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29 / 09 / 2022 | 398 vues
Frédéric Homez / Membre
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Scopelec : Orange revient sur son engagement de soutenir son sous-traitant dans sa restructuration, l'État doit prendre ses responsabilités

En fin de semaine dernière, des salariés de Scopelec venus de toute la France à l’appel de notre organisation se sont retrouvés pour manifester devant le ministère de l’Economie et  exiger des pouvoirs publics une solution permettant à la 1ère SCOP de France d’éviter le naufrage.. Lâché par son donneur d’ordre à quelques jours d’une décision judiciaire cruciale pour son avenir, ce sous-traitant d’Orange se bat pour sa survie.

 

Avec ses 3800 salariés, cette société coopérative spécialisée dans le déploiement d’infrastructures de télécommunications sur l’ensemble du territoire national est en danger de mort depuis novembre 2021. A cette époque, l’opérateur Orange, dont elle est le premier partenaire, a décidé de ne pas renouveler un marché d’exploitation et de maintenance des réseaux télécom à hauteur de 150 millions d’euros annuels.

 

Cette décision brutale, contre laquelle les salariés et notre Fédération se battent depuis le premier jour, ne menace pas seulement plus de la moitié des emplois de Scopelec mais aussi l’avenir de toute la coopérative. Elle compromet également l’installation de la fibre optique dans notre pays et promet une dégradation inéluctable du réseau.

 

En procédure de sauvegarde depuis le mois de mars, les salariés de Scopelec constatent avec désarroi que les promesses d’Orange formulées lors de la campagne présidentielle de 2022(*) sous la pression du gouvernement n’étaient que poudre aux yeux, l’opérateur ayant décidé la veille de l’audience du tribunal le 15 septembre dernier de revenir sur ses engagements de soutenir son sous-traitant dans sa restructuration.

 

Plus d’une centaine de salariés de Scopelec, coopérative spécialisée dans le déploiement d’infrastructures de télécommunications, se trouvaient devant Bercy. Les longues heures de trajet n’ont eu raison ni de leur colère, ni de leur énergie à l’exprimer. La motivation est d’autant plus grande que c’est l’avenir de leur entreprise qui est en jeu.

 

Cette manifestation qui les a rassemblé une nouvelle fois à Paris après de longs mois de mobilisation sur les 90 sites de la coopérative est peut-être, du moins l’espèrent-ils, l’une des dernières réunions dans le combat qu’ils mènent depuis mars dernier, après l’annonce d’Orange, leur principal client, de mettre fin à un contrat qui représente 40 % du chiffre d’affaires de Scopelec.

 

Pour Scopelec, c’est maintenant une question de survie. Le tribunal de commerce de Lyon doit rendre une décision ces jours-ci en délibéré sur le placement ou non en redressement judiciaire de l'entreprise. Si aucun accord n'est trouvé avec Orange d'ici là, c’est cette solution qui est la plus probable, avec à la clé des centaines de licenciements, si ce n’est pas la fermeture pure et simple.

 

« L’Etat, qui détient 23 % d’Orange, a les moyens d’amener l’opérateur à tenir ses promesses, tempête Frédéric Mazars. Après une nouvelle année de record en matière de versements de dividendes (près de 2 milliards d’euros), ne rien faire pour la survie du sous-traitant historique et de ses 3 800 salariés est inacceptable ! »
 

Soutenus par plusieurs députés, jusque dans les rangs de la majorité présidentielle, et de nombreux élus locaux, les salariés de Scopelec veulent y croire, sans pourtant se bercer d’illusions. Cet été, Scopelec a officialisé un plan de sauvegarde prévoyant le licenciement de 550 de ses salariés. Pour le moment, près de 1 000 départs (volontaires ou salariés repris par d’autres entreprises du secteur) sont déjà intervenus depuis le début de la crise fin 2021.


Plusieurs centaines d’autres pourraient suivre dans les semaines à venir. « Avec eux, ce sont des compétences essentielles à nos activités qui s’en vont, déplore Frédéric Mazars. Il faudra du temps à Scopelec pour se relever de ce massacre industriel. » Reste à espérer qu’on lui en donne le temps…

 

(*) Pendant la campagne présidentielle, Orange avait cédé à la pression du gouvernement et s’était engagé à soutenir Scopelec, en lien avec le Comité interministériel de Restructuration Industrielle. Il était alors question de 45 millions d'euros de chiffres d'affaires sur 2022 et 2023 et de 20 millions d'euros équivalents aux dettes contractées auprès des sous-traitants, durant la période de sauvegarde. Peu, par rapport au contrat initial de 150 millions d’euros annuels qui liait l’opérateur et l’installateur, mais assez pour éviter la banqueroute.

Depuis, l’été est passé et Orange est revenu sur ses engagements.

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Après une manifestation de la dernière chance devant Bercy le 23 septembre pour obtenir l’intervention des pouvoirs publics, les salariés de SCOPELEC ont sévèrement déchanté. Ce 26 septembre, le tribunal de commerce de Lyon a placé la coopérative en redressement judiciaire avec un plan de cession à la clé. Ce pourrait être la triste fin d’un long combat.

 

La nouvelle est tombée comme un couperet en début de semaine pour les salariés de SCOPELEC, coopérative spécialisée dans le déploiement d’infrastructures de télécommunications : la mobilisation continue depuis mars dernier pour la survie de leur entreprise se termine par son placement en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon, assorti d’un plan de cession.

 

Ils étaient pourtant plus d’une centaine à s’être déplacé et à y croire encore, le 23 septembre, devant le ministère de l’Economie. Les longues heures de trajet n’avaient eu raison ni de leur colère, ni de leur énergie à l’exprimer. La motivation était d’autant plus grande que c’était l’avenir de leur entreprise qui se jouait derrière les murs du ministère, où une délégation syndicale était reçue pour plaider la cause de la coopérative. Frédéric Mazars, le délégué syndical FO, était du nombre.

 

« L’Etat, qui détient 23 % d’Orange, a les moyens d’amener l’opérateur à tenir ses promesses, tempêtait alors Frédéric Mazars.

Après une nouvelle année de record en matière de versements de dividendes (près de 2 milliards d’euros), ne rien faire pour la survie du sous-traitant historique et de ses 3 800 salariés est inacceptable ! »

 

Il faut se souvenir qu’en mars dernier, Orange avait mis fin à un contrat qui représente 40 % du chiffre d’affaires de SCOPELEC, entraînant ses salariés dans la lutte. Grâce à eux, pendant la campagne présidentielle, Orange avait cédé à la pression du gouvernement et s’était engagé à soutenir Scopelec, en lien avec le Comité interministériel de Restructuration Industrielle.

Il était alors question de 45 millions d'euros de chiffres d'affaires sur 2022 et 2023 et de 20 millions d'euros équivalents aux dettes contractées auprès des sous-traitants, durant la période de sauvegarde. Peu, par rapport au contrat initial de 150 millions d’euros annuels qui liait l’opérateur et l’installateur, mais assez pour éviter la banqueroute.

 

Depuis, l’été est passé et Orange est revenu sur ses engagements, à quelques jours du passage devant le tribunal de commerce de Lyon. A la sortie de l’entretien à Bercy, Frédéric Mazars ne cachait pas sa déception : « les conseillers connaissaient mal le dossier et nous ont bien fait comprendre que seul Orange pouvait décider de nous aider, qu’il n’y aurait rien à attendre de l’Etat », se désolait-il avant de conclure, lapidaire : « Orange a tué SCOPELEC ! »

 

C’est à présent au démantèlement de la coopérative que les salariés doivent se préparer.

 

Cet été, SCOPELEC avait déjà officialisé un plan de sauvegarde prévoyant le licenciement de 550 de ses salariés. Pour le moment, près de 1 000 départs (volontaires ou salariés repris par d’autres entreprises du secteur) sont déjà intervenus depuis le début de la crise fin 2021. Plusieurs centaines d’autres pourraient suivre dans les semaines à venir.