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14 / 04 / 2020 | 3412 vues
Eric Gautron / Membre
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Ne pas verser une prime aux seuls salariés des caisses de la Sécurité sociale ayant été contraints de se rendre physiquement sur site

Fin 2018-début 2019, le SNFOCOS s’est activement mobilisé pour que le personnel des organismes du Régime général de la Sécurité sociale et des ARS bénéficie du versement de la prime dite « Macron ».  Ce fut en vain puisque ce sont des miettes qui ont été versées à une minorité de salariés, et en dehors du dispositif Macron : une prime d’un montant de 257 euros bruts réservée aux seuls employés, sous réserve d’avoir un coefficient développé n’excédant pas 259 points au 1er mars 2019.


Le Gouvernement a, par une ordonnance du 1er avril 2020, décidé d’assouplir les modalités de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat. Désormais, c’est une prime d’un montant de 2000 euros qui pourrait être versée aux salariés susvisés puisque nous disposons d’un accord d’intéressement. Lors de sa mise en place, le montant de la prime pouvait être modulé en fonction de la rémunération, du niveau de classification, de la durée de présence effective pendant l’année ou la durée de travail prévue par le contrat de travail.
 

  • Un nouveau levier de modulation est prévu par l’ordonnance : les « conditions de travail liées à l’épidémie de COVID-19 ».
     

Après le rendez-vous manqué de 2019, et le sentiment généralisé de mépris ressenti par le personnel, c’est une nouvelle opportunité qui est offerte au COMEX de l’UCANSS de gratifier le personnel pour son engagement. Saluer le personnel c’est bien, mais ça ne paie pas les factures diraient certains ! Et du point de vue du personnel, la facture s’enchérit au gré des efforts demandés.
 

La date limite de versement de la prime étant repoussée au 31 aout 2020, cela laisse le temps au COMEX et à la tutelle de faire droit à la demande du SNFOCOS, demande portée par notre Secrétaire général : mettre en place un plan d’investissement et de financement et y intégrer cette prime exceptionnelle.
 

Il ne faudra toutefois pas se tromper de message : la prime ne doit pas être versée aux seuls salariés ayant été contraints de se rendre physiquement sur site pendant tout ou partie de la période de confinement. L’ensemble du personnel a vu ses conditions de travail impactées par l’épidémie de COVID-19 : certains ont dû se rendre sur site pendant 2 semaines après le début du confinement parce que leur direction n’avait pas anticipé le télétravail, d’autres s’y rendent tous les jours parce qu’ils sont sur des missions non télétravaillables (courrier, personnel des UGECAM..), nombreux sont ceux qui travaillent à domicile tout en gardant leurs enfants et/ou assurant leur suivi scolaire…Il ne s’agit pas ici de faire une litanie, mais bien de faire un constat : chacun est impacté, il est inutile (et ce serait contreproductif) d’utiliser de nouveau cette prime comme un outil de division des salariés !

 

Pour autant, il ne faut pas s’interdire, à ce stade, d’introduire une graduation du montant de la prime pour enfin valoriser et gratifier nos soldats des UGECAM, éternels oubliés et désormais en première ligne d’une guerre dont le terme demeure incertain.

 

En tout état de cause, cette allocation ne saurait faire oublier les revendications légitimes portées par le SNFOCOS : 2020 doit être l’année du déblocage des salaires ! Le personnel ne doit plus être une variable d’ajustement et il doit bénéficier de rémunération à la hauteur de son investissement pour fournir un service public de qualité !

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