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21 / 09 / 2022 | 71 vues
Jean Meyronneinc / Membre
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Retraites : le rapport du COR ne saurait justifier de travailler plus longtemps

Un nouveau rapport du COR (Conseil d'orientation des retraites) a été publié ce jeudi 15 septembre 2022.  A l'évidence il sera sûrement à nouveau largement commenté et apprécié de diverse manière, certains y portant la lecture qui les arrangent  pour en tirer les arguments nécessaires aux thèses développées sur la nécessité impérieuse d'une réforme urgente..!

 

D'ores et déjà les organisations syndicales ont vivement réagi ces dernières semaines sur le sujet, les déclarations présidentielles ou gouvernementales laissant à penser qu'il existe une réelle volonté de mettre en oeuvre une réforme pour l'été prochain... Pour autant, l’état de notre système de retraite n’est pas si  inquiétant. Comme le souligne la Confédération FO, un excédent de 900 millions d’euros a été dégagé en 2021, et ce malgré la crise sanitaire, portant le total du surplus à 3,2 milliards d’euros. Si le solde global du régime risque de se dégrader après 2023, ce n’est que faiblement et de manière contrôlée avant un retour à l’équilibre après 2030 !

 

La réalité est donc très loin de la situation alarmante que nous présentent certains commentateurs et les pouvoirs publics.

 

De plus, la part des dépenses de retraites dans le PIB resterait stable. Ainsi le COR rappelle que « les résultats de ce rapport ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite ».

 

Dans son dernier communiqué, la confédération dénonce l’instrumentalisation de ce rapport au service d’un projet de réforme qui vise à contraindre les salariés à travailler plus et gagner moins. Pour elle, une énième réforme ne serait pas motivée par des justifications économiques ou une volonté de « justice sociale », mais par la seule volonté de limiter la hausse annuelle des dépenses publiques. Elle  rappelle que les éventuelles « économies » obtenues en matière de retraite en cas de prolongation de la durée de travail se répercuteront automatiquement, et parfois plus fortement, sur les autres dépenses publiques : chômage et maladie principalement. Prolonger la durée de cotisation alors qu’actuellement un tiers des séniors est sans emploi ni retraite et vit sous le seuil de pauvreté aggraverait la pauvreté pour beaucoup de nos concitoyens.

 

Rappelons que la semaine dernière, 13 organisations ont réaffirmé lors d’une intersyndicale leur opposition à une réforme des retraites. 

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L e gouvernement l’affirme et le répète : notre système de retraite serait de nouveau en danger, les déficits menacent, il faut agir rapidement pour décaler progressivement l’âge effectif de départ à la retraite.

 

Une mesure dite paramétrique, repoussant l’âge légal de départ à la retraite et/ou allongeant la durée de cotisation, pourrait compléter le projet de loi de finances de la Sécurité sociale par voie d’amendement. Pourtant, le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) publié le 15 septembre 2022 montre que l’état de notre système de retraite est loin d’être inquiétant. Un excédent de 900 millions d’euros a été dégagé en 2021, malgré la crise sanitaire, et il pourrait atteindre 3,2 milliards d’euros en 2022. Si le solde global du régime risque de se dégrader après 2023, les déficits resteraient maîtrisés, compris entre 0,5 % et 0,8 % du PIB, le système revenant à l’équilibre après 2030.

 

Rien d’alarmant donc, pas plus aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Souvenons-nous, en 2017, le président nouvellement élu souhaitait engager une réforme profonde visant à créer un système universel par points. Il expliquait alors qu’après vingt ans de réformes passées, le problème des retraites n’était plus financier. Il ajoutait même que c’était parce que le problème n’était plus financier qu’il était possible de faire une réforme plus profonde.

 

Or, la lecture du rapport du COR de 2017 montre que les projections d’alors n’étaient pas très différentes de celles d’aujourd’hui. Le poids des dépenses de retraite dans le PIB est resté stable, et surtout le rapport indiquait que le système resterait déficitaire jusqu’en 2040 dans tous les scénarios, mais pourrait renouer avec les excédents à long terme avec des hypothèses de croissance favorables. Les déficits étaient estimés entre 0,6 % et 0,8 % du PIB, à peu de choses près ce que prévoit le COR dans son récent rapport.

 

Dit autrement, ce qui n’était pas un problème financier il y a cinq ans en serait devenu un aujourd’hui ! Ne nous y trompons pas, si le problème n’est pas l’équilibre du système, c’est que l’objectif du gouvernement est ailleurs : détourner les cotisations retraite pour financer d’autres dépenses. C’est ce que la Première ministre a déjà laissé entendre : revaloriser les petites pensions, financer le grand âge…

 

FO s’opposera à toute réforme conduisant à réduire les droits à la retraite

 

Rappelons que la retraite est le résultat de l’action syndicale. Notre système par répartition permet d’assurer la solidarité entre les salariés et entre actifs et retraités. Il faudra compter sur FO pour les défendre ! FO s’opposera à toute réforme conduisant à réduire les droits à la retraite et à faire travailler plus longtemps pour en bénéficier, et à toute mesure remettant en cause les régimes de retraite existants. Pour FO, il convient de travailler sur les moyens de développer l’emploi, notamment des seniors et sur l’aménagement de leurs fins de carrière.

 

Le CCN nous a donné mandat les 21 et 22 septembre dernier pour proposer aux organisations syndicales l’organisation en commun d’une mobilisation interprofessionnelle, c’est-à-dire de la grève, comme en 2019, pour obtenir du gouvernement qu’il renonce à toutes ses contre-réformes. Afin de préparer le rapport de force et la grève, le CCN propose à toutes les structures (fédérations, unions départementales, syndicats) une grande campagne de réunions et assemblées avec les syndiqués et les salariés. Soyons prêts pour la mère des batailles !