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22 / 03 / 2022 | 102 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Travail et gouvernance dans les associations

Des ouvrages à lire et à faire lire sur un sujet controversé : le travail associatif.

 

Revenons ici sur la question du travail dans l'économie sociale et solidaire (ESS) et faire écho à notre ami Jean-Louis Cabrespines, quand il s’interroge sur la gouvernance des associations et leurs évolutions.

 

L’ouvrage de Simon Cottin-Marx, publié aux éditions de l’Atelier, C’est pour la bonne cause : les désillusions du travail associatif, paraît être une contribution essentielle en ce que, au-delà de la description des situations souvent dramatiques, il s’attache à chercher les raisons de celles-ci. Recherches internes (avec les travaux de Chorum), travaux universitaires (comme ceux de Matthieu Hély) ou récit de journaliste (comme l’ouvrage de Pascale Dominique Russo), le sujet est souvent traité mais le livre de Simon Cottin-Marx propose une analyse profondément politique.

 

Les témoignages apportés sont sévères mais l'auteur ne s’en tient pas là ; il aborde les raisons des « désillusions » évoquées dans le titre, notamment pour les associations (du moins celles qui demeurent des démarches citoyennes se référant à un projet d’évolution solidaire et démocratique, voire de transformation sociale). En les analysant, il pose ainsi les difficultés que beaucoup de dirigeants associatifs ont à assumer leurs responsabilités d’employeurs.

 

Ce faisant, il rejoint les interrogations d’un syndicat patronal comme le Groupement des organismes employeurs de l’économie sociale (GOEES) dont les adhérents sont essentiellement issus du mouvement social (notamment l’essentiel des CSE – ex-CE - employeurs, c’est-à-dire de structures issues du monde syndical), dont il était l’invité en février, avec David Cluzeau, délégué d’Hexopée et l’un des principaux syndicats d’employeurs associatifs.

 

Pour un responsable syndical se retrouvant dirigeant d’une association, d’une mutuelle ou d’une coopérative, il n'est pas évident de dépasser ces engagements pour assurer des responsabilités d’employeurs sans verser dans ce que Michel Jezequel décrit comme la dérive « managérialiste » dans l’ouvrage collectif Quel monde associatif demain ? (éditions ERES), d’autant que, jusqu'ici, l’ESS n’a pas su faire prévaloir les nouveaux rapports de travail et les nouvelles relations de travail que l’assomption pleine de « l’entreprendre autrement » dont elle se réclame supposerait.

 

Simon Cottin-Marx analyse à la fois l’intérêt et les limites de la convention collective dont la Confédération paysanne et les entreprises qui l’entourent se sont dotées.


Pour autant, l’ouvrage ne manque pas de relever les conditions dans lesquelles les politiques publiques placent les associations et leurs dirigeants associant marchandisation de l’action associative et instrumentalisation des structures se servant ainsi des procédures d’appels à projets et d’appels d’offre avec leur mise en concurrence et la course au moins-disant qu’elles impliquent.

 

À l’heure du débat sur une « République de l’ESS », en se rappelant que Jaurès dénonçait en son temps que jamais la République n’avait pénétré l’entreprise, l’ouvrage de Simon Cottin-Marx, comme les questions traitées par Arnaud Lacan dans À la reconquête du travail durable dans la collection de Camille Dorival aux Petits Matins, posent la question fondamentale du travail en ESS, si importante dans les rapports de celle-ci aux organisations syndicales et à l’opinion

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