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18 / 03 / 2026 | 7 vues
AMINE MOUSSAOIUI / Membre
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AlterNego lance une grande étude inter-entreprises pour documenter et analyser l’acceptabilité sociale de l’intelligence artificielle au travail

Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle dans les organisations et en tant qu’acteur engagé de la recherche-action, AlterNego lance une étude inter-entreprises dédiée à l’acceptabilité sociale de l’IA au travail, déjà rejointe par la SNCF et son Lab de l’innovation et L’Oréal.
 

Soutenue par un collectif d’experts du travail et de l’intelligence artificielle, dont la neuroscientifique Camille Morvan, cette initiative vise à comprendre comment l’IA transforme concrètement le travail ; son organisation, la coopération, la santé mentale et le sens de l’activité ; et appelle les entreprises souhaitant contribuer à cette réflexion collective à rejoindre la démarche.
 

« L’intelligence artificielle transforme déjà en profondeur les organisations du travail. Mais sa seule adoption ne suffira pas à garantir sa réussite. L’enjeu est désormais de comprendre dans quelles conditions elle peut être socialement acceptable pour les salariés et les collectifs de travail. Cette étude vise précisément à produire des données et des analyses pour éclairer ces transformations et accompagner les entreprises dans leurs choix » commente Jean-Édouard Grésy, associé fondateur d’AlterNego
 

Une transformation qui interroge le travail réel
 

Outils génératifs, automatisation de tâches, assistants conversationnels : l’intelligence artificielle s’installe rapidement dans les organisations. En France, plus d’un actif sur deux déclare déjà utiliser l’IA dans son activité professionnelle. Cette diffusion rapide soulève toutefois des questions profondes sur les conditions d’intégration de ces technologies dans le travail. Elle interroge notamment l’évolution des métiers et des compétences, la transformation des modes de coopération, les effets sur la charge cognitive et la santé mentale, mais aussi le sens et la reconnaissance du travail.
 

Dans ce contexte, l’enjeu ne réside plus seulement dans l’adoption technologique, mais dans l’acceptabilité sociale de l’intelligence artificielle dans les organisations : autrement dit, la manière dont les salariés et les collectifs de travail perçoivent l’introduction de ces outils, leur légitimité et leur compatibilité avec leur conception du travail.
 

Une étude scientifique et opérationnelle pour favoriser un écosystème social en entreprise
 

Cette étude vise à analyser les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle peut être intégrée de manière légitime, soutenable et socialement acceptable dans les organisations. Pour cela, elle s’appuie sur trois dimensions complémentaires. Elle explore d’abord les représentations du travail, c’est-à-dire les valeurs, le sens et les attentes que les individus associent à leur activité professionnelle. Elle analyse également le fonctionnement concret du travail, notamment l’organisation des activités, les modes de coopération et les marges de manœuvre laissées aux collectifs. Enfin, elle s’intéresse aux effets de l’IA sur la santé mentale et la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), en examinant la charge cognitive, le sentiment de sécurité psychologique et la capacité des salariés à se projeter dans leur avenir professionnel. L’étude abordera également ces questions dans une perspective temporelle, en analysant à la fois la perception actuelle de l’intelligence artificielle dans le travail et les projections des salariés quant à l’évolution future de ses usages et de ses impacts.
 

Anticiper les tensions et éclairer les décisions
 

Cette étude doit permettre aux organisations participantes de disposer d’un diagnostic objectivé de l’acceptabilité de l’intelligence artificielle dans leur environnement de travail, tout en situant leurs pratiques grâce à un benchmark inter-entreprises. Elle vise également à identifier les signaux faibles susceptibles d’émerger dans les organisations, qu’il s’agisse de tensions liées à la santé mentale, de risques de perte de sens au travail ou d’évolutions des équilibres organisationnels.
 

En apportant des données comparatives et des analyses opérationnelles, l’étude entend ainsi éclairer les décisions des directions générales, des DRH et des directions de la transformation, confrontées aux impacts humains et organisationnels de l’intelligence artificielle.
 

Une initiative soutenue par des experts de l’IA et du Travail
 

Le projet mobilise une équipe pluridisciplinaire associant experts du dialogue social, de la QVCT, de la transformation des organisations et de l’intelligence artificielle.


La démarche bénéficie notamment du partenariat stratégique de Camille Morvan, docteure en neurosciences formée au Collège de France, à l’ENS Ulm, à NYU et à Harvard, qui travaille depuis plus de vingt ans sur les interactions entre cognition humaine et algorithmes et supervise aujourd’hui plusieurs projets d’IA stratégiques pour la Commission européenne.


« L’IA ne transforme pas seulement les outils, elle transforme la manière dont les individus pensent, décident et coopèrent au travail. Comprendre ces interactions entre technologies, cognition et organisation est essentiel pour construire des usages de l’IA à la fois performants et humainement soutenables. » souligne Camille Morvan
 

Une démarche ouverte aux organisations souhaitant contribuer à la réflexion
 

AlterNego ouvre cette étude inter-entreprises aux organisations souhaitant contribuer à une réflexion collective sur les transformations du travail à l’ère de l’intelligence artificielle. Les entreprises qui rejoindront la démarche bénéficieront notamment : d’une analyse personnalisée de leurs résultats, d’un benchmark inter-entreprises permettant de situer leurs pratiques et d’une restitution stratégique destinée aux instances de direction et aux parties prenantes internes. Le projet se déroulera sur six mois à partir de la constitution du tour de table d’entreprises partenaires, avec une restitution publique des principaux enseignements prévue fin 2026.

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