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02 / 07 / 2020 | 77 vues
Frédéric Homez / Membre
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Airbus : 14 931 suppressions d’emplois menacent près de 90 000 emplois

Notre fédération a pris acte des annonces chocs de la direction d’Airbus Group, lors du comité européen, concernant le nombre d’emplois que celle-ci entend supprimer dans sa filiale Commercial Aircraft (Airbus Op, Airbus SAS, STELIA et ATR seront annoncés en CGA-F). Seule la filiale Helicopters, dont le plan de charge n’a pas été affecté par la crise, ne serait pas soumise à un plan social.

Ces annonces interviennent après celle de l’augmentation du nombre de postes supprimés dans la filiale Defence & Space, portant le chiffre à 2 665 dans le monde, dont 464 pour la France. Elles comportent 14 931 suppressions d’emplois supplémentaires dans le monde, dont 4 952 en France.
 

Ce nombre de suppressions de postes n’est pas acceptable ; il ne protège que les intérêts financiers d'Airbus à court terme. Ce chiffre doit être revu à la baisse, c’est un enjeu pour l’avenir d’Airbus et pour l’ensemble de nos bassins d’emplois et de la filière. De plus, 14 931 salariés Airbus en emplois directs menacent réellement plus de 90 000 emplois. Pour nous, c’est totalement inacceptable !
 

Dès les premières heures de cette crise, après avoir mis les mesures sanitaires qui s’imposaient en place, les équipes FO d’Airbus avaient pris leurs responsabilités pour ne pas ajouter une crise à la crise en participant à la reprise graduelle et en toute sécurité des activités dites essentielles. Il est évident que la pandémie a profondément bouleversé les prévisions de livraisons d’avions commerciaux. Cependant, pour notre organisation syndicale au regard de l’engagement des gens qui contribuent à la richesse et au développement de l’entreprise, le nombre de suppressions de postes n’est pas acceptable.
 

Si le covid-19 a très fortement perturbé les activités d’Airbus, il est à noter qu'Airbus commercial dispose encore à ce jour d’un carnet de commande de presque dix ans.


Cette crise est bien conjoncturelle. Il faut coûte que coûte maintenir les emplois et les compétences pour la reprise qui se rapproche un peu plus chaque jour. Cette pandémie s’est ajoutée à la crise du 737max pour Boeing et a fortement ralenti le démarrage de l’avion chinois COMAC, faisant d’Airbus le seul constructeur d’avions capable de livrer à ce jour. Le ciel restera pour toujours le meilleur moyen pour traverser les continents. Le plan de sauvegarde de l’aéronautique et l’investissement de l’argent public dans la filière doivent permettre de préserver les emplois d’aujourd’hui et demain, et pas uniquement de créer de la dette pour les générations futures. Cet argent doit permettre de massivement investir dans les technologies de rupture et d’innovation, principalement sur nos moyens de production et de propulsion d’un avion résolument plus écologique.
 

Rappelons que le plan aéronautique et les mesures qui ont été obtenues suite au texte paritaire de la branche de la métallurgie, dont le dispositif qui a mené à la mise en œuvre de l’activité réduite de maintien dans l’emploi (ARME) doivent permettre d’éviter les départs contraints, y compris avec des mesures d’âges. Nous demandons donc un dispositif et un financement spécifique pour une durée liée à cette crise économique à l'État
 

De même, notre fédération n’acceptera aucune forme de licenciement contraint. À ce titre , nous revendiquons la mise en place de mesures négociées dans le cadre du dialogue social et de la pratique contractuelle pour aider le groupe à faire face à cette crise sanitaire, avec comme objectif de préserver les emplois et les compétences.

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