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12 / 02 / 2026 | 9 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Stratégie « America first » : perspectives

Le début d’année a été dominé par les initiatives du président américain, qui montrent qu’au niveau domestique la question dominante est celle du pouvoir d‘achat à l’approche des élections de mi-mandat de 2026 (mesures visant à réduire le coût des prêts immobiliers et des crédits à la consommation), et qu’au niveau de la politique étrangère prévaut la volonté de poursuivre la stratégie de sécurité nationale publiée par la Maison-Blanche en novembre dernier. Eric Bertrand , DGD, Directeur des Gestions chez Ofi Invest Asset Management livre ses réflexions de début d'année...

 

 

C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire les menaces tarifaires (à l’égard des pays européens et du Canada), ainsi que les décisions prises concernant le Venezuela, le Groenland et l’Iran. Dans ce contexte géopolitique complexe, l’économie américaine aurait terminé l’an dernier sur une trajectoire de croissance solide, portée notamment par une consommation dynamique malgré le plus long « shutdown »(2) de l’histoire américaine.

 

Sur la base des informations disponibles, la consommation pourrait encore avoir progressé de 2 % à 3 % en rythme annualisé au quatrième trimestre. La modération du revenu réel disponible, ainsi que la composition des dépenses suggèrent néanmoins que la consommation des ménages reste très polarisée.


En début d’année les remboursements liés à la loi budgétaire votée en 2025 devraient rester un facteur de soutien à la consommation.


Si l’inflation totale reste encore plus proche de 3 % que de la cible de 2 %, la dynamique de ses composantes apparaît néanmoins bien orientée : la désinflation des services se poursuit et la transmission des tarifs aux prix des biens semble plafonner, ce qui laisse envisager un reflux progressif de l’inflation vers la cible d’ici la fin de l’année.

 

Les risques pour la Fed subsistent toutefois sur ses deux objectifs.

 

D’une part, le marché du travail demeure fragile ; d’autre part, du côté de l’inflation, un effet retardé des hausses de tarifs douaniers sur les prix reste possible. Nos anticipations restent les mêmes : en cas de stabilisation confirmée du marché du travail, la Fed pourrait encore procéder à une ou deux baisses de taux directeurs plus tard dans l’année une fois le reflux de l’inflation liée aux tarifs confirmé. Les baisses de taux devraient plutôt arriver sous le mandat de Kevin Warsh nommé par Donald Trump à la succession de la présidence de la Fed.

 


La zone euro termine l’année sur une croissance satisfaisante de +0,3 % au 4e trimestre (et 1,5 % sur toute l’année 2025), un rythme qui sur la base des données à disposition et des enquêtes conjoncturelles pourrait continuer début 2026 grâce à une demande intérieure qui semble s’être raffermie. La périphérie continue de surprendre positivement en termes de croissance, l'Espagne en particulier restant le pays le plus performant de la zone euro, et l’Allemagne a également surpris positivement.

 

Cette résilience de l’économie devrait conforter la Banque centrale européenne dans l’idée qu’aucune nouvelle baisse de taux n’est nécessaire à court terme. L’inflation totale qui avait déjà atteint la cible fin 2025, repasse en janvier sous les 2 % et devrait y rester pour la plupart de l’année. Le récent renforcement de l’euro pourrait prendre plus de poids dans les discussions....



20 2 6 : e n c o r e  u n e  a n n é e  d e  b o n n e  c r o i s s a n c e

 

Aux Etats Unis:

La croissance devrait être soutenue par la relance budgétaire, une politique monétaire légèrement plus accommodante qu’en 2025, et une incertitude commerciale moins élevée, bien que toujours présente. La stabilité du marché du travail reste essentielle pour l’économie


Dans la zone Euro:


L’environnement devrait rester favorable pour les économies ibériques et l’impulsion conjoncturelle du plan de relance allemand et du réarmement européen devraient être suffisante pour relancer l’Allemagne et la zone euro
 

La croissance mondiale devrait continuer à évoluer autour de 3 %, dans un contexte que nous estimons favorable, grâce à des politiques monétaires assouplies et à une impulsion budgétaire neutre ou positive dans les principales économies mondiales (États-Unis, Chine, Allemagne, Japon)

 

Par ailleurs: 
 

 

  • Les intentions d’épargne des ménages sont toujours proches de leur plus haut depuis 30 ans, ce qui est cohérent avec une consommation poussive qui évolue moins que ne laissait espérer le rattrapage progressif des salaires sur l’inflation.
  • Avec des gains de pouvoir d’achat et un taux de chômage proche de ses plus bas historiques, il est toutefois probable que la consommation permette à la zone Euro de continuer à croitre légèrement

 

(1) L'Amérique d'abord

(2) Le "Shutdown" correspond à la fermeture des administrations américaines faute d'accord entre la Maison Blanche et le Congrès sur le Budget annuel

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