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06 / 01 / 2020 | 442 vues
Fabienne Fevrier / Membre
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Retraite chapeau : l’« assureur militant » marche sur la tête

Depuis 2015, un dispositif de retraite sur complémentaire, dit « Retraite chapeau », réservé aux dirigeants de la MAIF, a été mis en place. La MAIF prend en charge l’intégralité des cotisations.
 

A l’heure où des centaines de milliers de Français sont dans la rue pour préserver un système de retraite solidaire et empêcher une baisse des pensions, les dirigeants de la MAIF, eux, assurent leurs arrières sur fond de discours vantant l’entreprise à mission, dénonçant les inégalités sociales et affirmant leur détermination à les réduire.
 

Ainsi, lors du CSE du 11 décembre, la direction a annoncé qu’une évolution législative de ce dispositif conduirait à faire supporter aux bénéficiaires des cotisations sociales et des impôts sur le revenu, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Pour compenser intégralement cette baisse inadmissible de leur pouvoir d’achat, la direction a décidé de leur verser une somme en numéraire.
 

Le coût global de ces retraites chapeaux est estimé à plusieurs millions d’euros pour les 10 personnes les mieux rémunérées.
 

Avec cette somme, les dirigeants de la mutuelle de l’économie Sociale auraient pu choisir de :

  • Développer la Mutuelle.
  • Baisser les tarifs.
  • Investir dans l’amélioration des contrats et des outils pour donner à la mutuelle les moyens de leurs ambitions.
     

Avec la décision prise, peut-on croire encore à la sincérité du discours de notre Directeur, qui dénonce « un capitalisme qui s’est dévoyé dans la mondialisation et la financiarisation »* ?
 

Notre syndicat  continuera à dénoncer et à combattre les injustices sociales. Il entend  continuer à lutter contre cette politique capitaliste d’un autre temps, qui bafoue sans vergogne les valeurs et l'ADN de la MAIF.
 

La direction ne pourra pas continuer à tenir longtemps la contradiction entre des discours et des actes aussi éloignés de ce qu'elle promeut à longueur de temps dans les médias (presse, radio, réseaux sociaux...) : le bien commun, la transparence, un modèle capitaliste du 21ème siècle différent, une singularité… sous peine de porter une grave atteinte à l’image de notre mutuelle.
 

Où est le modèle de 1934, voulu et porté par une poignée d’hommes et de femmes, en réponse à un capitalisme toujours plus agressif et qui ont rêvé pour nous tous d’un monde social différent, égalitaire et solidaire, reposant sur des valeurs où le profit et l’enrichissement personnel aux dépens des autres n’avaient pas leur place ?
 

*La Croix l’Hebdo du 18/11/19

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