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10 / 05 / 2022 | 115 vues
Maryline filippi / Membre
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Recma : le temps des cerises...

Le numéro 364 de la Recma (1) est le premier numéro préparé en collaboration avec David Hiez, co-rédacteur en chef, depuis notre entrée en fonction en janvier dernier. Il est particulier à plusieurs titres, mais il est aussi représentatif des ambitions que nous nourrissons pour la Recma.(2)

 

Notre entrée en fonction a quelque chose de symbolique. Il nous appartient d’ouvrir le second centenaire de la Recma, tâche lourde de responsabilité, en raison du choix de Jean-François Draperi de mettre fin à ses fonctions de rédacteur en chef. Nous lui adressons ici nos remerciements ainsi qu’à l’association Recma pour la confiance qu’ils nous ont accordée. Cette responsabilité et cette confiance sont une base solide pour notre propre engagement au service de la revue. Cet engagement, nous le définissons par une ambition servie par un outil de communication à repenser.

 

Notre ambition pour la Recma est d’associer une meilleure reconnaissance académique tout en renforçant nos liens avec les acteurs. Le premier axe d’action que nous porterons pour la Recma est d’améliorer sa notoriété académique à travers celle de son référencement et de son attractivité auprès des chercheurs. Le deuxième axe est de renforcer l’implication des acteurs afin de leur offrir un espace de réflexion critique et ouvert aux débats d’idées.

 

Cette double ambition peut sembler contradictoire, mais c’est trompeur. Il n’y aurait contradiction que si chercheurs et acteurs n’avaient rien à s’apporter, ou si les acteurs n’étaient pas à même d’utiliser une revue académique. La tentation est alors de raboter la dimension académique pour se rapprocher des acteurs.
 

Nous envisageons une voie radicalement opposée. Les acteurs ont besoin d’une revue académiquement reconnue pour faire entrer l’ESS dans le débat des idées, et plus la revue sera académiquement reconnue, plus des chercheurs renommés tout autant que les jeunes chercheurs, y contribueront, ce qui ne peut que rendre la revue pleine d’idées nourrissant en retour les acteurs. La pratique est elle-même porteuse de connaissance et de recherche que la Recma a vocation à accueillir. Nous poursuivrons ainsi les Dialogues de la Recma qui, en débattant d’un article de recherche, ouvrent les échanges avec les acteurs et la société. Nous développerons la possibilité donnée aux organisateurs de colloques de réaliser des dossiers thématiques après une sélection en double aveugle des articles.

 

Nos liens avec les autres réseaux, ACI, CIRIEC, RIUESS, RIODD, ADDES…, seront également renforcés. La Recma doit ainsi être un lieu de débats, ce qui peut passer par l’organisation de la mise en regard de perspectives distinctes. En cela la Recma renoue avec l’ambition des membres fondateurs. Cette ambition nous conduit à poursuivre l’ouverture de la Recma à l’international. Elle s’est déjà largement internationalisée depuis plusieurs années, le mouvement s’amplifie. La Recma reste le moyen de faire connaître les réalités et les débats des autres traditions d’économie sociale et solidaire dans le monde francophone. Le français reste la langue de la revue, mais nous jouerons sur différents canaux de diffusion pour toucher d’autres publics, et toutes les occasions de diffuser des publications Recma dans d’autres langues, anglais ou espagnol, seront saisies. C’est la condition pour que les débats du monde francophone nourrissent les questionnements internationaux.

 

Les frontières ne sont pas uniquement géographiques. À l’heure où les contestations du capitalisme se multiplient et où la recherche de voies alternatives se fait toujours plus pressante, l’ESS doit intensifier les échanges avec ceux qui, avec d’autres points de vue, sont porteurs d’une même recherche. C’est une condition sine qua non pour que l’ESS soit un élément structurant du monde qui se dessine. Pour ce faire, il convient de faire une place dans les colonnes de la Recma à des auteurs qui ne sont pas considérés comme des spécialistes de l’ESS, mais dont l’objet de recherche est en lien ou qui développent une pensée nourrissante pour l’ESS. Il nous faut absolument sortir de l’entre-soi.

 

Les contours de l’ESS elle-même ne sont d’ailleurs pas figés. L’ESS a intégré depuis la loi de 2014 des sociétés commerciales, à la condition qu’elles en respectent les principes. L’inclusion des entreprises sociales à l’ESS, proclamée par le récent plan d’action européen pour l’économie sociale, va dans le même sens. L’implication croissante de l’ESS dans le développement local sera peut-être la source de nouvelles formes de partenariat avec les collectivités publiques. Là encore, la Recma a vocation à s’ouvrir à cette diversité et à s’associer à tous les chantiers afin que l’ESS contribue à la construction d’un autre monde.

 

Ces orientations se retrouvent dans ce numéro dont le format repose sur des contributions d’auteurs, académiques ou acteurs, sur des aspects variés de l’ESS, avec des points de vue différents. Les auteurs sollicités et les thèmes abordés sont représentatifs de ce que nous espérons publier dans la Recma et, nous l’espérons, ce qui répondra au mieux aux attentes des lecteurs. Les disciplines des chercheurs universitaires sont variées. Les thèmes couverts concernent à la fois les organisations institutionnelles de l’ESS et l’ESS elle-même, mais aussi des thématiques tantôt transversales, tantôt un peu extérieures à l’ESS. Les auteurs sont des chercheurs, mais aussi des acteurs grands témoins, avec une contribution croissante des organisations internationales. La majorité d’entre eux sont français, mais la littérature étrangère est bien représentée. D’autres autrices n’ayant pu participer à ce numéro, alimenteront les numéros à venir, ce qui explique que ce numéro est moins équilibré en termes de parité que nous le souhaitions.


Nous espérons que les lecteurs trouveront l’occasion de débattre. Nous serons amenés dans les mois à venir à nourrir les réflexions avec un dossier spécial sur l’ESS et l’Amérique Latine, ou encore sur les coopératives en temps de guerre.


Ainsi les événements ukrainiens nous conduisent à proposer un appel à publication autour du rôle des coopératives en temps de guerre. Les coopératives sont des entreprises collectives animées par des principes qui, nous le pensons, sont aux antipodes des guerres quelles qu’elles soient. La Recma est une revue papier depuis plus de cent ans. En ce Temps des cerises, l’objectif est bien de profiter d’une diversité de moyens de communication pour transmettre à des publics divers.
 

Notre comité éditorial ainsi que nos correspondants internationaux et nos partenaires institutionnels et financiers, que nous remercions encore pour leur implication, sont sollicités pour animer ce réseau dense d’interactions.
 

La revue Recma s’inscrira dans une constellation, complétée par d’autres supports : réseaux sociaux, un site Web rénové, des podcasts…Le tout au service de l’ESS vivante et active pour une société plus juste et équitable.

 

NDLR:

(1) Pour en savoir plus sur le contenu de la Revue qui vient de paraître:

Revue RECMA 2022/2 | Cairn.info

 

(2) La Recma est aujourd’hui l’une des plus anciennes et la première revue mon

diale à caractère scientifique sur l’ESS. Fondée en 1921 par Charles Gide et Bernard Lavergne, la Revue des études coopératives est devenue en 1986 Revue des études coopératives, mutualistes et associatives puis Revue internationale de l’économie sociale.


Sa fonction est de susciter et diffuser des études et recherches en sciences sociales, économiques et juridiques, portant sur les organisations d’économie sociale en France et dans le monde.

Grâce à son comité de lecture de chercheurs de renom, la Recma réalise, publie, édite, diffuse et valorise ces recherches. 

Majoritairement écrits par des universitaires, ces travaux, sont également rédigés par des praticiens de l’ESS tout en conservant une exigence scientifique. Ils traitent  de sujets actuels et répondent à des problématiques majeures pour l’ESS (parution en 2019 d’un numéro sur l’entreprise de l’ESS à l’issu des échanges sur la Loi Pacte).


Trimestrielle, elle est présente par ses abonnements dans plus de 50 pays et est lue par un public composé d’universitaires, de responsables politiques, de leaders coopératifs et de l’économie sociale et de hauts fonctionnaires travaillant dans des instances internationales.

Reconnue dans le milieu scientifique, elle est référencée par l’Institut de l’information scientifique et technique (Inist-CNRS), Econlit et par le HCERES (Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) qui est une autorité administrative indépendante. Elle est également référencée dans des centres de recherche de grandes écoles comme celui de l’ESSEC Business School. ( source Fondation Crédit coopératif)

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