Organisations
Société Générale sanctionnée par l’ACPR : huit années de pratiques contestées, des salariés laissés en première ligne
Le 13 mai 2026, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a infligé à Société Générale un blâme assorti d’une amende de 20 millions d’euros pour de graves manquements à ses obligations d’information et de conseil envers ses clients.
Selon l’ACPR, dès 2019, la direction disposait d’analyses internes identifiant des solutions conformes à la réglementation. Elle aurait néanmoins choisi une autre voie en requalifiant rétroactivement certains contrats afin de poursuivre la commercialisation de produits d’assurance sans information complète des clients ni recueil adéquat de leurs besoins.
L’Autorité estime que 1 465 887 clients ont ainsi été privés des garanties prévues par le cadre réglementaire depuis 2018, tandis que ces produits continuaient de générer près de 13 millions d’euros de commissions annuelles pour la banque.
L’ACPR relève explicitement que la Société Générale a privilégié ses propres intérêts financiers.
Cette décision met également en lumière la situation des salariés, en particulier celle des conseillers placés en première ligne face aux clients. Ceux-ci exercent leurs missions dans un environnement marqué par des outils de souscription incomplets et des dispositifs standardisés définis par la direction.
La décision de l’ACPR est très claire sur le sujet.
Rappelons qu’aucune responsabilité ne saurait être imputée aux salariés pour des choix organisationnels, commerciaux ou réglementaires qui relèvent exclusivement de la gouvernance et des orientations stratégiques de l’entreprise.
Au quotidien, notre organisation syndicale constate l’augmentation de la pression commerciale, la dégradation des conditions de travail, la stagnation des rémunérations et les remises en cause annoncées du télétravail.
Dans un groupe affichant près de 6 milliards d’euros de résultat net, de nombreux salariés expriment une perte de sens et un profond malaise quant aux orientations prises par leur entreprise. FO Banques leur apporte son plein soutien.
La Société Générale doit désormais répondre de ses choix et mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour garantir le plein respect des droits des clients comme des personnels.
Notre syndicat sera particulièrement vigilant quant aux suites données à cette décision, tant sur la mise enconformité effective des pratiques que sur la protection des salariés exposés aux conséquences de choix qu’ils n’ont pas décidés.