant le fait que la MAIF ait pu décider de revenir sur son engagement en renonçant à distribuer la banque, remettant ainsi en cause l’un des fondements et l’équilibre économique du projet.


Enfin, les deux arguments mis en avant par l’employeur pour défendre une vision optimiste de la banque (à savoir l’encours moyen élevé et la réussite de Macif confiance) sont fortement tempérés par les éléments suivants :
 

  • l’encours moyen élevé semble s’expliquer par le fait que 44 % des sociétaires bancarisés paient plus de 800 € de cotisation à la Macif, ce qui nous conforte dans l’idée que nous ne nous adressons pas aux jeunes mais aux sociétaires plus âgés et aisés. Ainsi, l’encours élevé nous rappelle surtout que nous ratons notre objectif de rajeunissement du sociétariat ;
  • quant à Macif confiance, il s’agit surtout d’afficher un bon développement en 2015 car cet exercice sera étudié à la loupe par BPCE en 2016, année au cours de laquelle les partenaires peuvent sortir du projet de banque. Nous ne connaissons pas l’exhaustivité des coûts de MACIF confiance mais on sait que cela va coûter cher à la Macif et aura une conséquence très négative sur l’activité assurances.
     

Position de la CGT sur la banque
 

  • Sur le réseau, les énergies sont dépensées essentiellement pour la banque, ce qui vampirise l’activité assurances en quelque sorte.
  • Les plans de développement sont subis, au point que les objectifs d’ouverture de comptes à vue ont été divisés par 7 entre la version 1 et la version 5.
  • Le PMT vise à supprimer les foyers de perte. Or, la banque est un foyer de perte clairement identifié et à très long terme.
  • On opère les capacités financières du groupe en réduisant considérablement sa capacité à investir dans d’autres projets, fragilisant ainsi toute la structure.

Par conséquent, la CGT demande le chiffrage de l’arrêt de cette activité.  Il convient de noter que cette demande n’a pas été rejetée par la direction, Benoît Serre (L'ancien DRH) nous indiquant qu’il la transmettrait  au directeur général...

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