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23 / 12 / 2021 | 154 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Absentéisme pour maladie : augmentation de la durée des arrêts

L' absentéisme et ses conséquences ont plusieurs fois été évoqués dans ces colonnes et on peut légitimement se demander comment les choses avaient pu évoluer dans le contexte sanitaire qui dure depuis plus de deux ans. Ces dernières semaines, Malakoff Humanis a publié les résultats 2021 de son baromètre de l'absentéisme pour maladie. L'étude [1] ainsi réalisée par l'IFOP auprès d’un échantillon de plus de 2 000 salariés et un peu plus de 400 dirigeants ou DRH d’entreprises du secteur privé, propose un éclairage intéressant. 

 

Principaux éléments à retenir

  • Si l'on a pu observer une baisse de l'absentéisme en 2020, les chiffres sont repartis à la hausse en 2021, avec 38 % de salariés arrêtés, contre 36 % l'an passé [2].
  • On n’atteint cependant pas le taux de 2019 (44 %) ; une baisse dans laquelle on peut peut-être voir les conséquences du report des soins ou les effets sur les arrêts de courte durée du télétravail qui, selon 58 % des dirigeants interrogés, pourrait permettre de réduire l’absentéisme.
  • L'étude souligne une augmentation des arrêts maladie dans les TPE-PME et dans les secteurs du commerce, de l’industrie et des services et elle montre également une augmentation chez les jeunes, les femmes, les managers et les salariés aidants.
  • L’absentéisme se caractérise par la poursuite de l’allongement de la durée des arrêts longs (arrêts de plus d’un mois), qui passent en moyenne de 94 à 105 jours, et concernent 65 % des entreprises (contre  60 % en 2020).


Les principaux motifs d’arrêts maladie sont :

  • les maladies ordinaires (22 % des arrêts prescrits),
  • les troubles musculo-squelettiques (18 %),
  • les accidents ou traumatismes (16 %)
  • et les troubles psychologiques (15 %).


La part des arrêts maladie liés au covid-19 [3] a doublé, passant de 6 % en 2020 à 12 % en 2021.

  • Les troubles psychologiques constituent en effet le second motif des arrêts longs (16 %) après les accidents ou traumatismes (31 %). Viennent ensuite les opérations chirurgicales (12 %), les troubles musculo-squelettiques (10%), les maladies graves (10 %) et les arrêts liés au covid-19 (7 %).
  • Les arrêts pour motif psychologique concernent davantage les jeunes (16 % chez les 18-34 ans contre 12 % pour les 50 ans et plus), les familles monoparentales (22 %) ou les télétravailleurs (18 %). Ils sont également plus présents dans les secteurs de la santé (23 %) et du commerce (22 %, en hausse de 14 points).
  • L’absentéisme en 2021 est également marqué par l’augmentation des arrêts multiples : 41 % des salariés arrêtés l’ont été au moins deux fois dans l’année, contre 39 % en 2020 et 37 % en 2019.
  • Les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’arrêter (45 % d’entre eux se sont vu prescrire un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois contre 43 % en 2020), comme les managers (43 %, contre 41 % en 2020) et les femmes (42 %, contre 35 % en 2020). Plus de la moitié des salariés aidants (51 %) s’est également vu prescrire un arrêt maladie (contre 47% en 2020).  
  • L’absentéisme pour maladie a augmenté de 6 points dans les TPE-PME et concerne aujourd’hui 39 % des entreprises de moins de 250 salariés. De plus, 61 % de ces entreprises ont connu au moins un arrêt long (au-delà d’un mois).


Le nombre de salariés arrêtés est le plus élevé dans le secteur des transports : 55 % contre 38 % pour l’ensemble des secteurs. Ce taux a par ailleurs fortement augmenté dans les secteurs suivants :

  • commerce : 35 % en 2021, + 6 points par rapport à 2020, une hausse portée notamment par le covid-19 et les troubles psychologiques ;
  • industrie : 36 % en 2021, + 5 points, une hausse portée notamment par le covid-19 et les accidents ou traumatismes ;
  • services : 38 % en 2021, + 3 points, une hausse portée notamment par les troubles musculo-squelettiques et le covid-19.
     

Diagnostiquer, prévenir et accompagner le retour à l'emploi : les étapes clefs pour maîtriser l'absentéisme en entreprise
 

L’absentéisme est toujours un sujet de préoccupation pour plus de la moitié des chefs d’entreprises. Ainsi, 46 % des dirigeants ont vu les coûts liés à l’absentéisme (coûts directs et indirects) augmenter au cours des deux dernières années.

 

  • 67% des dirigeants déclarent avoir instauré au moins un dispositif de lutte contre l’absentéisme (contre 59 % en 2020).


Près d’un quart des dirigeants souhaitent être accompagnés sur la question de l’absentéisme (+ 11points ), notamment dans la construction et l’évaluation de plans d’action ainsi que la formation et la sensibilisation de leurs salariés et managers.

 

Démarche proposée par Malakoff Humanis pour maîtriser l’absentéisme en entreprise

 

L’absentéisme est un phénomène multifactoriel et il est possible d’agir sur une part importante de ses déterminants. Malakoff Humanis propose un dispositif complet de diagnostic de l’absentéisme qui repose sur un tableau de bord de l'absentéisme et un calculateur de coûts. Ces outils permettent aux entreprises d’évaluer leur absentéisme, de se comparer à des entreprises de même taille et de même secteur et d’identifier les principaux leviers pour réduire ses conséquences humaines, financières et opérationnelles. À partir de ce diagnostic, les consultants de prévention du groupe accompagnent les entreprises dans la construction d’un plan d’actions et la mise en place de dispositifs de prévention de santé ou d’accompagnement du retour à l’emploi pour les salariés en arrêt long (plus de 30 jours).  Dès janvier 2022, Malakoff Humanis proposera également des modules d’e-learning destinés aux managers pour aider ces denriers à déceler les signaux d’alerte, gérer l’absence d’un salarié avec le reste de l’équipe et accompagner le retour en entreprise.

 

 

[1] Pour plus de plus amples détails : baromètre annuel Malakoff Humanis sur l'absenteisme 2021 - newsroom Malakoff Humanis.

[2] Par « arrêt de travail », on entend généralement un arrêt maladie prescrit par un médecin lorsque l’état de santé du salarié le nécessite ou un accident survenu pendant le travail. Les données publiées dans ce baromètre intègrent les arrêts liés au covid-19 : personnes diagnostiquées ou soupçonnées d'avoir le covid-19, cas contact ou personnes vulnérables et en incapables de travailler.

[3] Contraction ou symptômes du virus : 8 % - cas contact ou personne vulnérable en impossibilité de travailler : 4 %.

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