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10 / 07 / 2019 | 121 vues
Philippe Pihet / Membre
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La retraite est un droit, pas une variable d’ajustement des déficits publics

À l’occasion d’un colloque sur la « réforme des retraites » à l’Assemblée nationale le 11 mars dernier, la Ministre des solidarités et de la santé avait brocardé les 25 ans de réforme sur les droits des salariés, privés, publics et spéciaux, en qualifiant ces réformes de « bricolage ». Il semblerait que la ministre ait finalement pris goût à cette passion pour de nombreux concitoyens…
 

Selon différentes sources d’information, rien moins que l’accélération de la « réforme Touraine », qui bricolait un nouvel allongement de la durée d’activité pour bénéficier d’une retraite à taux plein, se préparerait dans le PLF 2020. On bricole et on accélère, l’exemple vient d’en haut : le Président de la République lui-même, dans sa conférence de presse du 25 avril dernier, a utilisé le terme « accéléré » pour ce que la presse nomme « l’acte II du quinquennat ». À cette conférence de presse, le Président a évoqué la retraite et l’âge de 62 ans, qu’il serait hypocrite de déplacer compte tenu du chômage dans notre pays.
 

Le constat est donc partagé au plus haut niveau. Dans les faits, cela signifie qu’un salarié sur deux n'est plus au travail lorsqu’il demande sa pension de retraite. Nous l’avons écrit plusieurs fois et cela a été confirmé par le Haut-Commissaire lui-même, à l’époque où nous allions le rencontrer.
 

Que dire alors, en termes d’hypocrisie, lorsque le Président de la République ajoute que l’âge d’équilibre se situe entre 63 et 64 ans et que ceux qui veulent « partir » à 62 auront à subir une décote ? Au-delà des termes techniques, la réponse est simple : ceux qui le peuvent devraient travailler deux ans de plus pour avoir une retraite complète. Nous le disons simplement : non aux réformes qui, sous le fallacieux prétexte de justice, ne font que diminuer les droits.
 

Le Haut-Commissaire à la réforme des retraites a invité interlocuteurs sociaux, syndicats et organisations patronales, à la présentation de son rapport, le 18 juillet. Nous n’aurons pas de texte en amont, nous a-t-on expliqué. Mais déjà les pistes du projet de réforme semblent distillées dans la presse. S’il s’agit de la technique classique destinée à habituer les esprits et espérer annihiler toute forme de réaction, nous ne sommes ni dupes ni résignés.
 

La confédération donne rendez-vous aux militants, adhérents et sympathisants le 21 septembre à Paris pour le lancement de la campagne nationale de sensibilisation et de refus de ces régressions sociales.

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