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08 / 04 / 2020 | 230 vues
Sébastien Crozier / Abonné
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Contre-propositions des syndicats d'Orange pour l'accompagnement des salariés dans le cadre de la crise du covid-19

Dans le cadre des nombreuses ordonnances modifiant le code du travail pendant la crise sanitaire, la direction d'Orange avait souhaité la mise en place d'une négociation très rapide pour aboutir à la signature (qu'elle souhaitait unanime de la part des organisations syndicales représentatives au sein de l'UES Orange) d'un accord intitulé « accompagnement des salariés dans le cadre de la crise du covid-19 ».

 

Le projet d'accord proposé comportait plusieurs volets :

 

  • santé et évaluation des risques, prévention et suivi de l'état de santé du personnel,
  • gestion des congés et JTL,
  • gestion des activités,
  • rétribution individuelle et collective, notamment attribution des primes et maintien des parts variables commerciales.
     

Les organisations syndicales représentatives se sont mises d'accord sur un texte commun de contre-propositions, consultable ci-dessous.
 

Néanmoins, la direction d’Orange a répondu au refus de signature de l’ensemble des organisations syndicales par une décision unilatérale portant notamment sur les congés.
 

Regrettant et ayant pris acte de cette décision, les organisations syndicales resteront très vigilantes sur les mesures de maintien du pouvoir d’achat, rémunération comme participation et intéressement.
 

Proposition des organisations syndicales représentatives
 

  • Les organisations syndicales observent que l’ordonnance 2020-323 du 25 mars 2020 « portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos » cible les entreprises qui auront à « faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus covid-19 ». Elles constatent que la solidité de la situation financière d’Orange à la fin de 2019 et la structure de son CA, donnent incontestablement les moyens à l’entreprise de faire face à une situation épidémique de quelques semaines. C’est d’ailleurs également l’avis du PDG Stéphane Richard qui insiste ici et là sur la capacité d’Orange à faire face. Il rappelle dans les médias qu’il ne toucherait pas aux dividendes annoncés pour 2019, malgré l’insistance des organisations syndicales de ne pas distribuer de dividendes et de garder toutes les capacités de liquidités d’Orange. En dépit de nos demandes répétées de données tendant à démontrer lesdites « conséquences économiques, financières et sociales » sur Orange, la direction n’a pu que les annoncer de manière prophétique, en reconnaissant n’être pas en capacité de les fournir. Dès lors, il nous paraît manifeste qu’une négociation sur les bases des ordonnances à Orange est tout à fait inappropriée.

 

  • De la même manière, le chômage partiel, auquel le PDG a annoncé ne pas vouloir recourir, ou la possibilité d’augmenter la durée du travail au sein d’une entreprise dont l’écrasante majorité de salariés a continué de travailler pendant cette période, ne sont pas des mesures adaptées au contexte de l’entreprise Orange.

 

  • Les organisations syndicales comprennent que l’objectif de la direction semble être de disposer de la plus grande force au travail possible à la sortie du confinement, au moment du retour à une activité normale de l’entreprise, à une date pour l’instant inconnue. Pour ce faire, le moyen qu’elle choisit semble être de chercher à diminuer les stocks de congés et JTL des salariés d’Orange qui n’ont pas pu être pris à ce jour, justement à cause de la crise sanitaire liée au covid-19.

 

  • La direction semble ne pas avoir pris la mesure de ce que les salariés d’Orange vivent et ressentent pendant le confinement, de leur état d’épuisement physique et psychologique et du fait que des dizaines de milliers d’entre eux continuent de travailler autant qu’avant la crise, voire parfois plus, dans des conditions souvent difficiles. Toucher aux congés et aux JTL des salariés à travers des mesures contraintes, autoritaires ou unilatérales, annoncées pendant le confinement, ajoutera le sentiment d’injustice à la détresse psychologique qui se développe. À la levée du confinement, les salariés auront besoin de souffler, de s’aérer, de se soigner, de partir, de prendre des vacances etc., pas forcément de revenir au travail sans transition après le confinement, comme si, justement, ils rentraient de vacances. Ils auraient plus besoin de jours supplémentaires de repos ou de congés que de s’en voir prélever.

 

  • Les organisations syndicales affirment leur opposition résolue à des congés ou JTL en 2019 ou 2020 imposés aux salariés par l’entreprise pendant la période de confinement, autant qu’à des versements contraints dans un CET ou qu’à une usine à gaz de priorités de départs en congés qui vont opposer les salariés et tendre les relations avec les managers.

 

  • Les organisations syndicales font confiance au personnel et à l’intelligence collective pour s’investir dans la reprise d’activité. L’esprit de responsabilité, la solidarité et le sens du client ont toujours existé et toujours à l’œuvre dans cette période difficile.

 

  • La mobilisation des salariés peut se rechercher autrement qu’à travers des mesures négatives ou contraintes ou uniformes. L’entreprise a les moyens de proposer des mesures positives qui concilient l’équation des effectifs avec les besoins des salariés de manière apaisée, sans donner le sentiment de punir les salariés. Le personnel a besoin d’espoir pour sortir de cette situation anxiogène.

 

Les OSR : CFDT F3C, CFE-CGC Orange, CGT FAPT, FO com, SUD PTT.